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Jean-Michel Cadiot

Je suis journaliste et secrétaire général du Cercle du Sillon. Je suis candidat MoDem dans la 8ème circonscription du Val d’Oise : Sarcelles-est et nord, Villiers-le-Bel, Garges-lès-Gonesse, Arnouville, Bonneuil-en-France (législatives de juin 2007 et décembre 2007), et à Sarcelles pour la cantonale des 12-19 octobre 2007.

jeanmichelcadiot.com

Se relever, réussir

Après le scrutin européen

, 21 juin 2009

Vu 2185 fois | 2 commentaire(s) | Noté 4.4/5 par 016 votant(s)

Voilà deux semaines que les européennes sont passées. Cela donne un peu de recul pour faire une bonne analyse de ce scrutin.

Bien sûr, ce qui frappe et attriste d’abord, c’est la très faible participation. Près de 60% d’abstentionnistes au niveau national, et 75% à Sarcelles qui, il est vrai, connaît souvent ce genre de mésaventures.

Pourtant, qu’il est important le scrutin européen. Outre que les électeurs ne comprennent pas toujours l’enjeu, que le gouvernement et les medias, officiels, ou autres, refusent leur travail pédagogique, le fait d’avoir fait fi du "non" -un rejet malheureux, le MoDem a préconisé le "oui"- au référendum constitutionnel de mai 2005, en faisant adopter par le Parlement le Traité de Lisbonne, éclaire bien des attitudes. Que n’avons-nous entendu : "A quoi ça sert de voter, il n’est pas tenu compte de notre avis".

Il y a du vrai. Il faut plus de démocratie dans les instances européennes ; mais le simple fait que plus de la moitié de notre législation émane de directives ou de décisions européennes, qu’elle soit une adaptation, devrait mobiliser les citoyens. Pour les Français, et pourtant les pères fondateurs, Aristide Brand, Robert Schuman, Jean Monnet étaient français, ce qui se discute ou se décide à Strasbourg et à Bruxelles apparaît lointain… Mais ce n’est pas lointain ! La protection de l’environnement, les routes, les stades même -comme notre stade Nelson Mandela à Sarcelles- dépendent souvent de crédits européens.

Le MoDem pouvait légitimement espérer mieux que 8,45%. Ce score n’est pas négligeable, il correspond à celui de "l’ex-UDF" dont la quasi-totalité des élus ont rejoint l’UMP ; il est un peu supérieur à celui des législatives de juin 2007, mais bien en deçà des 18,6% de François Bayrou en avril 2007, et de ce que certains sondages avaient laissé entrevoir dans les dernières semaines de campagne. Quoi qu’il en soit, le projet de créer un mouvement indépendant, sur un projet humaniste est réussi. Peu y croyaient il y a deux ans. Bayrou était enterré. Le 7 juin, il a, nous avons subi un revers qui n’entame en rien sa détermination, notre détermination, et qui n’hypothèque en rien la présidentielle de 2012 où tout se joue les derniers mois.

Alors, que s’est-il passé ? Les critiques a posteriori fusent, cruellement. C’est souvent facile de critiquer a posteriori. Le coupable serait François Bayrou, qui aurait accaparé le temps d’antenne attribué au MoDem, avec son livre "Abus de pouvoir", présenté comme une critique implacable de Nicolas Sarkozy. « Pas le sujet ! », nous est-il rabâché. D’une part, toutes les têtes de listes ont pu abondamment s’exprimer, et ce sont les medias qui invitent. Quant à la question de ce livre, au succès considérable : tout projet, toute proposition, en philosophie toute théorie -Kant n’a-t-il pas écrit "La critique de la raison pure" ?-, tout dogme des églises, toute pensée, s’élaborent à partir de ce qui existe, en dénonciation ou en approbation de ce qui existe. Critiquer au sens profond, c’est souvent, en tout cas François Bayrou l’a fait, présenter un autre modèle, un projet alternatif. Et la France est au coeur de l’Europe. Vouloir parler d’Europe sans parler de la France et de sa gouvernance, c’est de la supercherie ! Mais c’est vrai que François a été enfermé dans ce rôle d’"opposant systématique" qu’il n’est pas une seconde. Qu’y pouvions-nous ? Pour avoir distribué des tracts qui étaient un programme élaboré, précis, riche, écologiste, sur les politiques nécessaires à l’Union européenne, et nous étions les seuls à le faire (pas vu EE à Sarcelles !), nous savons bien, nous, qu’il est mensonger de dire que l’Europe n’était pas au coeur de la campagne du MoDem et de François. François n’a pas l’obsession présidentielle. Il ne veut pas le pouvoir pour le pouvoir ; mais parce qu’il a un projet, il incarne une espérance. Et que c’est un homme d’Etat, reconnu comme tel. C’est grossier de l’accuser ainsi d’ambition -lui qui serait peut-être, il l’a dit, plus heureux sans politique- et d’absoudre ses concurrents du même "péché" !

Trois mauvaises journées

Oui, la campagne s’est mal terminée. Trois raisons. Les sondages, dont il vaut mieux ne pas parler. Et François, comme nous tous, avons dû les commenter. François a rappelé celui qui, à l’avant-veille de la présidentielle de 2007 le plaçait....derrière Le Pen ! Cela lui a peut-être coûté la deuxième place, et la victoire assurée. L’horrible crainte d’un deuxième "21 avril" faisait sursauter les électeurs de gauche. Ils avaient raison. Mais leur choix n’a pas été judicieux. Et ils ont eu Sarkozy. Qui peut penser au sérieux de ce sondage ? Et puis le débat. Pourquoi France 2 a-t-elle mis sur une même table Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou -ce dernier montrant son légitime agacement lors du débat Aubry-Bertrand. Il fallait un combat de coqs. Ce n’est pas jouer les victimes de dire que nous représentons le plus grand danger pour le pouvoir en place. Ce n’est pas nous qui appelons les élus MoDem pour leur proposer des maroquins ! Détruire le MoDem, cela fait rêver. Mais ce n’est, heureusement qu’un rêve. Alors, ce débat ! François avait eu connaissance des écrits autobiographiques de Cohn-Bendit sur la crèche de Francfort. Il ne voulait pas utiliser l’argument. Il y a été contraint par les insultes de Cohn-Bendit, un homme que j’ai connu il y a 41 ans sur les barricades et qui, à mon sens, a dévoyé mai 68, qui était une lutte sociale, une solidarité étudiants-monde du travail, qui a permis de relever le SMIG de plus de 30% et d’accorder les droits syndicaux, parmi d’autres conquêtes.

Beaucoup ne les connaissent pas, alors je me dois de rappeler ces phrases de Cohn-Bendit, dans Le grand Bazar (1975, Belfond) : "Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi".(... ) "J’ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c’est fantastique, c’est un jeu érotico-maniaque..."

Aujourd’hui, ces actes et ces propos seraient condamnables, à juste titre. François ne les a pas cités. Certains diront, certains l’ont dit : "hypocrite" ! Non. Mais il n’est pas comme ça, François Bayrou. Il a défendu les enfants ; et il a bien fait. Le critiquer à ce sujet, c’est le méconnaître. Peut-être n’était-ils pas habile d’évoquer la "connivence" -criante- entre Cohn-Bendit et l’Elysée. Mais ce débat était tronqué, truqué. Je suis sûr que, malgré les réactions quasi-unanimes de la presse qui s’est acharné sur celui qui avait été insulté ("Tu ne seras jamais président de la République, mon pote, tu es trop minable", écrire cela me fait froid dans le dos), notre dirigeant sortira grandi. C’est malheureusement surtout l’électorat "bobo" qui vote aux européennes. Nous verrons en 2010 et en 2012.

J’ai une expérience. Les vendredis 5 et samedi 6 juin, à Sarcelles, nous avons eu des centaines de discussions sur ce débat. Et lorsque nous avons expliqué ce qu’avait écrit et fait Cohn-Bendit, des gens ont vu les choses autrement. Et cela se ressent. Nous faisons dans les milieux populaires une percée qui nous ravit -oh, encore timide, mais dans une ville où Bayrou avait fait 12,9% en 2007, nous rejoignons presque la moyenne nationale.

Un film mal programmé

Il y a aussi ce film, "Home", magnifique, de Yann Arthus-Bertrand, programmé à l’avant-veille du scrutin. Il a, de toute évidence, éveillé une conscience écologique dont chacun doit se féliciter, mais qui ne pouvait que profiter à Cohn-Bendit. Mais, même si la programmation était, nous dit-on, prévue depuis plusieurs années, ne fallait-il pas, au nom de l’équité requise par le CSA, retarder d’une semaine ce film financé par Pinaut ? Ce film, comme le débat, nous ont, à coup sûr coûté quelques points.

Néanmoins, nous restons la troisième force politique du pays. Car Europe-Ecologie est une alliance -une saine alliance, même si le qualificatif est difficilement applicable à son fédérateur !- de circonstance, autour de Cohn-Bendit, qui n’a pas de traduction politique en France. Les Verts n’ont pas eu de rôle majeur dans cette campagne. La politique n’est vraiment pas une science exacte.

Alors, au MoDem, chacun y va de sa critique, de ses propositions. Bien sûr, il y a un déficit d’écoute de la base. Cela peut changer. Mais c’est un fait que c’est par François et autour de lui que nous sommes rassemblés. Le MoDem ne serait rien sans lui. Mais il a tout autant besoin de nous.

Une nouvelle époque s’ouvre, et ce revers, car il s’agit bien d’un revers, peut s’avérer salutaire. A nous d’être plus présents, plus réactifs sur les grandes questions -la crise, les retraites, le chômage, l’écologie, l’Iran, l’Irak, l’écologie, la démocratie, l’Europe ...

Aujourd’hui, il faut nous relever. Pour beaucoup, c’est déjà fait. Il faut rester soudés. Si certains veulent partir, ils le peuvent. Qu’ils le fassent vite, car, c’est vrai, la grande échéance est dans moins de trois ans....

Noté 4.4/5 (016 votants)

La réponse de daniel54

Posté le 27 juin 2009, à 10h 41mn 11s
Se relever, réussir

Evoquer des histoires de braguette, pour justifier ne serait-ce que partiellement l’échec du Mouvement Démocrate aux élections européennes, me paraît être quelque peu exagéré . Peut être la diffusion du film "Home" a t-elle un peu influencé les électeurs ? ... Mais je suis plutôt de l’avis d’Etoile 66 : cessons de pleurnicher ! Les Promoteurs proposent une rénovation profonde du parti : il est vrai que le MoDem n’a plus rien à voir avec l’UDF et ses notables !Et je suis d’accord avec Christophe GINISTRY lorsqu’il propose une meilleure application des statuts (et je dirais ,surtout de la charte éthique). Cette application est nécessaire à tous les niveaux ! Je sais qu’en politique , il est de coutume que ses meilleurs amis puissent devenir ses ennemis .Mais je ne peux pas approuver la méthode utilisée par Christophe GINISTRY : n’est-il pas suffisamment proche de François Bayrou pour qu’il ait estimé nécessaire de lancer cette "charge " , certes censée améliorer le fonctionnement du Mouvement Démocrate ? Faut-il être étonné que François BAYROU ne réponde pas ? Cela ne me surprend pas ! François BAYROU prend son temps et évite certainement de répondre "à chaud" (du moins c’est mon interprétation). Une petite remarque à propos des signatures : 200 dit-on ? Le Mouvement Démocrate ne compte t-il pas environ 60000 adhérents ?

La réponse de Etoile66

Posté le 22 juin 2009, à 19h 36mn 37s
Se relever, réussir

Le chat se mord la queue... comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Trouver que le film HOME est co-responsable des résultats est triste... tout le monde savait que ce film paraîtrait le 5 juin, journée mondiale de la protection de l’environnement, il est passé dans tous les pays d’Europe. Il aurait tout simplement fallu s’y préparer attentivement et appuyer sur les propositions de développement durable qui font partie intrinsèque des projets du MoDem. Corinne Lepage et JL Bennhamias sont membres du Bureau exécutif, mais pas majoritaires... il aurait fallu se réjouir de cet effort médiatique en faveur de l’environnement et en profiter politiquement.

Non, on joue les grincheux... Quel dommage ! Les Français n’aiment pas les pleurnichards... et ne les éliront pas.

Personne, me semble-t-il ne remet la position de F. Bayrou en question au sein du MoDem. Mais...

...je préfère l’analyse et la demande de Christophe Ginisty,

http://www.lespromoteurs.com/Lettre-ouverte-aux-dirigeants-du-Mouvement-Democrate_a23.html

qui met le doigt sur des points clairement identifiés et propose des solutions concrètes et pragmatiques. Après deux ans d’expérience attentive et d’efforts loyaux pour faire évoluer les choses de l’intérieur.

De nombreux membres très actifs du MoDem ont rejoint cette initiative et la soutiennent. Elle n’est nullement dirigée contre F. Bayrou, lui qui disait au soir du premier tour :

http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/discours/bayrou-declaration-220407.html

"J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant... L’avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des règles et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toute les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l’arrêtera."

Il me semble qu’il est maintenant temps de se débarrasser de ce qui est de la politique à papa, du style Nouveau Centre, UDF, UMP, PS... elle n’a plus aucun avenir, si elle veut entraîner nos concitoyens...

En cela, l’initiative des "Promoteurs" me semble plus réaliste que votre "analyse" et davantage tournée vers l’avenir.

Dans le respect de F. Bayrou dont beaucoup se revendiquent pour tuer le MoDem et son projet d’ESPOIR... et pour que surtout RIEN ne change...

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