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Sortir de la crise : oui, mais comment ?

, 7 décembre 2008

Vu 1343 fois | 0 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 04 votant(s)

A la suite de ce qui reste jusqu’à présent l’article le plus lu de mon blog plusieurs de mes lecteurs de proximité (c’est à dire ceux qui me connaissent mais qui ont la terreur de m’appeler et exploser leurs forfaits de la faute à ma logorrhée ...) me font un reproche tout à fait légitime. En gros il me disent : "oh c’est joli ton truc mais on en sort comment ? Non parce que on est quand même dans un m****er pas possible !"

Je dois dire que je suis extrêmement pessimiste : le fait de ne pas avoir correctement identifié les cause profondes de la crise, nous empêche d’y trouver des solutions durables (au sens littéraire du terme).

Par notre incapacité (nous = les économistes et ceux qui les écoutent) d’aller véritablement au fond de la question, de remettre en cause les paradigmes fondamentaux de notre pensée, nous nous privons de la possibilité de saisir l’opportunité de chaque crise offre. Nous nous enfermons, par conséquent, dans le "day-by-day business", dans le court-termisme structurel. Dans le soigner les symptômes plutôt que la maladie.

Dans ce traitement de symptômes, qui est sans doute nécessaire, et à l’intérieur de la "conventional wisdom" (sagesse conventionnelle) si bien dénoncée par Galbraith, nous n’avons aucune alternative aux différents "plans de relance". Si ce n’était pas tragique, il serait marrant : obligés de mettre en place des politiques d’inspiration keynésienne pour pallier une défaillance (grave) du système de l’offre, il fallait y arriver.

Par ailleurs, je crois que Hayek, s’il était encore vivant, se régalerait en montrant comment cette crise naît de la divergence des disposition de "loi" (réglementaires en langage plus accessible) de ce qui est le "droit" (qui préexiste à la loi pour l’économiste et philosophe autrichien) : si prêter de l’argent à qui n’a pas les moyens de le rembourser (l’essence même des sub-primes) peut être conforme à la "loi" il s’agit bien d’une violation fondamentale du "droit" (ces termes sont utilisés ici à la manière d’Hayek, laquelle diverge de leur usage courant). Il en conclurait que cette crise est une crise "constructiviste", une crise sur la "route de la servitude".

Mais je divague. Et le modeste économiste que je suis ne peux éviter de sentir un certain désarroi dans les mots de Jean Peyrelevade quand il évoque la situation difficile dans laquelle la France va se trouver en sortie de crise (ici, fin de la vidéo)

De même, personne n’ose évoquer un fait : les politiques keynésiennes ont été très efficaces après 1931 et 1948. Mais nous étions beaucoup plus pauvres que maintenant. Or, pour en rester à Keynes, il est normal que l’efficacité de ces mesures décroît à l’augmenter du revenu disponible. On est assez mal en point pour permettre à ces mesures de fonctionner ? Par paradoxe, il faut espérer que oui.

Pour ma part, j’estime que le rôle de l’économie n’est pas de nous faire plus riches mais de nous faire plus libres. Sans ressources, on ne peut pas assumer sa liberté. L’histoire des droits des femmes et de leur accès au travail (donc à l’indépendance économique) est, je crois, très parlant.

Cependant, le niveau de ressources n’est qu’un paramètre : on peut tout à fait être riches et ne pas être libre de l’usage de ces ressources. Et sans liberté, pas de responsabilité.

En conclusion de ces divagations "économiques", je comprends le besoin des "relances" et sur le plan français, je partage toutes les perplexités exprimées par les leaders démocrates. Cependant je ne crois pas que retrouver la "croissance" sera un signe de la fin de la crise. Elle est, à mon avis, profonde et structurelle. Ainsi, elle appelle une nouvelle pensée économique que l’on voit difficilement émerger et s’imposer suffisamment rapidement.

Attachez donc vos ceintures, car si vous avez aimé 2007-2009, vous allez adorer le prochain tour.

Noté 5.0/5 (04 votants)

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