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François Bayrou sans lunettes noires, face aux lycéens sur France 4

Téléblogging

, 20 octobre 2008

Vu 3738 fois | 8 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 07 votant(s)

"Questions de génération", une nouvelle émission de France 4, François Bayrou fait l’inauguration. Les lycéens parisiens de Balzac lui posent quelques questions sur la crise financière - "faut-il avoir peur ?", les élections américaines, la place du Mouvement Démocrate, la réforme annoncée des lycées…

20h54…

Crise financière, "il y a de quoi être inquiet" : "les sous, quand on n’en a pas, y a pas trop de problème, mais quand on en a, on sait pas où les mettre" - témoignage dans le "bobino" de lancement. Le tout avec musique d’ambiance, caméra à l’épaule et montage haché.

François Bayrou : "Je crains que la transformation de la crise financière en crise économique ne soit mécanique, et ce qu’on apprend de l’histoire, c’est que l’enchaînement ne s’arrête pas là : crise économique, crise sociale, crise politique.

L’entrée dans la récession, une économie qui me recule, ça me paraît fait."

20h59.

Léo, en plateau : "Pourquoi ne pas avoir utilisé ces 300 milliards qui apparaissent, pour les écoles, les hôpitaux ? Cet argent qui existe ?"

François Bayrou : "Il n’existe pas. C’est de l’endettement."

Oriane : "Si vous étiez à la tête du gouvernement ?".

François Bayrou : "Mettre les pays qui ont l’euro ensemble autour de la table, 24 h sur 24, pour proposer une réponse commune. Deuxièmement, j’aurais fait à peu près ce qui a été fait pour sécuriser les banques. …"

Est-ce que cela a été bien géré par Nicolas Sarkozy ?

"Bon, je trouve que dans la dernière partie, à peu près …".

21h01 :

Lycéenne : "N’est-ce pas scandaleux que les contribuables soient mis à contribution ?"

FB : "Oui, c’est un scandale, mondial, mais au point où on en était, c’était l’effondrement, l’explosion", qu’on risquait, "ça a donné Hitler, la crise de 1929".

Léo estime qu’avec "la crise de 29", François Bayrou "contextualise bien", mais ce qui a permis de relever l’Europe de la crise, "c’est ce capitalisme-là" après 1944.

FB : "Dans l’après-guerre c’est le contraire, les États, le plan Marshall ! Sur le fond vous avez raison : l’économie de marché, avec un système bancaire en principe surveillé, il a fait la prospérité de l’Occident.

La finance, la banque, les Bourses, c’est l’essence du capitalisme, (ils) ne vont pas disparaître. Il faut (donc) des surveillants fiables et crédibles."

21h04 :

Jade : "Est-ce la crise économique qui fait la crise financière, ou la crise financière qui fait la crise économique ?"

FB : c’était de la finance qui jouait sur elle-même, et pour cela faisait "de la fausse monnaie".

"J’ai eu beaucoup d’affrontement avec le modèle américain, fondé su l’augmentation des inégalités : le prix du travail non-qualifié, depuis 15 ans, a baissé", en particulier sous l’influence de l’immigration.

La crise va nous faire aller "d’un projet de société inégalitaire, virtuel, fondé sur l’apparence, à un projet de société dont j’espère qu’il sera fondé sur du réel".

Un pénible double minuteur se met en route, et sonne à 21h07.

Animateur : "Léo, cette sonnerie tu la connais…" et passe la parole à Aline Afanoukoué qui annonce à François Bayrou la moyenne des notes que lui ont donné les lycéens : 12. "Quand vous parlez du régulateur, du super-surveillant", qui évite qu’on fasse les poches à l’économie, ça aurait, selon elle, moins convaincu.

Aline enchaîne avec un commentaire sur le look de François Bayrou - "afro" sur une photo de ses 21 ans. "Il y a quelque chose chez vous de gangsta terroir". Et de le relooker partie P. Diddy, partie Brad Pitt.

François Bayrou "il y a une idée que je ne suivrai jamais, c’est les lunettes noires. C’est fait pour mettre un écran entre les gens et vous", et dans le métier que je fais, "on n’a pas droit à l’écran".


21h12 "Acte 2", annonce l’animateur. "À 2 semaines du scrutin, l’obamania s’est emparée de la France". Bobino : Hillary Clinton demande à la Convention de désigner Barack Obama "par acclamations". Commentaire : "les Américains sont indécis, mais le reste de la planète a déjà choisi." On retrouve, me semble-t-il, Aline sur l’antenne d’Africa n°1, interviewant l’obamagraphe François Durpaire.

Clip "Yes we can". Expo à la "Dorothy’s Gallery" parisienne. Obamaclub de Samuel Solvit, vu de La Défense : il revendique "un regard politique et civique", pas maniaque.

Zoé, terminale S : question du genre "êtes-vous fan ?".

François Bayrou : "Parti démocrate, Mouvement démocrate, c’est la même idée."

"Qu’après 8 années calamiteuses de Bush on change d’inspiration", c’est heureux, "que quelqu’un qui est métis …" ça va changer beaucoup de choses, "même si son programme n’est pas trè précisément défini, c’est le moins qu’on puisse dire".

"Je me méfie toujours du vedettarait, mais ce qu’on voit de lui me paraît intéressant, ouvert, ça fait respirer".

Léo : "C’est la même description que les étrangers font de Nicolas Sarkozy".

François Bayrou ne semble pas s’y retrouver, mais je rate ce passage.

Question sur la métissitude : question d’apparence, d’emballage ?

FB : "Je ne crois pas que métis, ça veuille dire emballage. Il y a là quelque chose qui touche très profondément la société américaine."

Mercedes, Terminale ES : "Est-ce que la France serait prête à accepter un président Noir ou maghrébin ?"

FB : "C’est tout à fait possible. Si on avait fait le sondage il y a 2 ans (aux États-Unis)", les gens auraient dit non, "mais je crois que les peuples sont plus intelligents que ça".

Lycéenne : "Beaucoup d’Américains ne veulent pas voter pour un musulman", croyant Barack Obama musulman.

FB : On peut regarder tout cela mais "il y a une autre manière de voir" la société, "la démocratie c’est tirer les gens vers le haut".

L’animateur introduit le rappeur Hamé en rappelant ses affaires judiciaires avec la police.

Hamé : "Le débat aux États-Unis est d’abord posé en termes économiques. On a assisté à la montée en puissance d’une bourgeoisie noire, Oprah Winfrey, le haut patronat noir", et l’animateur relaye : "et cela n’a pas eu lieu en France".

FB : "Je choisis l’optimisme. Les Noirs font partie de la société américaine, y compris comme esclaves, depuis 200 ans. En France l’immigration a 60 ans, 50 ans - et il y a plus de choc culturel sur la religion, qu’il serait stupide de nier."

Poursuit avec la Marseillaise sifflée, "c’est très blessant pour beaucoup de Français", "mais moi je pense qu’on a fait beaucoup de progrès, que dans votre génération à vous, toutes ces histoires, d’où tu viens, la religion, la consonance de ton nom, ça ne joue plus ce rôle d’exclusion" que par le passé "ça a joué". "En tout cas pour mes enfants, ça ne joue pas, et pour moi c’est une grande source d’optimisme".

Lycéen : "La France terre d’accueil, ou plutôt terre d’expulsions ?"

FB : "Je crois que Nicolas Sarkozy a été élu en partie parce qu’il a joué sur ça, le mouton dans la baignoire, etc. Donc, c’est un clivage. Mais il faut dire une chose pour être juste : les sociétés sont très déstabilisées quand des apports nombreux de population arrivent. Donc je ne trouve pas illégitime que le nombre soit maîtrisé. Mais il ne faut pas faire de persécution. Ceux qui sont là et qui travaillent, on peut leur donner un permis de séjour."

Minuteur. Question réitérée : "France terre d’accueil, est-ce que c’est le cas aujourd’hui ?".

FB : "C’est un terme trop optimiste pour la situation de la France d’aujourd’hui."

Joran Hue, Terminale S : "Est-ce que l’élection d’Obama va changer la donne de la diplomatie américaine ?"

FB : "J’espère, mais la politique américaine c’est une longue tradition, elle ne change pas du tout au tout."

Animateur "Aline, est-ce que la moyenne de François Bayrou monte ?"

Aline : "9 1/2, vous frôlez le hors sujet".

FB : "C’est votre boulot à vous, c’est vous qui posez les questions !".

Aline a trouvé François Bayrou "trop optimiste" et la France plus bloquée qu’il ne l’a dit.


21h34, lancement d’un autre sujet "sur votre actualité, François Bayrou". L’animateur dit "avoir demandé aux lycéens" leur "idée du mois, soufflée à Nico".

Mais le bobino commence par un grand sujet, l’image du Sénat et le train (de vie) de sénateurs. Aline finit sur leur idée du mois : supprimer le Sénat.

FB : "En tout cas, ça ne durera pas comme ça. C’est une institution qui … ne correspond pas à un pays comme la France".

Lycéenne : "Les députés sont beaucoup plus dissipés que nous les lycéens, et en plus ils ne sont jamais là".

FB : "Vous êtes au-dessous de la vérité, moi qui vois cela d’en haut, je siège parmi les non-inscrits…".

"En 1997, il y a eu la dissolution, je sortais du gouvernement, j’étais un peu stupide parce que le pouvoir, ça rend bête. J’avais une réunion dans une petite ville, une jeune femme a levé le doigt." Elle qui regarde à la télévision les "questions au gouvernement" de l’Assemblée Nationale dit : "je ne comprends rien à ce que vous dites".

"C’est une condamnation, je ne l’ai jamais oublié."

Animateur : "on va parler de vous maintenant, les lycéens se posent la question : François Bayrou opposant n°1, mais comment fais-tu ?".

Reportage sur l’année du MoDem, la défaite à Pau, l’affaire Tapie… La salade de légumes matinale de François Bayrou dans son troquet du VIIème. Sa conférence aux "Rendez-vous de l’histoire" de Blois - il évoque l’institution du tribun de la plèbe. Tour de marché avec Jacqueline Gourault. "Comment tu t’appelles ? Emma ? C’est le prénom de ma maman, et elle est très malade, alors je suis content de te voir."

"À 15 ans je voulais être un défenseur des gens qui n’ont pas de défenseur, un leader, quelque chose comme ça … Pour moi toute vie est un destin".

Lycéen : "Vous allez où, droite ou gauche ?"

FB : "Parce que tu crois qu’il n’y a que deux chemins ?"

"Je suis en confrontation avec le régime actuel et je veux construire autre chose. Je trouve le PS épuisé, à bout de souffle, avec une guerre interne perpétuelle dont ne sort aucune idée. Je préfère proposer aux Français un chemin différent. Et le jour viendra où les Républicains auront tous besoin les uns des autres.

Je suis en train de construire une alternative, une autre solution pour la France."

Un lycéen demande si les malheurs du PS profitent à François Bayrou.

FB : "Le PS a 35 ans, les partis ont une durée de vie, 35 ans c’est pour un parti l’âge de changer", et le PS ne parvient pas à changer. "On a déjà connu ça dans l’histoire, des partis qui ont tous les élus locaux, et qui n’ont plus d’inspiration".

"Cet été, où je me sentais un peu seul sur le front de l’opposition, je me sentais aussi le porte-parole de ceux-là qui ne trouvent plus dans leur parti" cette capacité d’opposition.

Un invité peu lycéen, Razzye Hammadi, "secrétaire national du PS à la Riposte" (waoh).

Razzye Hammadi : "de 1997 à 2002, vous avez voté majoritairement contre le gouvernement Jospin. De 2002 à 2006", etc. … "Les lois Sarkozy sur l’immigration, la prévention de la délinquance, vous vous êtes abstenu… Le zapping politique ne vous sert-il pas ?"

FB : "J’ai rien compris. C’est un discours politique comme on apprend à les faire…"

François Bayrou évoque le témoignage d’un ouvrier de Sandouville sur les 35 heures : "ce jour-là", j’ai été certain que "j’avais bien fait de voter contre" la loi sur les 35 heures.

21h55 : Lycéenne sur la scission MoDem - Nouveau Centre, sur les motions du PS … "Avec votre expérience de la création du MoDem, que pensez-vous de ce qui se passe au PS ?".

L’animateur repose / recadre la question : "Débat ou division ?".

François Bayrou : "À 20 ans, j’étais autogestionnaire, je pensais qu’on pouvait avoir des communautés qui se gouvernent elles-mêmes, pas de leader… j’ai appris une chose : il y a besoin de leader ! Les socialistes disent : les idées sont les plus importantes. Bien sûr," mais sans leader légitime… (je rate la suite).

Lycéenne sur "la meilleure réforme" de Nicolas Sarkozy.

FB : "l’intéressement", pour les salariés, que "quand une entreprise fait des bénéfices, on l’incite ou on l’oblige à en donner une part aux salariés".

Lycéenne, sur l’éducation : "Xavier Darcos tend à supprimer les filières…"

François Bayrou : "J’ai dit à Xavier Darcos que j’étais en opposition avec les réforme du lycée qu’il prépare, les modules sur le modèle américain, c’est du zapping, et pour moi, construire une culture, ça se fait dans la durée".

Animateur : "C’est terminé pour ce thème".

Aline fait le point sur la moyenne de François Bayrou, "12, ça remonte", et les questions recueillies, "pourquoi un nouveau parti ?". Mais elle donne surtout son avis, "vous êtes un vrai conteur, le slammeur de la politique, quand vous racontez des histoires on a envie de vous croire. Le leader d’un parti qui ne prend pas assez parti !".

FB : "un parti nouveau, et c’est déjà pas mal." Comme on traverse la mer et, arrivé à terre, on "brûle ses vaisseaux".


21h57. Le 4ème thème portera sur la politique-spectacle, et on attaque avec Madonna sur Sarah Palin… À bientôt 22 heures, il est temps d’aller dormir. Ou pour les noctambules, de zapper vers France 4 !


Images et liens ajoutés le 21 octobre

Noté 5.0/5 (07 votants)

La réponse de OG

Posté le 22 octobre 2008, à 19h 41mn 29s
François Bayrou sans lunettes noires, face aux lycéens sur France 4

Comme Marie-Anne, j’ai trouvé les questions des jeunes très copiées sur les journalistes à court d’idées : "Vous êtes à droite ou vous êtes à gauche ?"...

Sinon, ça tenait gentiment la route, mais les lycéens me semblaient pour la plupart très à gauche. C’est inévitable avec ce public.

La réponse de CedricA

Posté le 21 octobre 2008, à 12h 39mn 18s
Revoir l’émission

L’émission est en ligne sur le site de France4 pour ceux qui souhaite la voir ou revoir.

» CedricA

La réponse de FrédéricLN

Posté le 21 octobre 2008, à 19h 50mn 04s
merci pour le lien

Merci Cédric !

La réponse de Florence Bistagne

Posté le 21 octobre 2008, à 12h 02mn 14s
François Bayrou sans lunettes noires, face aux lycéens sur France 4

merci pour ce script très fidèle en effet. j’ai regardé l’émission mais je l’ai trouvée artificielle : invités qui viennent poser 1 question de 5 secondes et s’en vont, lycéens qui posent, en fait, quasiment tous la même, notation de l’invité principal... bof. cela dit à mon avis son grand mérite est dans la longueur, 90 mn c’est rare et dans son éclectisme. FB a pu parler sans se faire interrompre, sur tous les sujets et, comme d’habitude, son absence de langue de bois est extrêmement bien ressortie. FB

La réponse de florent

Posté le 21 octobre 2008, à 02h 26mn 10s
François Bayrou sans lunettes noires, face aux lycéens sur France 4

youpi, de la lecture :) merci et bravo pour l’initiative (pratique pour ceux qui n’ont pas la télé, et courageux pour le boulot accompli)

La réponse de F Bénard

Posté le 20 octobre 2008, à 23h 52mn 20s
François Bayrou sans lunettes noires, face aux lycéens sur France 4

Merci pour ce script. J’avais relayé l’info mais j’ai râté l’émission. Il semble que le concept de France 4 était un peu décevant, qu’en est-il selon vous ?

» Merci, pratique ce script !

La réponse de Frédéric Lefebvre-Naré

Posté le 21 octobre 2008, à 07h 44mn 18s
concept

Le concept et le format de l’émission : c’était un prototype (émission inaugurale), donc il y a certainement des réglages à faire. La présence des "invités supplémentaires" venus poser une seule question me semblait tout à fait artificielle. Les lycéens, à force d’avoir été briefés, semblaient frustrés. Peut-être aurait-il fallu un cadre plus ... scolaire, avec un tableau vert ?

Il me semble cependant que l’émission a atteint son but : faire dire un peu autre chose, sur des sujets un peu différents, que ceux qui reviennent en boucle dans les questions des journalistes.

La réponse de Marie-Anne Kraft

Posté le 21 octobre 2008, à 12h 55mn 39s
en effet, artificiel ...

Moi aussi j’ai trouvé l’émission artificielle et l’ambiance plutôt froide et tendue. Animateurs un peu coîncés et pas à l’aise. La salle (trop) immense et François Bayrou y était comme seul face à un tribunal. Il aurait mieux fallu l’entourer des étudiants, ou être autour d’un table plus conviviale pour parler. J’ai été assez déçue des questions, que j’espérais plus originales, ou assorties de propositions nouvelles, vues des jeunes ... On avait l’impression que certains cherchaient à le coincer, à le contredire ou faire ressortir des contradictions de ses réponses, et le mettre sur la défensive. Et ces notes (comme à l’école des fans), pas terribles,... vraiment pas sympas, plutôt humiliant ! Non, je n’ai pas aimé cette émission. J’ai l’impression que c’est truqué.

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