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Mais que fait donc Arthur ?

Euro confluences pour protéger nos enfants sur internet

, 4 février 2009

Vu 2387 fois | 0 commentaire(s) | Noté 4.0/5 par 079 votant(s)

Arthur, c’est ce jeune garçon que viennent visiter à domicile toutes sortes de tribus, dans le spot télévisé destiné à mettre en garde les parents quant aux dangers d’Internet pour les mineurs. Comment protéger Arthur ? Un colloque se tenait jeudi 29 janvier à l’Assemblée nationale.

Il surfe, converse, joue, se met en scène, se laisse porter, sur Internet, au mépris des dangers. Que font les parents d’Arthur ? Que savent-ils et que peuvent-ils ? Que fait la police ? Où sont les fous ? Où sont les garde-fous ?

« Internet est utilisé par les enfants comme un parc d’attractions, explique Michel Bensadoun, vice-président de Symantec. Et ce n’est pas un parc d’attractions. »

Cyber-pédopornographie, violence extrême, prédateurs à l’affût, intrusions de robots diaboliques, sites de vengeance, apologie de l’anorexie, incitation au suicide ou aux conduites à risque, cyber-dépendance, sexe mortifère, casinos tentateurs, animaux maléfiques, désocialisation, propagande sectaire, perte de repères, vol d’identité, viol de l’intime…

Sylvia Bréger et Anna Goupil, psychologues et analystes comportementales, dressent un atlas saisissant d’un « parc d’attractions » où le faux, le criminel et le pervers usent de tous les subterfuges et de toutes les séductions.

Du colloque Euro Confluences « La protection de l’enfance sur Internet : Prévenir l’accès aux contenus à risque », on ressort l’enfance blême et la peur à l’écran.

On en ressort assuré que les préventions et les régulations n’ont de chance d’efficacité qu’au prix de nouvelle pratiques, de nouveaux modes de prises de décision et de responsabilité en coproductions : partenariats et dialogues, co-éducation, co-régulation, efforts collectifs où le public et le privé jouent de communes partitions. Confluences.

Frontières.

« La criminalité n’a pas de frontières », Internet non plus. Le député Pierre Lasbordes pose d’emblée le défi majeur auquel est confronté le législateur.

Pour Myriam Quéméner, magistrat à la Cour d’appel de Versailles, Internet offre aux mafias et aux prédateurs « une nouvelle occasion d’accès à leurs victimes », tout particulièrement les mineurs, proies faciles. Le droit s’adapte, les procédures suivent comme elles peuvent dans un domaine où la rapidité fait nécessité. La question des frontières se pose avec acuité : quid de la compétence territoriale des tribunaux face à la toile planétaire ?

Seules frontières évoquées, celles du « relativisme culturel » en matière de protection des mineurs : Olivier Japiot, Directeur général du Conseil supérieur de l’audiovisuel, note que l’Asie craint avant tout l’exposition des enfants à la nudité et au sexe ; elle s’inquiète beaucoup moins du spectacle de la violence, à l’inverse de l’Europe.

Virtuel.

« Un monde virtuel ? », s’interroge la Secrétaire d’Etat Nadine Morano. « La souffrance des enfants et des adolescents, elle, est bien réelle. »

« Le virtuel, c’est du concret ! » : pour le Commissaire divisionnaire Christian Aghroum, ce n’est pas un paradoxe : « les crimes et les délits, les crapules, les mafias et les profits sont bien réels. »

Et c’est bien dans le réel, sur le terrain des flux financiers et des paradis fiscaux, que se joue la lutte contre les sites pédo-pornographiques : il faut « s’attaquer à la perception du profit » en priorité, estime Radomir Jansky, haut fonctionnaire à la Commission européenne. Dernière estimation : 21 milliards $.

Ensemble.

Éduquer, partager, s’éduquer ensemble : pour le pédopsychiatre Serge Tisseron, « le risque d’une fracture générationnelle considérable » plane sur le triangle parents – enfants – Internet. Il préconise de réinvestir Internet comme sujet de partage et conversation, « identifier avec l’enfant ce qu’il parcourt et découvre » avant d’en évoquer les dangers, en vanter les trésors avant d’en cerner les viceS. Maintenir le contact pour éduquer autour d’Internet et à Internet : les notions d’intimité et de droit à l’image (« ton corps t’appartient, ton image aussi ! »), les concepts de points de vue divergents, l’apprentissage du repérage des sources…

Véronique Fima, Directrice d’Action Innocence France, abonde dans ce sens : « Savoir de quoi on parle, en refaire un sujet de conversations ». Et déplore que l’école ne s’attache pas assez à former de « bons cybercitoyens ».

À ses yeux, les logiciels de contrôle parental sont un outil « nécessaire mais pas suffisant » : les parents ne doivent pas « se cacher derrière » pour faire l’économie du dialogue.

Michel Bensadoun (Symantec), qui en édite, ne dit pas autre chose : « Ils servent l’implication des parents dans la prévention du risque » et doivent être utilisés ensemble « dans la construction d’un cyberespace sécurisé. »

Partenaires.

Olivier Japiot (CSA) use du mot « corégulation ». Radomir Jansky (UE) détaille les initiatives européennes pour « soutenir la coopération entre le secteur public et le secteur privé ». Christian Aghroum (police judiciaire) affirme « la nécessité d’un partenariat public – privé éclairé et transparent ».

Isabelle Falque-Pierrotin est Conseiller d’Etat, expert auprès de l’OCDE, Présidente du Forum des droits sur l’Internet et membre de la CNIL. Autorité incontestable de « la gouvernance de l’Internet ». Où « l’acteur principal est l’utilisateur, chacun potentiellement éditeur de contenu ». Où il ne s’agit pas de mettre en œuvre « la réglementation d’une activité mais la régulation d’un univers ». Où il convient d’inventer du « partenarial ».

Noté 4.0/5 (079 votants)

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