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Un Président Noir : pour quoi faire ?

, 5 novembre 2008

Vu 1990 fois | 1 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 03 votant(s)

Loin de nous l’idée de vouloir jouer les cassandres face à la victoire nette, franche et sans appel de Barack Obama lors des dernières élections américaines. Néanmoins, il semble juste de ne pas le réduire au rôle de « premier Président Noir des États-Unis ». Les défis qu’il devra surmonter sont à la mesure de l’espoir qu’il a suscité, et sa stature de chef d’Etat de la plus puissante des Nations sera vite mise à l’épreuve.

En une nuit, en une heure, nous sommes passés du « Yes We Can » au « Yes We Did ». La mesure de l’espoir suscité par la victoire de Barack Obama donne une idée assez précise de la volonté de changement des Américains.

Mais cette espérance une fois soulevée, le Président Obama pourrait vite la transformer en désespoir, s’il ne trouvait pas de solutions pérennes aux crises actuelles.

En premier lieu bien sûr, cette crise financière qui n’en finit pas. Quelle stratégie, quels instruments financiers va-t-il actionner pour sortir l’Amérique du trou dans lequel elle semble s’engouffrer ? Sans parler de son programme, qui, dans les mois qui viennent, risque d’être difficile à mettre en œuvre : les caisses sont vides, le déficit abyssal et la conjoncture éminemment défavorable. Les marges sur lesquelles il s’appuie sont donc faibles et il aura besoin du soutien des autres nations pour relancer la « machine » américaine.

La situation internationale n’est guère plus brillante : deux guerres à mener, une menace terroriste encore présente, des frictions de plus en plus dures avec l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, sans parler du Moyen-Orient et d’un processus de paix qui n’en finit pas de marquer le pas. Il devra retisser les liens dénoués par la précédente administration, il devra reconquérir les « cœurs et les esprits » de peuples déçus par la politique étrangère de ces dernières années et, enfin, il devra restaurer l’image d’une nation salie par huit années d’une présidence crépusculaire pour les idéaux des Pères Fondateurs.

La chute de l’Union Soviétique avait imposé l’unilatéralisme aux États-Unis, la montée de la Chine et d’autres compétiteurs lui impose le multilatéralisme.

Mais Obama devra également affronter une crise de confiance, une crise de destin, en quelque sorte. L’Amérique a compris que certains de ses choix n’étaient pas les bons, que son modèle économique n’était pas le bon, et que la représentation qu’elle avait d’elle-même – leader du monde libre, défenseur d’un idéal, phare des pays libres…- s’échouait sur les récifs de Guantanamo, pourrissait dans les prisons irakiennes, et s’effondrait à la vitesse d’un crack boursier.

Et c’est sans doute ce dernier défi qui sera le plus difficile à relever.

Obama casse la baraque...

Barack Obama n’est pas, simplement, un Président Noir. C’est un Président qui vient clore un chapitre vieux de vingt ans, né sous Reagan et mort sous Bush, fait d’idées économiques libérales et de valeurs conservatrices. Un modèle qui montre aujourd’hui ses funestes limites.

Barack Obama n’est pas, seulement, un Président Noir. C’est avant tout la promesse, pour le peuple américain, de se réinventer, de faire la paix avec lui-même et avec les autres. Le propre de l’Amérique ne l’oublions pas, c’est également cette capacité à savoir se régénérer : c’est à elle que l’on doit les principales mutations sociologiques et idéologiques de nos sociétés, c’est à elle que l’on doit les principales avancées scientifiques des cinquante dernières années…

L’Amérique saura relever le gant des défis qui s’annoncent, et l’Europe, singulièrement, devra le faire à ses côtés.

La présidence Bush laisse des États-Unis groggy mais pas encore au tapis. La présidence Obama devra panser certaines plaies et s’inscrire dans la durée, et c’est cette hypothétique réussite dans la durée qui fera d’Obama un Président historique. C’est cette réussite possible qui le fera rentrer dans l’Histoire, autant, sinon plus que sa couleur de peau.

Le «  44ème  » bénéficie bien sûr de plusieurs atouts : le Sénat est démocrate, il est populaire aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des Etats-Unis, et les autres pays du globe voient enfin la page Bush se refermer.

L’attente est donc énorme, le pari risqué, mais le personnage a déjà montré qu’il était capable de remuer des montagnes et bousculer le destin.

Noté 5.0/5 (03 votants)

La réponse de David C.

Posté le 6 novembre 2008, à 00h 40mn 15s
Un Président Noir : pour quoi faire ?

L’enjeux du Nouveau Breton woods est sur la table !

L’économiste Jean-Luc Gréau dans un interview donner au Nouvel Obs du 30 octobre, dénonce le Faux Nouveau Bretton Woods de la City.

« N. O. - Que peut-on attendre d’un nouveau Bretton Woods ? Quels rôles peuvent jouer les pays émergents ? J.-L. Gréau. - De deux choses l’une. Ou bien le nouveau Bretton Woods s’inscrit dans la lignée du précédent, qui tendait à stabiliser le monde du point de vue économique, monétaire et financier pour favoriser la prospérité, l’emploi et le progrès matériel, intellectuel et moral des populations. Ou bien il procède d’une tentative de soumettre, plus encore que ce n’était le cas au moment où la crise a surgi, les entreprises et les populations aux exigences maintenues des opérateurs financiers préalablement sauvés par les Etats. Les pays émergents ont un rôle à jouer dans la mesure où ils favoriseront la naissance de ce monde multipolaire, plus équilibré et plus stable, dont nous avons besoin. »

Face à la situation historique et révolutionnaire que nous sommes entrain de vivre, il ne faut pas céder à la tentation de certains agitateurs qui pensent que du chaos naitra une plus belle société. Du Chaos sortira qu’une autre loi de la jungle ou le plus faible sera toujours le perdant.

Nous devons aussi dire non au faux nouveau bretton woods proposé par Gordon Brouwn et ses amis, qui essayent d’imposer brutalement un contrôle totale sur l’économie par la haute finance international de la City et Wall street.

Nous devons au contraire nous mobiliser autour de la mise en faillite du système actuel.

Pour aiguiser vos convictions politiques et économique afin de rentrer dans la bataille, je vous propose la lecture du dernier tract de solidarité et Progrès, L’indispensable rupture avec l’empire financier, par Jacques Cheminade : http://solidariteetprogres.org/IMG/pdf/TRACT_2008_11_03_NBW_1_.pdf

« L’avantage des crises est qu’elles changent les règles du jeu. Il dépend de nous que ce ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur. »

La France doit peser sur le G20, et nous, citoyens, devons tout faire pour influencer nos élites.

La révolution passera par une réforme profonde du système monétaire et financier international, et non par de vaines révoltes violentes.

David C. david.cabas.over-blog.fr leretourdusillon@gmail.com

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