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"Au Sun, nous ignorions délibérément les LibDems"

, 19 avril 2010

Vu 1778 fois | 0 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 03 votant(s)

Rédacteur en chef du célèbre quotidien pendant 5 ans, David Yelland témoigne dans le Guardian : l’éditeur Rupert Murdoch favorisait explicitement le bipartisme. Extraits.

"... En bien des façons, voter LibDem, c’est voter contre Murdoch et l’élite médiatique.

Je le dis en connaissance de cause, car en 5 ans comme editor du Sun, je n’ai jamais rencontré de leader LibDem, alors que j’ai eu d’innombrables rencontres avec Tony Blair, William Hague et Iain Duncan Smith. (Et que depuis lors, j’ai rencontré Nick Clegg).

Je me souviens que lors de ma première année, j’ai demandé si on envoyait quelqu’un au congrès des Libéraux Démocrates. Ça m’intéressait, parce que quand j’étais étudiant, j’avais été membre fondateur du Parti social-démocrate. On m’a répondu que non. Nous n’enverrions pas un seul reporter, de peur que ce soit un encouragement pour eux.

Donc, alors que nous avons envoyé des équipes de 5 personnes, plus l’encadrement, aux congrès des Tories et du Labour, nous n’avons envoyé personne chez les LibDems. Les chefs des service d’informations "monde" ( ?) tenaient cocktail à chacun des deux congrès, mais ils n’ont jamais ne serait-ce qu’assisté à celui des LibDems.

Il y a pire. Certes, les LibDems n’étaient pas strictement bannis des journaux de Murdoch (et même, le Times les évoquait sérieusement), mais mon expérience m’a montré qu’ils étaient souvent bannis, tant que les nouvelles n’étaient pas incontournables. C’est le parti invisible. Les articles sont écrits dans des perspectives qui les écartent et les ignorent.

Et c’est encore pire - parce que les journaux de Murdoch ne sont pas les seuls en cause. C’est un fait : une grande partie de la presse écrite de ce pays est entièrement partisane, et l’a toujours été. Tous les propriétaires et rédacteurs en chef font partie du "grand jeu". Le truc, c’est de s’allier avec celui qui va gagner, d’y gagner de l’influence, ou au moins, d’avoir l’oreille du Premier Ministre.

Conséquence : le parti du centre était ignoré, simplement parce que l’on admettait qu’il ne serait jamais au pouvoir. Après tout, à quoi bon prendre en compte un parti sans pouvoir ? (...)

Avec les années, les relations entre l’élite médiatique et les deux partis principaux sont devenues proches, si proches que maintenant, on ne peut plus les distinguer. On a du mal à ne pas penser que les fous ont cessé de parler de l’asile - ils en ont pris le contrôle.

Nous vivons à une époque où des hommes et femmes très valables se tiennent à l’écart de la politique, parce que le débat politique est occupé par des populistes qui ne s’intéressent pas au fond des politiques. Les élites politiques et les médias du Royaume-Uni se sont associés au point que les non-Londoniens, ou les gens qui ne font pas partie de ces élites, se sentent dépendants et impuissants. Tout ça sauterait si Clegg pouvait réaliser son miracle. Car il n’a rien à voir avec tout ça. (...)

(Les) journaux ont décidé depuis des mois que Cameron allait gagner. Ils se sont investis sur sa victoire de la façon la plus anti-démocratique. (…)

Grâce à (Nick Clegg), un nouveau venu sans relations dans les médias, les choses changent, parce que les sans-pouvoir ont comme les puissants, voix au chapitre. (…)"

Leaders des Conservateurs

Qui a ensuite fusionné avec les Libéraux pour créer les LibDems.

De la politique

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