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Le 10 décembre, les Droits de l’Homme ont 60 ans !

Un article pour rappeler l’importance de cet anniversaire parmi une actualité qui ne lui fait guère de place

, 4 décembre 2008

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Six décennies d’espoirs et de déceptions, d’ambiguïtés et d’instrumentalisation au cours desquelles, le rôle de pionniers des acteurs non-étatiques en matière de Droits Humains s’est révélé.

Ce 10 décembre sera célébré le soixantième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par les Nations unies.

Traduit en plus de trois cents langues, ce texte a fait des droits humains une référence obligée du discours politique contemporain.

Les valeurs qu’il prône participent du patrimoine immatériel de tous les êtres humains.

En pratique la seule chose qui soit universelle aujourd’hui en matière de droits de l’homme, c’est malheureusement leur violation !

Trop nombreux en effet sont encore celle et ceux qui luttent pour le « droit d’avoir des droits ».

Notre monde demeure marqué par l’inégalité des droits, l’injustice, l’impunité des coupables et des responsables. Les dirigeants des Etats et de leurs institutions font chaque jour la preuve de leur incapacité à combler l’abîme d’ambiguïté de part et d’autre duquel se font face l’espoir et la réalisation, la promesse et la déception.

On dénombre en effet encore par dizaines les pays où des hommes et des femmes subissent des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, où les procès ne sont pas conformes aux normes d’équité, et autant où il est impossible de s’exprimer librement.

Les nations - qui ne sont pas intégralement acquises à la culture des droits humains - se satisfont souvent d’habitudes autoritaires voire s’écartent de manière flagrante de l’État de droit, tandis que certains gouvernements n’ont pas encore fait le premier pas vers la garantie des droits de leurs citoyens.

Les problèmes de racisme, de xénophobie, de discrimination et d’intolérance existent encore à travers le monde entier.

Très souvent, trop souvent, les dirigeants politiques privilégient pourtant d’une manière systématique les intérêts économiques et stratégiques ou encore l’idéologie et laissent aux seuls citoyens la charge de défendre en pratique les droits de l’homme, les leurs comme ceux des autres.

Toujours aussi nombreux sont par conséquent les défenseurs des droits de l’homme accusés et persécutés, dénoncés comme dissidents et ciblés par les organes répressifs de leur gouvernement, parce qu’elles ou ils revendiquent les libertés inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, leurs droits, leur dignité.

L’enjeu de notre temps est de faire diminuer la dangerosité et la division du monde en réaffirmant l’universalité du contrat moral des droits de l’homme, en dépassant les clivages sur leur instrumentalisation, sur la priorité accordée par certains aux droits civils et politiques au détriment d’autres droits, culturels en particulier.

Les démocrates ne devraient-ils pas engager une réflexion plus systématique sur la corrélation entre les droits de l’homme d’une part et le développement, la paix et la sécurité du monde, d’autre part ? Ne devraient-ils pas insister sur la valeur égale de tous les droits de l’homme et la pertinence du recours juridique pour tous ces droits ?

Notre époque se caractérise par l’émergence de l’individu, à la fois comme victime et comme responsable, , et par celle de la planète, à la fois comme cadre global et comme objet de préoccupations. Cette émergence a pour contrepartie la crise des identités collectives et celle des institutions. Or c’est là que se situe le politique...” - Pierre Hassner dans Les ambiguïtés de l’ordre international

Le destin pluriel des sociétés humaines désormais solidarisées et interdépendantes ne fait plus qu’un. Les droits de l’homme sont universels et indivisibles. Et ils ont tous la même priorité. Mais ils ne demeurent apolitiques que si l’on ne cherche pas à les faire valoir.

Comment nier que les violations des droits de l’homme sont inextricablement liées au fait que presque 1.5 milliard d’êtres humains vivent dans un état de pauvreté inacceptable, et que seulement 20% de la population mondiale gagnent 150 fois plus que les 20% les plus pauvres ?

Toutefois, tant que des hommes et des femmes partout dans le monde défendront les valeurs universelles des droits de l’homme, l’espoir de celles et ceux qui n’ont d’autre tort que de compter parmi les plus faibles vivra et il incombe aux démocrates de soutenir ces actions et ces résistances courageuses pour accroître la capacité d’influence des droits de l’homme.

Cette vigilance impartiale peut marquer l’identité du Mouvement Démocrate en matière de Droits de l’Homme.

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