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Les valeurs européennes, comment ça marche ?

Café démocrate sur l’Europe à Argenteuil

jeudi 28 mai 2009, par FrédéricLN

Entre "enrichissement sans cause" de quelques grands patrons ou actionnaires, et "exception culturelle", comment caractériser le modèle social européen ? Comment concrétiser notre aspiration à une politique humaniste ? Sujets pris très sérieusement par les militants d’Argenteuil et des environs.

Le MoDem d’Argenteuil recevait le 25 avril dernier pour un café démocrate, avec Monzon Sekou Koné, candidat valdoisien sur la liste des européennes, et le président départemental Hervé Collet.

Pour des échanges à cent lieues de l’eurobéatitude parfois prêtée au parti démocrate...

Pour Hervé Collet, "l’Europe était basée sur le besoin d’harmoniser la production de charbon et d’acier. Puis elle a cherché à abaisser les coûts par le marché commun. Mais avec, à force, le risque d’aller contre les intérêts du citoyen, par exemple en démantelant les services publics. Comment faire de l’Europe plus qu’un marché ? Par exemple, la France a défendu « l’exception culturelle » pour garder le tarif unique du livre. Oui à une organisation collective qui pense d’abord aux droits de l’homme, à la convivialité, à la culture."

Jean-Louis Touchot doute que ce soit la direction prise. Pour lui, "l’Europe a été élargie à 27 sans aucun critère social. J’ai travaillé sur un projet européen dans le domaine social, et j’ai constaté qu’on s’alignait sur les mesures sociales les plus faibles."

La notion de "modèle social européen" fait polémique, remarque Fawaz Kazma, chef d’entreprise et responsable du MoDem Argenteuil, car "les différents pays ont des modèles sociaux différents." Il reste que "l’Europe est la seule partie du monde qui consacre un tiers de sa production à la protection sociale. Si on ne lui donne pas de puissance politique, elle n’arrivera pas à imposer son modèle ailleurs. Le travail n’a pas la même valeur en Europe qu’en Chine, aux Etats-Unis, au Mexique ou en Afrique. Mais comment faire pour produire les pneus en Europe alors que d’autres tout aussi compétents, peuvent les produire pour 300 euros par mois ?"

Face à cette équation économique qui semble insoluble, on peut répondre "répartition des revenus", comme Hervé Collet : "la priorité donnée au capital sur le travail est scandaleuse. Le patron de Vinci part avec des millions d’euros tandis qu’on refuse d’augmenter les salaires ! C’est le problème de l’enrichissement sans cause. Le débat entre les socialistes et nous porte sur la répartition entre l’investissement privé et l’investissement collectif. Or la crise nous oblige à une intervention beaucoup plus importante de l’Etat. Mais il y a aussi le risque que ça fasse augmenter continuellement les impôts..."

Entre une "prise en charge collective des besoins" qui peut ainsi coûter cher et enfermer l’initiative, et une libre entreprise qui pourrait se montrer irresponsable, les démocrates ne trouvent pas forcément leur bonheur !

Pour Fawaz Kazma : "Sans actionnaire, il n’y a pas d’entreprise" - mais "la crise a dévoilé la façon dont les entreprises travestissaient leurs bénéfices. En Europe, entre État et individu, il y a la société civile, les syndicats".

Justement, répond Jean-Louis Touchot, les syndicats sont ailleurs, en Scandinavie, des acteurs directs de l’économie, gérant "les conventions collectives, les services" : "l’économie solidaire, ça marche, et c’est dans le marché".

"Le principe de la démocratie, c’est la pluralité de façons de faire", remarque Maryse Chégut, la n°2 de la liste MoDem aux municipales.

Et l’Europe peut faire progresser cette diversité, observe Hervé Collet : "les médecines douces qui étaient verrouillées par l’Ordre français des Médecins ont été déverrouillées par l’Europe !"

Le parcours de Monzon Sekou Koné est à l’image de cette diversité : après un échec au baccalauréat, raconte-t-il, "j’ai travaillé dans tous types d’activités, comme ouvrier dans l’agriculture, le bâtiment, j’ai repris mes études à la CCIP, et travaille dans un groupe d’assurances" - et le voilà, à 29 ans, sur la scène politique, candidat aux européennes. Avec sa colistière Amandine Bracciali, 23 ans "âge minimum requis" pour siéger à Strasbourg, et sportive de haut niveau (patinage artistique), ils représentent bien le département le plus jeune de France. Le plus jeune et peut-être le plus divers, où se rencontrent les interrogations françaises sur notre destin collectif, et le destin de l’Europe, dans la mondialisation.

Messages

  • concernant la répartition entre le capital et le travail, au risque de paraitre Marxiste, je garde ses analyses (ce sont les applications qui ont été mauvaises, pas ses analyses du capitalismes qui restent bonne)
    qui produit les richesse ? un peu de capital, sinon pas d’industrie, mais surtout les gens qui travaillent, sinon le capital il fait quoi sinon se mettre en bourse… où de toutes façons la richesse vient pas du ciel mais là encore à pour origine le travail des homme, et sinon, comme on vient de le voir tout tombe parterre…

    donc je suis pour une juste répartition entre capital et travail soit la majeure partie aux salariés et pas à ceux assis dans leur fauteuil

    Voir en ligne : répartition capital travail