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Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Du temps des cerises au temps des alliances, les regards se tournent vers le MoDem

, 7 novembre 2008

Vu 3523 fois | 6 commentaire(s) | Noté 4.5/5 par 016 votant(s)

L’actualité politique nationale et internationale a remis le Mouvement Démocrate au centre de tous les questions : la victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle des Etats-Unis a été considérée par les médias français comme la victoire d’un candidat "centriste", qui a su rassembler et réconcilier les citoyens américains entre eux. Pour les journalistes français, aucun doute sur cette question : l’homologue politique de Barack Obama en France, c’est François Bayrou.

Deux jours après cette victoire, les élections internes au Parti socialiste français - visant à désigner la motion qui indiquerait dans les prochaines années la ligne politique du premier parti de gauche - ont donné un avantage relatif à la motion soutenue par Ségolène Royal, candidate à l’élection présidentielle de 2007 et partisane d’une ligne ouverte entre le Parti socialiste et le Mouvement Démocrate de François Bayrou. 29% des votes des militants socialistes se sont portés sur sa motion, contre 25% à égalité pour Bertrand Delanoë (qui refuse toute alliance avec le MoDem) et pour Martine Aubry (qui ne peut pas refuser d’alliance avec le Centre, étant donné qu’elle a des maires-adjoints du Mouvement Démocrate à Lille). Cependant, les scores ne donnent aucune majorité et tout reste encore possible pour celle ou celui qui remportera le siège de premier secrétaire du Parti socialiste, lors du Congrès de Reims (14-16 novembre).

Un troisième événement - peut-être le moins médiatisé, mais tout aussi intéressant - a été la récente déclaration de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin : le jour de la victoire de Barack Obama, Dominique de Villepin a appelé à « inventer un grand mouvement de réconciliation » en France. Il a aussi déploré les faiblesses qui caractérisent selon lui l’UMP et le Parti socialiste. « Si l’UMP n’est pas capable de se renouveler et nous voyons bien aujourd’hui à quel point ce mouvement est cornérisé, si le PS s’enferme dans les divisions de personnes, il y aura un espace ».

L’ancien Premier ministre - de plus en plus en total opposition avec la personne et la politique de Nicolas Sarkozy - ajoute : « Notre vie politique n’a pas connu encore le renouvellement que connaissent aujourd’hui les Etats-Unis : nous avons d’un côté un parti de mouvement et de rupture (UMP), de l’autre côté un parti de contestation (PS), il reste à inventer un grand mouvement de réconciliation. Mais force est de constater qu’en France, personne ne revendique aujourd’hui cette stratégie ». « Je pense que sur les débris de partis politiques exsangues en France, il y a demain une grande stratégie à bâtir », a-t-il insisté. La réconciliation doit « être le thème de la politique française, il y a trop de meurtrissures dans notre pays, trop de gens laissés de côté et pas suffisamment d’enthousiasme collectif ».

Il apparaît que Dominique de Villepin ne souhaite pas expliciter, pour le moment, toute connivence avec le Mouvement Démocrate. Mais certains parlementaires "villepinistes" avaient soutenu et/ou avaient été assez bienveillants à l’égard de la candidature présidentielle de François Bayrou. Enfin, la campagne de ce dernier reposait sur un rassemblement des meilleures volontés de gauche comme de droite : "On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine. Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement".

Vague américaine et mouvement des lignes politiques en France : quel avenir pour les alliances ?

Après avoir passé en revue les forces politiques françaises de gauche, de droite et du centre, on ne peut pas ignorer la dynamique et l’exemplarité du rassemblement démocratique qu’offre l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis. Cet événement retentissant peut donner le coup d’envoi d’une série de futurs compromis et d’alliances entre mouvements politiques, cela à travers le monde. Certes, certains pays comme l’Allemagne ont déjà montré l’exemple, mais leur système de scrutin favorise naturellement le rapprochement entre la gauche et la droite.

Et en France ? Le scrutin ne cesse de favoriser l’un des grands partis, UMP ou PS (bien que ce dernier a trop compté sur l’alternance de 2007 pour tenter le rassemblement avec le Centre). Aujourd’hui, l’UMP se fixe dans un ancrage très à droite ; Nicolas Sarkozy a soumis de petits partis centristes (Parti radical, Nouveau Centre) et "débauché" des élus de gauche. Mais les centristes et les personnalité de gauche ralliés au pouvoir ont en même temps perdu en crédibilité. Là n’est pas le rassemblement vu des Etats-Unis et que souhaite de son côté l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, lui-même inspiré par la victoire de Barack Obama. Parions que Dominique de Villepin ne sera plus pour longtemps "membre" de l’UMP, tant son conflit de personne avec Nicolas Sarkozy - accentué avec les pressions politico-judiciaires dans l’affaire Clearstream - rend l’espoir de réconciliation de moins en moins probable entre les deux hommes. Mais l’ancien Premier ministre a-t-il les moyens et les troupes pour créer un nouveau parti politique ? Là, les données lui sont clairement défavorables, ne lui laissant comme autre choix que d’agir concrètement en s’ouvrant au Centre.

À gauche, le Parti socialiste est en train de perdre sa frange de gauche. Les démissions de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez confirment de façon fracassante le raz-le-bol des cadres socialistes refusant le libéralisme de Bertrand Delanoë et l’ouverture centriste de Ségolène Royal. Le Parti socialiste évolue tout en se divisant. On ne sait pas quelle ligne politique le parti adoptera, mais celle de Ségolène Royal semble avoir gagné un point important, confirmant qu’on le veuille ou non la volonté d’un rassemblement avec le Mouvement Démocrate. Il est certain que les militants socialistes ne sont guère tous heureux de ces perspectives ; mais les lignes politiques bougent et il faut faire là aussi un choix : rejoindre une ligne politique de rassemblement avec le Centre (Ségolène Royal) ou rallier un nouveau parti de gauche plus proche du dogme anti-capitaliste (Hamon, Mélenchon) ou enfin adhérer à un social-libéralisme sans alliance avec le Centre et l’extrême-gauche (Delanoë). Reste également le compromis que peut susciter la motion de Martine Aubry, combinant l’ouverture au Centre, l’engagement européen et l’esprit de l’Etat-Providence à la française.

En conclusion, le monde politique français bouge ; et avec l’enchaînement des événements mondiaux comme l’élection présidentielle aux Etats-Unis et la crise financière, des lignes politiques évoluent, des langues se délient, des divorces se créent pour annoncer de futures alliances politiques, etc. Nombre d’éléments indiquent à l’heure actuelle des convergences de points de vue et une adhésion, même relative, au rassemblement des énergies et, peut-être, à une future coalition politique de la gauche, de la droite et du centre en vue de réconcilier l’ensemble des Français.

Le modèle américain - si souvent honni en France et dans le monde ces dernières années à cause du néoconservatisme de l’administration Bush - vient d’accomplir un retournement spectaculaire vers le rassemblement et la réconciliation des Américains, mais également des citoyens du monde entier. Peut-être y met-on trop d’espoir, mais il y a là une occasion unique pour les mouvements politiques français de proposer une alternative républicaine et démocratique en vue de l’élection présidentielle de 2012. Ségolène Royal, François Bayrou et Dominique de Villepin s’étaient bien retrouvés spontanément dans le célèbre "Appel du 14 février" 2008, pétition lancée par l’hebdomadaire Marianne contre la politique de Nicolas Sarkozy. N’avaient-ils pas ainsi rejoint un appel à la "vigilance républicaine" ?

Comme les origines du nouveau président américain, ne peut-on pas alors envisager un jour un "métissage" victorieux des couleurs et des convictions politiques en France ?

Déclarations faites sur plusieurs radios françaises, ainsi que par Xavier Frison, journaliste de la revue de gauche Politis.

Revivez la soirée du scrutin au Parti socialiste sur Mediapart.

Lire l’article sur le site Internet du Figaro avec l’AFP.

Rappelons que François Bayrou avait en 2006 voté la motion de censure contre le gouvernement Villepin.

Lire la déclaration de François Bayrou prononcée le 6 mai 2007.

Lire le reportage de France démocrate sur la conférence donnée par Dominique de Villepin à l’Université Paris-Dauphine, le 6 mai 2008.

Noté 4.5/5 (016 votants)

La réponse de Yannick Poirier

Posté le 8 novembre 2008, à 05h 13mn 10s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

à quand une véritable représentation démocratique ?

Une "gauche" anticapitaliste, une autre sociale-libérale, des radicaux, des démocrates, une "droite" récupérant des extrêmes, une autre "gaulliste" ... et que voit-on dans l’hémicycle ? Une Droite et une Gauche !

Comment veut-on que les Français s’y retrouvent dans le vote des lois ? J’estime que, une bonne fois pour toutes, l’on remette à plat ce qui me paraît un pur et simple déni démocratique, un député siégeant pour la circonscription qu’il représente, et non pour la couleur politique dont il est issu !

Ainsi peut-être comprendrons-nous le langage de chacun d’entre eux, et par conséquent leur PROPRE orientation politique, gage démocratique, évitant de fait la langue de bois, autrement appelée Démagogie.

C’est la raison pour laquelle j’émets une proposition de l’adhérant démocrate que je suis : la disposition des députés par ordre alphabétique, afin déviter tout corporatisme fut-il régional, par le biais des circonscriptions, ou de tendance politique, tel qu’actuellement.

Démocratiquement, Yannick Poirier.

La réponse de le catalan

Posté le 7 novembre 2008, à 23h 12mn 38s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Intéressante analyse OG... Il est grand temps d’"exfiltrer" les "royalistes" du PS et de les amener au MoDem. Avec un peu de chance, cela va tellement être la zizanie au PS avant le congrès, que je pense qu’il nous faut préparer des formulaires d’adhésion oranges à l’intention des militants PS...

La réponse de Sudiste

Posté le 7 novembre 2008, à 16h 19mn 24s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Maintenant que les derniers véritables Socialistes (Dolez et Mélenchon) quittent Solférino, à quand une fusion des deux forces de centre-droit (Modem-PS) pour créer un French New Labour ?

» Solidaires

La réponse de Marie-Anne Kraft

Posté le 7 novembre 2008, à 15h 36mn 07s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Merci OG pour cette réflexion sur l’évolution des lignes de clivage politique en France, qui en effet devrait finir par se dénouer, notamment suite à la crise financière et à l’élection de Barack Obama. Cela permet de mettre sur le tapis, carte sur table, les vraies questions de modèle de société que nous devons reconstruire et de redonner la parole au peuple, aux citoyens, sur le sens qu’ils veulent donner au "vivre ensemble". Nous allons enfin parler du fond, de justice, de développement humain et durable, plutôt que de "réformes", de soucis conjoncturels et matériels de "pouvoir d’achat", ou de querelles sémantiques sur le libéralisme et de ce que signifie la gauche et la droite,... On ne peut que s’étonner de la remarque de D.de Villepin disant qu’un espace peut s’ouvrir entre l’UMP et le PS, sans citer le MoDem ! C’et absurde. Pourquoi élude-t-il François Bayrou si ce n’est parce qu’il présente pour lui une concurrence ? Sur le fond des idées il est évident qu’il est sur la même ligne (républicain et démocrate, mais en moins humaniste et moins "humain" ...). L’orgueil, voilà son principal défaut. "Vanitas vanitatum, et omnia vanitas ..."

La réponse de Rémy

Posté le 7 novembre 2008, à 20h 54mn 10s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Mieux vaut tard que jamais, mais Villepin a finalement voté pour la rupture d’emblée si je ne m’abuse. Le discours c’est une chose, un acte fondateur c’eût été mieux.

La réponse de Bernard GERVAIS

Posté le 8 novembre 2008, à 12h 07mn 57s
Royal, Bayrou, Villepin : les lignes politiques bougent... et se rapprochent

Bonjour Madame KRAFT, Je viens de recevoir depuis quelques jours vos différents messages que j’apprécie par leur côté humain car l’homme est au centre de mes préoccupations. Je vous transmets cette pensée que je trouve appropriée. Pensée du 07/11/2008.

"Partout on ne parle que de changements. On répète qu’il faut des changements… Et que sont ces changements ? Toujours les mêmes luttes acharnées pour le pouvoir, l’argent, les honneurs… les uns chassant les autres pour prendre leur place. Non, il n’y aura de véritable changement que lorsque les humains travailleront à devenir, eux, plus honnêtes, plus nobles, plus maîtres d’eux-mêmes… des modèles. Mais cela ne les intéresse pas. À quoi cela sert-il de s’améliorer ? Ce n’est pas de ça qu’ils ont besoin, ils ont besoin de places, de titres honorifiques pour pouvoir assouvir leurs désirs et leurs convoitises. Vous direz : « Oui, mais si on doit suivre vos conseils, si on doit seulement travailler à s’améliorer, à devenir un modèle, la situation dans le monde est telle qu’on restera quelque part, inconnu, obscur, au plus bas de l’échelle. » Que savez-vous pour tirer des conclusions pareilles ? Si vous devenez vraiment une source, un soleil, même si vous ne le voulez pas, même si vous refusez, les autres viendront vous prendre de force et vous placeront au sommet pour les diriger. Si cela ne vous est pas encore arrivé, c’est que vous ne le méritez pas, parce que vous n’êtes pas encore prêt."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Bonne journée Bernard GERVAIS

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