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Europe : la vivre, la faire vivre, la faire aimer et en parler

Lettre ouverte aux démocrates et aux citoyens européens

, 18 octobre 2008

Vu 1474 fois | 4 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 02 votant(s)

Chers amis démocrates, chers concitoyens européens.

La difficile crise financière et économique qui défraye la chronique en ces jours aura eu au moins un mérite : rendre manifeste, sans la moindre possibilité de remise en discussion, combien l’Europe est essentielle dans notre vie de tous le jours. Chacun d’entre vous le sait : les actions individuelles d’Etats, même importants (USA en tête mais aussi la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni), n’ontt rien pu contre la spirale de défiance des marchés. En revanche, l’action européenne, concertée, décidée et mise en œuvre à 27 - ce que tous les commentateurs ou presque nous disaient être impossible - a eu l’immense mérite d’arrêter la spirale suicidaire des marchés financiers.

Si vous vous dites que les cours boursiers ne vous concernent pas, permettez moi d’être en désaccord : de très nombreux Français ont investi en Bourse indirectement, par exemple via un produit complémentaire « retraite » ou par le biais d’un placement à capitalisation pour garantir un emprunt, usuellement contracté pour financer la résidence principale. Peut-être qu’il s’agit de vous ou peut-être d’un de vos proches, vous le savez mieux que moi.

Il ne s’agit pas de riches. Ce sont les « classes moyennes », celles qui travaillent, qui produisent la richesse réelle, sur lesquelles repose l’équilibre (déjà très déséquilibré) des finances publiques françaises. C’est vous. C’est nous. Alors même que le pouvoir actuel a décidé, pour ne citer que le dernier exemple, de leur faire intégralement porter le poids du financement du RSA, l’Europe, tant décriée lors du référendum, a su répondre présente face à votre besoin de sécurité. Aucune autre institution politique en a été capable.

Certes, la crise n’est pas pour autant résolue, car tout un système basé sur une recherche inconsidérée du profit à court terme est en train, heureusement, de s’effondrer. Et il est quand même assez cocasse de voir des responsables politiques de haut niveau se découvrir presque des euro-intégristes alors même que, il n’y pas si longtemps, ils affichaient de façon claire leur admiration pour la « réussite » et pour « l’argent ». Nous savons tous maintenant de quel bois était faite une certaine réussite. Je veux être clair : je me félicite que ces anciennes brebis égarées aient compris, semble-t-il, l’importance concrète et réelle du fait européen. Je suis ravi de les entendre parler d’Europe.

Cependant, je ressens un certain scepticisme dans la population. C’est vrai que parler d’Europe est très simple. En revanche, vivre et assumer ses multiples identités, donc son "être" européen est quelque chose de beaucoup plus rare. Je crois pouvoir affirmer sans crainte aucune que c’est notre cas. Nos ancêtres politiques sont ceux qui ont réinventé l’Europe, qui l’on transformé - alors qu’elle était un champ de bataille permanent - en un oasis de paix, de stabilité, de développement tant économique que humain.

Je ne citerai pas toutes les avancées considérables que l’Europe a permis : la liste serait trop longue et il n’y a que les âmes de mauvaise foi pour le nier.

Cependant, nous, démocrates et européens, sommes confrontés à un défi. Le simple « vivre » l’Europe, ce n’est plus suffisant. Les résultats des différents référendums récents sont là pour le rappeler. Le trop faible taux de participation électorale des jeunes aux échéances européennes également. Nous avons maintenant la tâche de faire vivre l’Europe chaque jour dans le quotidien de chacun d’entre nous.

Faire vivre l’Europe veut dire mettre l’Européen au centre de l’Union, lui permettre d’accomplir cette mue de « ressortissant » en « citoyen » qui reste malheureusement inachevée.

Faire vivre l’Europe veut dire donner à l’Union les moyens d’être en cohérence avec ses ambitions. Cela implique d’apporter des réponses sur la relation entre objectifs et ressources, mais également lutter efficacement, en collaboration avec les Etats concernés, contre la corruption qui empêche certaines régions d’Europe de se sortir de la faiblesse structurelle dans laquelle ils restent, malgré le montant important de fonds théoriquement alloués. Par ailleurs, la corruption fait sentir ses effets néfastes sur toute la planète, notamment dans les pays les plus pauvres. Trouver des moyens de s’assurer que les efforts d’aide, au sens large du terme, ne soient pas détournés de leur objectif est un défi auquel on ne peut se soustraire si on veut aborder de manière pertinente les relations de codéveloppement qui constituent un enjeu géopolitique et géostratégique considérable.

Faire vivre l’Europe veut dire inventer de nouvelles approches au développement, afin que toute politique soit, de manière naturelle, durable. Notre famille politique a été la première, à ma connaissance, à épouser la démarche du « développement humain », mesuré par un index spécifique (IDH) qui prend en compte d’autres paramètres que le simple PIB pour évaluer le développement d’un pays. Sur la base de cette expérience, je crois que nous pouvons aller plus loin et présenter des concepts encore plus aboutis.

Faire vivre l’Europe veut dire se battre pour une économie responsable, respectueuse des libertés de chacun, y inclure la liberté de ne pas acheter/consommer, la liberté de jouir d’un environnement sain, la liberté de travailler dans des conditions qui ne sont pas nuisibles à la santé. Une économie où l’Etat joue un rôle d’arbitre et de garant des règles, poursuivant l’intérêt du plus grand nombre. Une économie qui, avant d’être libérale, sera une économie de liberté.

Enfin, faire vivre l’Europe c’est la faire aimer par nos concitoyens. Le constat est fait par l’Histoire qu’il n’est pas suffisant proclamer l’amour que nous portons à l’idéal européen pour convaincre les très nombreux sceptiques à le partager. Qu’il n’est pas suffisant d’évoquer la noble histoire européenne qui est la nôtre pour être écouté sur les perspectives futures.

Face aux populistes de tout poil et aux autres petits démagogues irresponsables, nous avons un devoir de vérité vis-à-vis de nos concitoyens. L’Europe est un pari réussi. L’Europe est aussi une démarche inachevée. Le fait d’être des Européens convaincus ne doit nullement nous empêcher de voir que la construction européenne, dans son état actuel, présente des défauts. Par ailleurs, si tout allait bien dans le meilleur des mondes on ne serait pas ici à discuter d’un tel ou d’un tel « non », de l’usage des symboles de l’Union au Parlement, ou encore de l’impact d’un tel lobby sur les objectifs d’émissions de CO2.

Ce langage de vérité, nous pouvons l’assumer sans crainte : nos mots ne seront que plus crédibles et, donc, plus écoutés. Et dans les faits, reconnaître les faiblesses de l’Europe nous permettra d’apporter des réponses réelles aux attentes des citoyens. Car nous avons des équipes de très grande qualité intellectuelle.

Alors, faisons-le. Posons ensemble cette première pierre de la construction d’un véritable parti européen à vocation majoritaire qui sache jouer pleinement son rôle d’interprétation, un parti responsable des anxiétés légitimes qui existent dans la population. Un parti qui saura être populaire sans être populiste.


N.B. de l’auteur : ce texte exprime une position strictement personnelle et il ne peut en aucun cas être considéré comme la position officielle du Mouvement Démocrate ou de l’une de ses instances statutaires.

Noté 5.0/5 (02 votants)

La réponse de Paul ORIOL

Posté le 19 octobre 2008, à 19h 46mn 21s
Europe : la vivre, la faire vivre, la faire aimer et en parler

Bonjour,

Trois peuples consultés ont dit non dont 2 fondateurs. Ailleurs ce sont les gouvernements qui ont dit oui, il est moins certain que leur peuple auraient dit la même chose.

Mais ceux qui ont dit non n’ont pas dit non à l’Europe. Ils ont dit non à l’Europe telle qu’elle se fait. C’est à dire cette Europe qui permet de décider des politiques dont les peuples ne veulent pas, qui vinennent de faire faillite et dont les gouvernements qui les ont décidées reviennent devant leur peuple en disant l’Europe veut que....

Pour que cette caricature de démocratie cesse, il n’y a qu’une solution, l’élection d’une assemblée européenne constituante qui permettrait un débat sur les institutions que nous voulons pour l’Union européenne. Une constitution qui ne règlerait que les rapports des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire au niveau européen et leurs rapports avec les mêmes pouvoirs au niveau national. Les questions politiques, conomiques, sociales, environnementales ne sont pas du domaine constitutionnel mais du domaine législatif et discutées lors des élections européennes.

C’est la seule façon d’emporter l’adhésion des peuples à une Union réellemnt démocratique. Bien à) vous Paul

La réponse de Claudio Pirrone

Posté le 19 octobre 2008, à 21h 36mn 56s
Europe : la vivre, la faire vivre, la faire aimer et en parler

Merci Paul de partager votre opinion. Je suis parfaitement d’accord avec la première partie de votre commentaire. Pendant la campagne pour le référendum je n’ai vu beaucoup de gens contre l’Europe mais des personnes déçues. C’est, à mon avis cette déception qui constitue le terreau hélas fertile pour les positions démagogiques. Pour venir à la deuxième partie de votre commentaire, sur le fond je partage votre avis. Cependant je crois que les conditions ne sont pas réunies immédiatement. Il nous est indispensable de rétablir la relation de confiance entre l’Europe et les citoyens si on veut les impliquer dans un processus réellement constitutionnel.

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La réponse de BGR

Posté le 19 octobre 2008, à 17h 27mn 10s
Europe : la vivre, la faire vivre, la faire aimer et en parler

C’est une analyse intéressante que je vais relayer sur mon blog.

BGR : MoDem du Pays Basque (64)

http://bgr.hautetfort.com

La réponse de Claudio Pirrone

Posté le 19 octobre 2008, à 21h 38mn 49s
Europe : la vivre, la faire vivre, la faire aimer et en parler

Ravi que vous y trouviez des éléments d’intérêt

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