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Pour un Président de la Vème République

mardi 14 février 2012, par Paul Bernard

Pourquoi depuis 20 ans les gouvernements de droite ou de gauche ont-ils échoué ?… Voici quelques réflexions inspirées par l’attente des citoyens : expliquer et clarifier la règle du jeu constitutionnel ; exiger un profil de personnalité ; assurer la crédibilité de la candidature face à la crise. Portrait-robot d’un Président qui serait, en ces temps de crise, digne de la Vème République.

I) La règle du jeu constitutionnel

1) Pourquoi depuis 20 ans les gouvernements de droite ou de gauche ont-ils échoué ?

- Les élections présidentielles ont résulté d’un stérile combat de clans, opposés dans la seule conquête du pouvoir et non pas pour réaliser le salut du pays.
- Il a manqué une majorité solidaire, composée des représentants de toutes tendances. Seule une majorité réelle rassemblant au moins 60 % de l’électorat est en mesure de concevoir et d’accomplir les réformes indispensables. À défaut d’une telle condition, la majorité qui l’emporte n’est pas capable de s’imposer face à l’autre moitié des citoyens enfermés dans l’opposition ou dans l’indifférence.
- L’exigence du temps conditionne le succès. Une politique de réformes ne peut être conduite que sur une longue période, dans le prolongement d’un mandat présidentiel, et non pas en fonction du calendrier des échéances électorales. La précipitation de quelques réformes ponctuelles ne peut pas remplacer un programme cohérent appuyé sur une vision de long terme et de solidarité nationale.
- L’Union nationale tricolore permet de constituer un gouvernement par-delà le sectarisme des partis politiques, dans la durée et au service d’un programme républicain.

2) Il faut lever quelques idées reçues qui ont encore la vie dure.

Le bipartisme n’est pas une fatalité insurmontable. Ce n’est pas une règle imposée par la Vème République. Au demeurant cette opposition droite- gauche n’est jamais qu’une confrontation entre des appareils, beaucoup plus qu’entre des programmes.

Le bipartisme résulte du mode de scrutin présidentiel qui prescrit la limitation à deux candidatures pour le deuxième tour de l’élection. La Constitution n’impose pas la compétition entre la droite et la gauche. Le bipartisme, c’est le champ clos des partis politiques et le fonds de commerce des médias, les uns et les autres confondent le choix du peuple et les résultats sportifs. Ce sont les partis politiques et les médias qui entretiennent le peuple des citoyens dans la fantasmagorie partisane.

En réalité l’élection présidentielle de la Vème République repose, non pas sur le jeu des partis politiques mais sur une équation majeure face au peuple français : un président, un programme pluriannuel, une majorité nationale, un gouvernement issu de la majorité législative et une opposition loyale qui prépare la relève.

Il faut combattre le doute de ceux qui cultivent le traditionnel clivage entre la droite et la gauche. Une candidature faisant appel à l’ensemble des formations, ne se situe pas au centre mais plutôt au-dessus et en avant, dans l’esprit de la Vème République.

« Pas de candidat sans une majorité préconstituée par les partis ? »

La majorité présidentielle ne peut s’organiser que sur l’adhésion au programme du candidat.

« Faudrait-il a priori une majorité garantie au plan parlementaire ? »

La majorité parlementaire n’exige pas un seul parti majoritaire. Dans la logique de la Vème République, l’élection législative qui doit suivre dans la foulée l’élection présidentielle a pour objet d’assurer au président et à son premier ministre le soutien de l’Assemblée Nationale, à la fois pour l’oeuvre législative (adoption des réformes) et pour l’élaboration budgétaire (moyens de l’action).

La conception d’un gouvernement d’Union nationale doit être loyalement définie. Ce n’est pas seulement une alliance de complicité entre appareils politiciens. Il s’agit de la constitution d’une équipe de personnalités irréprochables, représentatives de toutes les tendances partisanes, acceptant de rompre provisoirement avec leur parti, le temps de surmonter leurs différences pour réaliser un programme dans l’union au service exclusif de la France et de tous les Français.

Ces mises au point sont d’autant plus opportunes actuellement que dans une forte majorité (à plus de 60 % dans les sondages), les Français n’accordent plus leur confiance ni aux formations de droite ni aux formations de gauche. Ils aspirent à une expérience permettant aux meilleurs de nos hommes publics de contribuer au salut de la patrie qu’exige la crise.

De plus, l’opposition à un gouvernement d’Union Nationale doit être combattue en raison de l’opportunité exceptionnelle de la période que nous vivons. Il faut bien préciser que ce choix n’est pas celui d’une personnalité ou d’un parti. L’Union nationale découle de circonstances exceptionnelles qui justifient le recours à un tel système, pendant la durée nécessaire au redressement du pays. Cette expérience s’est imposée après la guerre en 1947, en juin 1958 pour l’élan donné à la Ve République, en mai 1968 lorsqu’un million de Français se sont rendus sur les Champs-Élysées à l’invitation et pour le soutien du chef de l’État. La particulière gravité de la crise mondiale et nationale nous fait l’obligation de rassembler nos forces. En effet il est évident que le remplacement d’une majorité de droite par une majorité de gauche serait une piètre réponse à l’immense défi que la France doit relever avec le plus grand nombre de Français.

Ensuite, les circonstances exceptionnelles s’étant apaisées, il est toujours loisible aux partis politiques de se livrer à nouveau à leur sport favori, comme cela a été démontré sous la IVe République et depuis 2002 sous la Ve République.

II) L’élection présidentielle est l’affaire d’une personnalité

… qui répond à l’appel du peuple, pour faire accomplir au pays une étape déterminante de son histoire.

Le candidat doit présenter la stature convenable pour illustrer dans sa personne, dans sa vie, dans son expérience, dans ses convictions, les valeurs fondamentales de la République. Les électeurs doivent pouvoir se retrouver dans leur président, en retrouvant la confiance inspirée par un père de famille.

En particulier c’est le moment de souligner, haut et fort, l’essentiel de l’attente des Français :
- d’une part le rejet du culte de l’argent, de la gloriole, des affaires malsaines de corruption, du pouvoir personnel, du mensonge d’État,
- d’autre part la proposition fermement affichée en faveur de l’honnêteté, de la moralité, de la propreté des affaires publiques.

III) Crédibilité

Il est indispensable d’affirmer la crédibilité de la candidature face à la crise financière et morale de la France.

À cet égard un message fort est attendu, faisant apparaître le combat pour la vérité, à travers des séries de mesures concrètes, annoncées progressivement et dépourvues de promesses honteuses, ainsi que sur la base d’une politique nationale et européenne de partage des efforts de tous, à tous les niveaux, pour garantir la justice sociale.

Un tel programme doit faire place à des mesures efficaces et emblématiques d’un renouveau sincère. Par exemple l’annonce de la réduction du nombre de ministres et donc des ministères, la priorité à l’assainissement des déficits, la place qu’il convient de faire au recours au peuple par le référendum…

L’indispensable appel à la jeunesse porte sur la place qui lui revient dans la société à reconstruire. On peut compter sur la générosité, l’altruisme, la disponibilité qui caractérisent de tout temps la jeunesse de France. Il faut lui offrir la fierté de contribuer à faire rayonner la France dans le monde.

L’extrême gravité de la crise financière et sociale constitue certes une menace de dangers redoutables pour notre avenir, mais tout autant et surtout une chance pour le changement, qui ne doit plus être confié à des chefs de clans partisans, disqualifiés et qui doivent être remplacés.


Voir en ligne : "Au nom de la République"