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"Vous verrez, on va vous mettre l’édredon"

, 15 novembre 2016

Vu 977 fois | 0 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 04 votant(s)

Le député Jean Lassalle a publié le 27 octobre dernier un livre pour présenter sa candidature, "Un berger à l’Élysée". Comme l’avait remarqué l’Obs, il y témoigne d’une drôle de conversation avec "un grand capitaine de multinationale" disposé à "l’aider" dans les médias et financièrement…

Le temps est venu du grand choix, le temps de l’élection présidentielle.

Beaucoup ne croient pas que ma candidature puisse aller au bout.

Mais au printemps dernier, alors que je venais de l’annoncer, un grand capitaine de multinationale m’a invité à déjeuner. Après les échanges d’usage, il m’a expliqué combien était grande son influence sur quelques uns des médias les plus en vue de notre pays ; il m’a proposé tout de go de m’en ouvrir largement les portes ainsi que son aide financière. Il m’a semblé que son concours était largement supérieur à ce que prévoit la loi électorale.

— Mon père n’était qu’un berger, lui ai-je répondu, mais je me rappelle de son conseil : Méfie toi si quelqu’un te donne de l’argent sans que tu saches pourquoi il te le donne. Quand tu l’oublieras, lui te retrouvera, et pas forcément au moment où cela t’arrange le plus.

— C’est bien ce que je pensais, vous êtes avant tout un bisounours, comment croyez vous que MM. Hollande et Sarkozy obtiennent des budgets de campagne électorale de 30 millions d’euros ?

— Est-il nécessaire de mettre autant d’argent dans une campagne électorale pour s’adresser aux Français, surtout en période de crise comme celle que nous vivons ?

— Vous mélangez tout ! Aujourd’hui pour peser et à plus forte raison pour gagner, il faut montrer les moyens financiers qu’on est capable de mobiliser.

Je sentais qu’il était agacé.

— Ces concours providentiels ne lient-ils pas de manière inexorable le futur Président et même son outsider, en leur faisant perdre leur indépendance au nom du peuple ? Pensez-vous que nous puissions encore réitérer, dans un pays aussi méfiant et en voie de paupérisation que le nôtre, des histoires du genre frégates de Taïwan, Clearstream ou autres ?

— Sornettes ! Pour qui vous prenez vous ? Nous vivons dans un monde globalisé. La politique a toujours été, et restera toujours, une affaire de gros sous et aujourd’hui d’exposition médiatique. Vous ne disposez ni de l’un, ni de l’autre !

— Où me conduit votre proposition ? Si je l’accepte, ne faites-vous pas de moi immédiatement votre obligé, enfin votre chose ?

— Monsieur a la nuque raide. ça ne fait rien. Vous verrez, on va vous mettre l’édredon. Il va couvrir vos coup de gueule, et on n’entendra même pas votre dernier soupir.

Je pressentais que mon épopée ne serait pas un long fleuve tranquille, mais je n’avais pas vu que le rapide était si proche.

J’ai senti que je touchais juste.

Le seul fait que ce monsieur soit venu à ma rencontre m’a rassuré sur ma capacité à contrarier des plans qui semblent établis ad vitam aeternam.

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