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"Les voyous, les trafiquants, les truands, on les a installés au cœur de l’Etat !" (F. Bayrou à Giens)

Le discours de clôture du Président du Mouvement démocrate

, 18 septembre 2011

Vu 2390 fois | 0 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 03 votant(s)

"Le tsunami des affaires successives surprend même les plus blasés d’entre nous. On prétendait que les voyous étaient dans les cités, et qu’on allait les nettoyer au Kärcher…"

François Bayrou (PS - le texte du discours est maintenant en ligne sur mouvementdemocrate.fr) :

"Celui qui souffre le plus en France, c’est celui qui voudrait être un citoyen de plein exercice. Mendès-France, Rocard, Delors, De Gaulle… n’ont jamais renoncé à placer le débat politique au bon niveau, celui du citoyen. Nous voulons mettre le citoyen en situation de décideur éclairé – pas le prendre pour un gogo, un jobard, un client.

La démocratie telle que nous la subissons en France, fait honte. Personne n’explique au pays les enjeux de la situation, même quand le pouvoir gagnerait à expliquer ce qu’il fait.

J’ai soutenu l’action de Nicolas Sarkozy en Libye ; et dans les dérives, nous n’avons pas ménagé le pouvoir. Sans la décision de Nicolas Sarkozy, presque irréfléchie, Kadhafi serait encore au pouvoir à Tripoli. Raison de plus de rappeler combien nous a fait honte la réception en grande pompe, à Marigny, du tyran en question. Raison de plus de rappeler notre honte que nous, France, nous soyons abaissés à lui demander de présider le défilé de la Fête Nationale du 14 juillet.

Donc, il y a eu une action décisive de la France en Libye. Qui l’a expliquée aux Français ?

La crise financière, qui a expliqué aux Français ce qui se passe ? La dette, d’où elle vient ? La Grèce, qui va payer ? Certains disent que les Grecs ne paieront jamais… mais je suis certain qu’un grand peuple peut se redresser. Le droit à comprendre est le premier droit d’un peuple citoyen.

En France, les cartes sur la table sont une illusion ; les cartes maîtresses sont sous la table. Le tsunami des affaires successives surprend même les plus blasés d’entre nous. On prétendait que les voyous étaient dans les cités, et qu’on allait les nettoyer au Kärcher ; on découvre que les voyous, les trafiquants, les truands, on les a installés au cœur de l’Etat (très vifs applaudissements). Qu’entre les chiraquiens et les sarkozystes (je croyais que c’était le même parti !), entre leurs trafiquants personnels, entre leurs porteurs de mallettes personnels, tandis que la France souffrait et espérait… on prenait aux plus pauvres, à l’Afrique, pour donner aux dirigeants corrompus des pays les plus développés. Tandis que la France souffrait et espérait, cette guerre faisait des morts bien réels. Ces réseaux ne cessent d’enserrer de leurs tentacules les décideurs politiques et industriels. Affaires Karachi, Djourhi, Tapie, Bourgi, Guérini, Takieddine et compagnie… c’est là qu’il faut en premier lieu passer le Kärcher ! (Très forts applaudissements).

Et pour tout cela, nous avons des alliés.

Dans la ténébreuse affaire Tapie, où nous nous battions seuls contre tous, c’est la justice de ce pays qui a fait ce qu’il fallait. Des magistrats et leur défense du droit. Sinon nous aurions eu raison, mais nous n’aurions pas pu faire entendre raison. L’analyse de Jean-Louis Nadal honore l’idée que nous nous faisons d’une justice indépendante, et tout ‘un coup le citoyen peut reprendre espoir.

Mais nous avons besoin d’une puissante volonté politique, de la part des citoyens et elle ne peut être relayée que par un Président de la République qui l’entende et qui la porte.

Nous avons besoin d’un président de la République qui ne soit dépendant qu’aucune de ces réseaux, qui n’ait de dépendance et d’accointance avec aucune des influences qui se sont déchaînées au sein de l’Etat depuis des décennies, sous les deux partis alternativement majoritaires.

Pour conduire ce mouvement de reconstruction d’une politique honnête (pas vertueuse ! on n’en demande pas tant !) il faut remettre les clans à leur place, il faut un président de la République indépendant.

Ce président de la République, qui portera la volonté de changement, d’assainissement, de reconstruction civique, devra conduire le changement des institutions.

Je suis pour que la Justice soit reconnue en France comme un pouvoir à part entière.

Je suis pour que la Presse soit indépendante des liens économiques et politiques qui visent la soumettre.

J suis pour que les responsables de l’audiovisuel public ne soient plus désignés par le pouvoir.

Je suis pour que pouvoir législatif retrouve sa liberté de jugement et d’expression, et que donc, une loi électorale juste rende à tous les citoyens leur doit à la représentation, leur droit au pluralisme. Nous ne reconnaissons ni à l’UMP ni au PS, aucun droit au monopole de la représentation. Depuis des décennies ils s’illustrent par leurs fautes de jugement et de décision. Ils veulent tous les pouvoirs, il faut les leur refuser et les obliger à tenir compte de ceux, majoritaire dans le pays, qui sont en désaccord avec eux.

Mettre les extrêmes à l’Assemblée ? Je ne le crains pas. Un parti qui représente des millions des citoyens, c’est une iniquité de le priver de représentation, et je préfère combattre leurs idées dans la lumière que les voir progresser dans l’ombre.

Les deux partis dominants ne le veulent ? C’est pourquoi c’est à nous de le faire. La République sera fondée quand elle n’oubliera pas qu’elle est aussi une démocratie.

Et il faudra, nous en avons la liberté, parce que nous ne sommes pas soumis à la contrainte de réseaux d’élus paralysant, il faudra mettre un terme au cumul du mandats de député avec les fonctions exécutives d’élu local.

Il faut cesser de faire des dettes, il faut apurer le bilan, plutôt que de mettre à la charge de nos enfants notre train de vie élémentaire. Nous avons été les premiers en France à défendre l’idée d’une règle d’or. Ce que dit le texte du gouvernement, que je trouve compliqué, n’est pas tout à fait la même chose. Notre règle d’or est plus simple : on peut s’endetter pour investir, pas pour le fonctionnement courant. C’est ce qui vient d’être adopté en Espagne par une majorité centrale, grâce au courage de M. Zapatero. Le Président devrait convoquer le congrès pour mettre les partis devant leurs responsabilités. Rien n’est plus absurde que de dire « je suis pour la règle d’or, mais je ne l’adopterai qu’après avoir été élu » ! Si c’est bon pour demain, c’est bon pour aujourd’hui !"

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