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"La police de proximité, je sais que ça fonctionne" Alain Dolium

, 17 décembre 2009

Vu 2382 fois | 0 commentaire(s) | Noté 3.4/5 par 012 votant(s)

Alain Dolium se présente et échange avec les adhérents du Val d’Oise. C’était hier soir 16 décembre à Louvres.

Alain Dolium : J’ai 42 ans depuis huit jours, je suis marié, j’ai deux enfants, des jumeaux. Je suis né à Paris, j’ai grandi quatre ans en Guadeloupe, j’ai passé mon adolescence dans la banlieue Sud…

Après l’IUT de Sceaux, je suis entré à l’ESC Amiens puis à HEC Montréal. J’ai travaillé chez DHL au marketing, dirigé une centaine de personnes, ensuite je suis parti dans un groupe de médias nord-américain, Viacom CBS, je dirigeais la stratégie, le marketing et l’innovation.

Ça fait longtemps que ça me traînait dans la tête de créer mon entreprise. Je l’ai créée dans les nouvelles technologies.

J’ai fait ces études parce que j’ai rencontré au bon moment les bonnes personnes qui m’ont donné les clés, ça m’a fait réfléchir sur l’orientation et l’éducation. Je suis très porté sur l’éducation, la formation. En parallèle de mes activités de cadre supérieur et d’entreprise, j’ai développé des associations : j’ai d’abord fait du soutien scolaire, puis j’ai créé mon association « Talents pluriels » pour favoriser l’apprentissage, la formation et la création d’entreprises dans les quartiers dits difficiles.

Ma femme me dit : il faut pas que tu lises les blogs. Quand même, je lisais sur un blog « il est issu de Malakoff, Malakoff c’est pas une cité… » … j’ai vécu à Malakoff dans une cité où il y avait du trafic de drogue, je me suis dit : ça a changé Malakoff, c’est devenu super-bobo !

Pour moi la diversité territoriale, c’est un vrai sujet, qui peut être largement (un sujet de) la Région. Avec une bande d’amis on a créé l’Observatoire Français de la Diversité, qui travaille là-dessus, pourquoi on fait telle chose dans tel endroit et pas tel autre…

J’ai dit que j’avais une entreprise – vous allez voir, je suis très direct – j’ai créé une entreprise dans les technologies lourdes : mon métier c’est de prendre votre carte bancaire et de la mettre sur le portable. Vous allez payer avec le téléphone portable. Il y a des expérimentations à Strasbourg, Caen, Nice. Pour développer ça j’ai réuni un pool d’ingénieurs ultra-compétents, en Israël, en Inde, aux Etats-Unis, en Angleterre, j’ai fait le cahier des charges, ils développent, je rassemble, je les ai mis au capital de mon entreprise.

Une personne du public déclare avoir « mis au carré » le CV d’Alain et, à partir de ses comptes trouvés sur societe.com, qui comportent peu de charges sociales, l’interpelle à plusieurs reprises en le qualifiant de « socialement irresponsable ».

AD : ces comptes, qu’est-ce qu’ils disent ? Ils disent qu’on est une jeune société qui fonctionnait avec des contrats d’apporteurs d’affaires pour les commerciaux, avec des contrats de développement pour les développeurs. Vous pouvez vous imaginer que si on avait voulu cacher quoi que ce soit, ces informations auxquelles vous avez accédé, elles ne seraient pas accessibles !

Une personne du public invite à féliciter « le candidat pour les réponses qu’il a donné, qui me satisfont pleinement. Fonctionnaire, j’ai donné des contrats, évidemment les sociétés sont examinées par les meilleurs experts des Impôts ! Notre candidat, ses diplômes il les a. C’est un cadre qui avait des belles places tranquilles et qui a lancé une entreprise, je trouve tout ça formidable. »

Un militant : « vous êtes relativement récent en politique. Comment allez-vous faire pour mener à bien cette bataille et nous faire gagner ? »

AD : l’idée de ma campagne, c’est d’apporter des initiatives concrètes pour gérer la région, en phase avec les priorités des Franciliens, pour apporter du mieux-vivre ensemble.

Le message politique a besoin d’être renouvelé. Égrener un nombre de mesures, ce n’est pas audible, pas « digérable » pour un Francilien de base.

Il y a 2 manières de voir la gestion d’un budget. Soit « vous avez 4,5 milliards, et vous le répartissez 1 pour les transports, 1 pour les lycées… ». Soit je me dis : si on partait des attentes des Franciliens ? et des manques ?

Le même militant : « et si vous êtes confronté à des têtes de listes plus aguerris, ou des journalistes ? »

AD : je les vois beaucoup en ce moment, je les voyais déjà beaucoup dans mon métier ! C’est un peu différent avec les journalistes politiques, qui ont tendance à vous remettre dans ce que vous représentez. Quelqu’un de RFO me dit : « vous n’êtes pas un alibi ? ». Le journaliste de BFM me dit : « Je vais vous poser une question choquante, vous êtes Noir ». Je dis « ben oui ? ».

C’est pas compliqué. On a des idées, elles structurent le programme, on doit pouvoir l’avancer quoi qu’il arrive. La force que l’on a quand on est issu de la société civile, c’est de pouvoir parler plus juste, plus concrètement et plus simplement. Dans le débat, ça déstabilise les interlocuteurs qui ont une pure culture politique ! Je n’ai jamais baigné en politique, la première famille politique à laquelle je me suis attaché c’est le MoDem.

Mon idée fixe : quels sont les besoins des gens ?

Le poids du budget alloué aux lycées, aux équipements, est très important. On est en train de se demander si le rôle de la région ne devrait pas évoluer sur l’orientation des élèves. Ça peut être dans le champ de compétences de la Région.

(Aujourd’hui) les préoccupations de la Région sont éloignées des attentes des Franciliens. On doit être force de propositions sur les problèmes de proximité, du quotidien. Après, quand vous allez débattre avec l’équipe Huchon, vous pouvez vous prendre (la réplique) « mon cher Monsieur, ce ne sont pas les attributions de la Région », à ce moment là, vous avez gagné.

Pierre Bruneau, Argenteuil : Mes questions sont simples. Est-ce que vous pratiquez un sport ?

AD : Tennis et foot.

Pierre Bruneau : vous avez beaucoup d’activités. Compatibles avec une campagne ?

AD : l’associatif oui, l’industriel est mis de côté. Les partenaires et actionnaires sont d’accord pour gérer l’entreprise.

Militante du Vexin : Vous êtes récent en politique, arrivé en 2007 …

AD : non, là il y a une erreur (dans les médias) : fin 2008.

Militante du Vexin : pourquoi le MoDem ? Vous êtes un ticket gagnant partout, avec l’énergie que vous déployez.

AD : J’ai été approché par le PS parce que le tissu associatif, c’est souvent leur vivier. Et par l’UMP très récemment ! En 2002, je vote Lionel Jospin, j’ai une éducation de gauche, avec quand même un problème pour le PS… J’ai lu sur un blog « Dolium est pour le capitalisme social, c’est pas possible pour un homme de gauche ! », alors là, pas du tout d’accord. J’ai toujours du mal avec le PS sur la dimension économique ! Le MoDem offre une vision à la fois sur l’Etat providence et sur l’économie de marché, avec la responsabilité sociétale de l’entreprise. Avant de venir au MoDem, j’ai rencontré Corinne Lepage, discuté avec les gens de Cap21… (Pour moi) un monde durable c’est une entreprise, une économie sociale, l’environnement, plein de choses. Le MoDem propose une synthèse ultra-intéressante.

(Les questions suivantes reviennent sur les thèmes et la stratégie de campagne).

AD : C’est gagnable, il faut aller chercher les abstentionnistes. J’ai essayé de comprendre qui étaient les gens pas intéressés par cette élection. Ce sont souvent des 20-40 ans, dont plein habitent « les quartiers ». Gagner la campagne c’est être les premiers à positionner les enjeux. L’UMP n’aura pas envie de le faire – elle nous vend du tube grand Paris.

S’agissant des banlieues, le rapport Bauer dit que la situation est explosive. Quand on parle de fracture sociale, il y a 15 ans ce n’était pas « un risque », je la voyais ! La différence, c’est qu’aujourd’hui c’est il y a des gens qui ne l’acceptent plus. Le rapport de forces entre la volonté républicaine de s’en sortir, et la volonté anarchiste de faire péter le système, il est en train de (se dégrader), d’autant que l’UMP a amené ce sujet avec « l’identité nationale ». Comment nous positionner par rapport à ça ? Par les gens qui veulent se servir du levier républicain. La formation. L’insertion dans l’emploi. La sécurité. Jean-Michel Aphatie me dit « vous en pensez quoi de la vidéoprotection ? » Je lui réponds : « pour avoir vécu dans ces quartiers, la police de proximité, je sais que ça fonctionne ». C’est du ressort de la Région de poser la question !

Notes et retranscription partielles, sous la seule responsabilité du preneur de notes ! PS 17 décembre 14:29 : Liens ajoutés et une coquille corrigée.

Noté 3.4/5 (012 votants)

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