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Quand il fut décidé que les patrons de l’audiovisuel public serait nommé directement par le président de la République, le Premier Ministre François Fillon nous expliquait qu’il fallait faire cesser "le caractère hypocrite du système actuel de nomination du président de France Télévisions".
Ainsi le cynisme se pare-t-il des plumes du réalisme pragmatique, d’une lucidité autoproclamée.
Comment être en désaccord avec ceux qui ont le courage de regarder la vérité en face ?
Et si vous en appelez à quelques valeurs ou principes qui vous semblent négligés ou bafoués, sachez que :
1/ ils n’ont pas de leçon (de quoi que ce soit) à recevoir de vous (qui avez prouvé en maints lieux votre duplicité) ; et vous vous retrouverez en position de vous défendre d’autre chose, sur un autre terrain (qui n’a rien à voir mais quelle importance)
2/ vous êtres angélique, niais, pharisien -et les ricaneurs auront vite raison de vous (d’un bon mot qui fait les bons plateaux de télévision).
"La culture n’est pas un luxe. C’est ce qui permet à tous les peuples, et à chacun de ceux qui les composent, de s’intéresser sur leur destinée. Sur ce qu’ils sont, leur héritage, le patrimoine de symboles, peut-être de valeurs qu’ils ont en commun, de manière à chercher le meilleur cap pour l’avenir.
Toujours les films de Souleymane Cissé font sortir des questions enfouies au sein des peuples, des familles. Parce qu’il pense que les faire s’exprimer, là est la libération et le progrès.
Les griots, leur thème est le même : d’où venons-nous ? qui sommes-nous, cousins ? quel cousinage y a-t-il entre communautés, entre peuples, entre identité ? Quel est le pacte qui fait que des cousins vivent éternellement en paix ?
Quand on se dispute avec sa famille, c’est le thème du film "Yeelen" de Souleymane Cissé, c’est une déchirure intérieure profonde.
D’où aussi, une conception d’une certaine communauté politique. De quel héritage devons-nous être les défenseurs ? Qu’est-ce ça peut prendre comme visage pour l’avenir ? C’est la question même du développement.
Cette réconciliation nécessaire au développement entre le passé, le présent et le futur, cette grande cicatrisation, c’est la condition même pour que les peuples prennent confiance en eux, et pour que les plus jeunes puissent atteindre à cet exercice supérieur de l’humanité, qu’est la création.
Je crois que l’homme est fait pour créer. Création artistique, recherche, création économique, c’est le même acte (d’) êtres humains, qui font que le monde qui viendra après eux sera enrichi.
La culture ouvre à la création. La culture permet à tous les peuples de trouver en eux l’équilibre, une manière d’être qui rende pacifique, bien avec soi-même, c’est la condition pour éviter les guerres, les misères, les déchirures, tout ce qui empêche le développement."
Retranscription partielle et avec coupes, seule le prononcé fait foi.