FRANCE DEMOCRATE

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Audrey for ever

samedi 26 mai 2012, par Jacques Bugier

Audrey Pulvar. Je ne comprends pas toutes ces gloses, ces controverses, celles d’avant-hier, d’aujourd’hui et de demain. Que son compagnon de jeux soit candidat, primaire, adepte du stand up, visiteur de manufacture de soutiens-gorge, enseigne de pédalo, ministre du plan, conquérant d’industrie ; fort bien. Qu’importe. Mais…

… Mais quand une journaliste estimée et estimable danse de joie au coin d’un bar au côté d’un candidat fort d’un succès électoral d’estime, oui, on peut en discuter, questionner. Que cette journaliste soit la belle-sœur, la camarade d’école, la présidente du fan-club ou le médecin homéopathe dudit responsable politique. Qu’elle arbore une Marlboro light ou une rose rouge entre les dents. Parce qu’elle n’est pas éditorialiste à Libération, rédactrice à Politis ou reporter au Populaire du Centre, mais sur le service public de radio et de télévision.

Qu’elle soit une journaliste talentueuse, cultivée, curieuse de tout, bosseuse, affutée, intervieweuse tenace, courageuse ; fort bien. Une journaliste qui sait porter un regard décalé, trouver des angles inédits, jouer de ses multiples champs de compétences et passions ; formidable. Mais qu’elle use avec constance d’agressivité sans distance, du ton ou de la moue hautaine voire méprisante, du ricanement en plan de coupe, personnalise à outrance ses entretiens, questionnements, affrontements, on peut en discuter, non ? Sans être en rien un adepte de Rioufol ou un élève de Buisson.

Que l’on soit à peine réveillé au pied de son transistor ou pas encore couché devant sa télé, on peut s’interroger sur sa manière, sur sa tendance à se mettre elle-même en cause et en avant –moi femme, moi antillaise, nous victimes. Intuitu personae. Ad vitam aeternam.

Hypocrisie, dit-on. Puisque, chacun le sait, tous les journalistes (femmes, hommes ; hétéro, gays, lesbiennes, bi, trans, métrosexuels, abstinents, polyphosphates) pratiquent le toboggan aquatique et la poterie ayurvédique, midi et minuit, avec des présidents, ministres d’Etat, députés, sénateurs, conseillers généraux, ministres plénipotentiaires et gardes-champêtres (hommes, femmes…). Et que Jean-Michel Apathie joue à la pétanque en triplette et en nocturne avec Alain Madelin et Christine Boutin. Mais quel rapport (comme aurait dit le Dr Lacan) ?

L’égalité femmes-hommes sera achevée, m’explique-t-on, lorsque une femme incompétente, athée et borgne, sera élue pape à Rome. Que nul ne s’autorisera le moindre commentaire allusif si elle épouse un ayatollah. Ni si, du balcon de saint(e) Pierre elle bénit urbi et orbi à la sulfateuse.

Je n’en disconviens pas.


Voir en ligne : Conversations dans le Loir-et-Cher