FRANCE DEMOCRATE

Accueil > Perspective > L’éditorialiste Suzanne Moore voit se former "une coalition de (...)

L’éditorialiste Suzanne Moore voit se former "une coalition de l’espoir"

dimanche 25 avril 2010, par FrédéricLN

Il y a 18 mois, Suzanne Moore écrivait dans le Guardian : "la crise globale signifie que l’expérience dont se vante Brown et le changement que promet Cameron ne valent pas tripette. Ils ne proposent en vérité que des changements de style (alors que) les temps changent". Elle s’est même présentée comme candidate indépendante.

Mais aujourd’hui, les temps semblent avoir vraiment changé !

Dans le Daily Mail ce 25 avril, Suzanne Moore titre "Cleggbama et moi : témoignages sur la naissance de la nouvelle Coalition de l’espoir".

Extraits, traduction libre de votre serviteur :

"Il y a deux semaines seulement, cette élection se dessinait mortellement terne … la solution que j’avais trouvée était de me présenter moi-même au Parlement comme indépendante.

… Même si je ne suis pas assez sotte pour croire qu’on peut individuellement changer le système, mais je crois qu’on peut attirer l’attention sur ses échecs. Ce que partagent la plupart des indépendants.

… Le leader Lib Dem était quantité négligeable.

(Lors du débat télévisé), il a regardé droit dans la caméra, et s’est branché viscéralement sur le désir que les gens ont d’une démocratie plus directe.

Les arguments techniques sur la réforme constitutionnelle et le vote à la proportionnelle n’excitent pas grand monde.

Mais quelque chose s’est révélé lors du premier débat : nous avons vu les leaders des deux partis principaux faire tout leur possible pour maintenir le statu quo que Clegg défiait.

… Ce n’est pas que les Lib Dems soient complètement différents des autres partis. Ils ne le sont pas. Ils ne sont pas nets sur les dépenses (parlementaires), ils ne sont pas exempts de sales coups pendant la campagne.

… Mais … la popularité soudaine des Lib Dems révèle combien l’électorat se sent ignoré, depuis des années, par ses leaders.

… Et … Clegg incarne une énergie et une modernité à côté desquelles le système bipartisan apparaît léthargique et grinçant.

La victoire ira à qui offre le vrai changement.

… La vraie mesure de l’insurrection Lib Dem, c’est la réaction qu’elle suscite.

Les miaulements stridents selon lesquels un parlement sans majorité absolue serait la fin de la civilisation actuelle, (de qui nous) viennent(-ils, sinon de) ceux qui avaient investi avec complaisance sur une victoire des Tories.

La City - ce bastion de la justice et de la transparence - n’aimerait pas, nous disent-ils. Diantre !

D’autres pays s’en débrouillent, et à vrai dire, il y a à la City des gens qui pensent différemment.

Deux guerres impopulaires, la débâcle économique et des inégalités énormes, voilà le fruit de larges majorités absolues. On voit mal comment un Parlement sans majorité absolue pourrait faire pire.

… Mon avis est biaisé, bien sûr. Je ne suis pas Lib Dem, mais je suis convaincue que le changement est nécessaire, et je suis enthousiasmée par l’idée que c’est possible.

… Le problème pratique pour les indépendants, je le constate à mes propres frais, c’est que presque rien n’est possible sans les équipes et l’argent que proposent les appareils de grands partis.

… (Mais) personne, là-haut, ne devrait croire l’élection gagnée d’avance. Il se passe quelque chose, en bas.

… Deux coalitions se forment sous nos yeux.

D’un côté, ceux qui veulent "réinventer la roue" de la démocratie ; de l’autre, les intérêts qui se trouvent bien dans la situation actuelle.

Les progressistes - Lib Dems, certains Verts, beaucoup d’indépendants - se rassemblent maintenant contre les conservateurs (avec un c minuscule) des grands partis. Mauvaise nouvelle pour le Labour ? Ils ont eu leur chance (au gouvernement).

Après des années (d’intoxication par une) politique de la peur, quelque chose de vivant et de longtemps réprimé nous met en marche vers une politique de l’espoir.

C’est ça qui compte, cette coalition de l’espoir, pas Clegg personnellement. C’est peut-être un moment qui passera. Mais nous ne devrions pas le laisser passer.

Assister à la naissance d’une nouvelle ère en politique, beaucoup d’entre nous appellerions cela une victoire.


Voir en ligne : dans le Daily