« retour à l'accueil France Démocrate, Le journal de la démocratie en mouvement
»«
»«

Contribuer au site Syndiquer le site Impression Contact Plan du site

En lien

"Nous augmenterons les salaires quand nous aurons la production" F. Bayrou sur BFM-TV

Interview sur "Bourdin 2012" ce 4 janvier

, 4 janvier 2012

Vu 1018 fois | 0 commentaire(s) | Noté 3.8/5 par 05 votant(s)

TVA sociale et charges sociales : Nicolas Sarkozy arriverait-il à diviser le centre, en ressortant cet éternel sujet de clivage droite-gauche ? Sur "Bourdin 2012", François Bayrou remet les choses en place : ce n’est pas en jouant sur 0,quelque chose% de charges ou de pouvoir d’achat, que la France retrouvera sa compétitivité.

(Notes au vol, partielles et approximatives, seul le prononcé fait foi !)

Q- Approuvez-vous la « TVA sociale » ?

C’est une idée dangereuse. On ne peut obtenir une baisse du coût du travail que par une augmentation massive de la TVA, 5 points. Et baisser le pouvoir d’achat des salaires et de retraites, les Français ne l’accepteront pas.

On ne touchera (la compétitivité) qu’à la marge. Ce n’est pas la voie qu’il faut suivre. Ce n’est pas en paupérisant les salariés et les retraités que l’on améliorera la production en France.

Q- Vous n’augmenterez pas les taux de TVA ?

Je dis que la baisse du coût du travail, on ne l’obtiendra qu’à la marge. Une hausse modeste de la TVA, il faudra bien l’obtenir pour la dette et le déficit du pays.

C’est une fausse bonne idée, qui aura des conséquences négatives, à mon avis, sur la société française.

Nous avons, aujourd’hui, des charges trop importantes sur le travail. Mais on ne les baissera pas … en baissant le pouvoir d’achat des salariés et des retraités.

Je défends depuis longtemps l’idée d’une taxe sur les mouvements financiers. Faisons-le.

Q : Vous dites : il faut acheter français. Alors, produire français à moindre coût, comment ?

Il suffirait que sur 100 euros d’achats de produits importés, il y en ait 20 pour des produits fabriqués en France, pour qu’on n’ait plus de déficit du commerce extérieur. Le déficit, 75 milliards d’euros, représente le salaire chargé de 3 millions de salariés français.

Fabriquer à moindre coût ? Ce n’est pas dans le moindre coût que nous reconquerrons nos marchés. Les salaires allemands sont du même niveau que les salaires français, dans la même monnaie, l’euro. Mais eux exportent, ils ont 150 milliards d’euros d’excédent, vous voyez la différence ? Si nous augmentons la TVA un jour, je suis sûr qu’il faudra le faire, ce sera pour rééquilibrer le déficit que nous avons. La TVA est un impôt, l’impôt doit servir à réduire le déficit !

Q- Faut-il augmenter la CSG ?

C’est une question qu’on se posera, la CSG touche tous les revenus des Français. Y compris les revenus, très important, de ceux qui ne dépensent pas ce qu’ils gagnent.

Q- J’attends des candidats qu’ils proposent des solutions. Au chômage, au pouvoir d’achat en baisse…

Je suis contre la paupérisation des salariés. Ce n’est donc pas dans ce sens qu’il faut aller. Nous augmenterons les salaires quand nous aurons récupéré la partie de la production que nous avons perdu.

Si ceux qui nous regardent, regardent autour d’eux… l’équipement de leur maison, ils verront plein de choses qui ont été produites dans les pays voisins du nôtre, avec la même monnaie, avec les mêmes salaires.

Un pays qui sait faire des automobiles, des hélicoptères, de la pharmacie, pourquoi ne sait-il pas faire ces productions du milieu de la pyramide technique ?… Les entreprises qui maîtrisent les techniques de la numérisation… il faut qu’ils les transfèrent aux PME…

C’est aujourd’hui dans la reconquête de la production que réside le gisement d’emplois. Pas ailleurs. La reconquête de l’image de marque de ce qui est produit en France. La liaison entre très grandes entreprises et PME ? le soutien aux PME aujourd’hui abandonnées aux entreprises du CAC 40…

Q- Le chômage fera-t-il perdre Nicolas Sarkozy ?

Ce sont les gouvernements de gauche et de droite, la succession de ces gouvernements, qui ont enclenché la situation où nous sommes. Ils sont co-responsables, ou successivement responsables, alternativement responsables.

Q- Le rapport de l’ASN ?

Il faut se réjouir qu’une autorité indépendante, très indépendante…

Q- Nommée par le pouvoir politique !

Je vérifierai ce point… Si c’est le cas, son indépendance pourra être améliorée !

En tout cas, ses préconisations sont justes. Il faut se mettre à l’abri d’un accident comme celui de Fukushima, où on avait coupé la réaction, mais le refroidissement était tombé en panne. Il faut vérifier que le refroidissement sera complètement assuré, pour que jamais le cœur des centrales ne puisse fondre.

Q- Il faudra investir des milliards ! L’électricité sera aussi chère que le pétrole ou le gaz, si elle n’est pas nucléaire !

Le pétrole ou le gaz produisent des gaz à effets de serre…

Et ce n’est pas exact, pour le prix. Ça fera une augmentation de l’ordre de 2% : c’est raisonnable pour obtenir la mise à niveau de sécurité des centrales nucléaires. Ce sont des sujets avec lesquels on en peut pas plaisanter.

Nous devons aller vers des sources renouvelables, non polluantes, il faudra 40-50 ans pour y arriver. Le solaire, l’éolien, l’hydrolien… on aura un jour des sources d’énergie non polluantes. En attendant, le nucléaire peut être une bonne solution de transition. Il faudra sortir du nucléaire quand on aura une énergie moins polluante.

Q- La Hongrie ?

L’Union européenne a le devoir de surveiller que les principes démocratiques soient respectés. La Hongrie demande des prêts très importants ? Il faut conditionner les prêts au respect des principes. Autrement, nous nous abstiendrons.

Q- Vous avez demandé la Une de Libération ?

Ce n’est vraiment pas la meilleure que ce journal ait fait depuis des années. Mais hier, l’information importante est que François Hollande ait abandonné sont idée principale, la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. Tout le programme qui était annoncé par le PS et par François Hollande lui-même, ils sont en train de le détricoter !

Q - Vous trouvez normal qu’un journal s’engage pour François Hollande, un autre, le Figaro, pour Nicolas Sarkozy ?

La vertu principale de la presse devrait être le pluralisme. Mais de toute façon les citoyens imposeront le pluralisme, imposeront une vie démocratique ouverte.

Noté 3.8/5 (05 votants)

À la Une

Brèves - Voir toutes les brèves S'abonner aux brèves

Le dessin du jour