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Quo vadis François Bayrou ?

Le point sur les trois jours de l’université de rentrée du Mouvement Démocrate au Cap Estérel

, 9 septembre 2008

Vu 2923 fois | 3 commentaire(s) | Noté 4.3/5 par 014 votant(s)

Quo vadis (en latin, où vas-tu) François Bayrou ? Reprenant le titre du prochain ouvrage du président du MoDem, cette question était un peu celle que tout le monde se posait avant l’université de rentrée de son mouvement au Cap Estérel dans le Var. Durant les trois jours où se sont retrouvés les adhérents et les sympathisants démocrates de France et de l’étranger, le troisième homme de l’élection présidentielle de 2007 a tenté d’éclaircir et de parfaire sa stratégie politique pour les prochaines années. Après l’effervescence des débats, des discours et de la couverture médiatique de cette université de rentrée, force est de constater que la voie empruntée par le président du MoDem apparaît de plus en plus lisible pour tout le monde, même pour ses opposants...

Cet événement politique et estival constituait un rendez-vous inévitable pour les supporters et les détracteurs du mouvement centriste. Mais si le MoDem s’appuie aujourd’hui sur une base militante forte, fait unique pour une formation politique centriste en France, tous les propos et les regards renvoyaient à l’attitude, à la posture de François Bayrou. À lui de solder les comptes des élections perdues (législatives, municipales), à lui de donner le ton des prochaines élections (européennes, régionales), à lui de dire ce qu’il pensait de Nicolas Sarkozy, du Parti socialiste, de son propre mouvement, etc.

- Pour les militants et sympathisants, François Bayrou a proposé un programme fait de forums, d’ateliers de formation et de séances d’expression publique. Il n’a pas perdu de vue le besoin de répondre aux doléances des adhérents, encore marqués par les cafouillages qui ont entaché l’organisation locale des précédentes élections législatives et municipales. Les prochaines batailles électorales se gagneront avec la réorganisation des fédérations du Mouvement Démocrate, c’est-à-dire avec des réseaux locaux et un maillage du territoire par les militants et les élus démocrates. Réussira-t-il son pari ? Durant les trois jours, la majorité des participants étaient venus surtout pour se retrouver et se "revigorer" dans leur militantisme. Les plus concernés d’entre eux par les thématiques relatives à l’organisation militante participaient aux ateliers animés par des intervenants du mouvement comme Gilles Artigues, Médiateur du MoDem, ou Christophe Ginisty, initiateur de nouveaux outils Internet à destination des militants. Néanmoins, l’université de rentrée passée, restaient encore des craintes des adhérents concernant les dissensions persistantes entre les listes concourant aux élections internes des bureaux et des présidences des fédérations. Comme dans tout mouvement politique, les batailles pour le pouvoir, même local, suscitent des querelles qui peuvent apparaître irrationnelles aux yeux des militants réunis autour de valeurs pourtant communes. Quo vadis le MoDem ? François Bayrou lui a redonné pour le moment la ligne d’un "projet humaniste", suite logique du Projet d’espoir de la présidentielle, un projet rassembleur pour ses adhérents avant de susciter l’adhésion des déçus de l’UMP et du Parti socialiste...

- Pour les élus du Mouvement Démocrate, François Bayrou a pu faire le compte de celles et ceux qui le suivaient ou le rejoignaient après des accointances plus ou moins coupables avec la majorité présidentielle. Certains d’entre eux avaient en perspective les élections européennes : Jean-Luc Bennahmias a proposé le bilan de son activité de député européen ; Jean-François Kahn a confirmé sa candidature pour mener une liste européenne sous la bannière du MoDem ; Corinne Lepage a été très présente lors des forums... D’autres ont été présents le temps d’une journée, marquant une présence polie (avant un départ du mouvement ?) ou un retour discret : Michel Mercier, trésorier du MoDem, président du groupe centriste au Sénat dont le destin politique se jouera à l’issue des prochaines sénatoriales ; Nicolas About, sénateur des Yvelines, que les rumeurs donnaient éloignés du MoDem ; Rodolphe Thomas, ancien député UDF, un temps proche du Nouveau Centre, mais revenu depuis dans le giron bayrouiste. Par contre, certains sénateurs, autrefois très proches de François Bayrou, étaient invisibles ce week-end au Cap Estérel... Il apparaît clairement que les élections européennes suscitent les meilleurs volontés, alors que les élections sénatoriales voient l’éloignement de celles et ceux qui souhaitent conserver leur siège. Quo vadis le parlementaire ? avec François Bayrou et le Mouvement Démocrate ? ou avec la majorité présidentielle ? L’université de rentrée, bien que massivement suivie par les adhérents, a permis de compter les troupes parmi les élus, sans forcément discerner la pensée réelle de chacune et de chacun vis-à-vis de la stratégie politique de François Bayrou.

- Pour la majorité présidentielle et le Parti socialiste, François Bayrou leur a adressé un message commun et qui n’a étonné personne : l’indépendance comme base de son mouvement, mais l’ouverture à l’attention des élus, des militants et des sympathisants déçus par le sarkozysme et par le socialisme. Bien évidemment, les déceptions de gauche comme de droite pourraient s’expliquer à la fois des idéologies (l’archaïsme socialiste et l’atlantisme sarkozyste) et des personnes (les valeurs et la personnalité de Nicolas Sarkozy et les rivalités entre les "éléphants" du Parti socialiste). Pourtant, François Bayrou a prolongé sa stratégie d’indépendance dans la foulée de sa campagne présidentielle, réactulisant son programme présidentiel à partir des piliers de la république et des préoccupations du moment : libertés individuelles, environnement, éducation, etc. Le fond du discours de François Bayrou est désormais axé sur l’humanisme, notion devenue troisième voie entre le néolibéralisme (ou néoconservatisme) de la droite et le socialisme de la gauche. Là encore sans surprise, l’humanisme vu par François Bayrou a visé le rassemblement des personnes de bon sens et de bonne volonté, qui auront à coeur de dépasser les clivages de la Ve République. Et comme dans un même jeu d’échanges à qui sera le premier à tomber dans les bras de l’autre, le Parti socialiste a à la fois rejeté la main tendue du président du MoDem tout en lui demandant de "faire un pas de plus" à gauche. À droite, l’UMP a feint d’ignorer son discours pour ne voir que le Parti socialiste. Mais le parti présidentiel et son allié le Nouveau Centre ont pensé à organiser leur université d’été en même temps que celle du Mouvement Démocrate. Le président du Nouveau Centre, à force de suivre les faits et gestes de François Bayrou, avait fini lui-même par se faire piéger en voulant contester le décret sur le fichier "EDVIGE", déjà largement monopolisée par le président du Mouvement Démocrate ! Rappel à l’ordre sec et ferme de la part du gouvernement à l’attention d’Hervé Morin ; la guerre des centres n’avait donc pas eu lieu, faute de belligérants centristes indépendants et opposants à François Bayrou. Entre le gouvernement et François Bayrou, c’était ainsi un peu à qui parlera plus fort que l’autre par le biais des médias et les journalistes en salle de presse en étaient venus à se plaindre de cette concomitance des temps et même des lieux entre les universités de la majorité présidentielle et celle du MoDem...

- Pour les médias, François Bayrou a objectivement réussi sa rentrée. Autant les mois précédents on n’entendait que ponctuellement François Bayrou sur des affaires isolés comme l’affaire Tapie, autant l’université de rentrée a été l’occasion pour le président du Mouvement Démocrate de compiler ses meilleurs attaques à l’égard de Nicolas Sarkozy et du gouvernement. Dans la salle de presse aménagée dans le centre de vacances du Cap Estérel, pas moins d’une cinquantaine de journalistes sont passés, armés de caméras, d’ordinateurs portables, de micros, de casques vidéos, etc. À la veille de l’ouverture de l’université de rentrée, la publication d’entretiens de François Bayrou avec la presse avait déjà donné le ton de celle-ci. Affichées sur les murs de la salle de presse, ces entretiens tenaient plus du trophée que du relais d’informations, et la suite de l’université d’été allait confirmer le très bon retour médiatique du président du Mouvement Démocrate. Dès lors, il semblait un peu déplacé d’affirmer que François Bayrou était encore une fois "boycotté" ou "censuré" par ces mêmes médias. En effet et inversement à la période de l’élection présidentielle, de nombreux articles signés dans la presse et des interventions dans les journaux télévisés ont été consacrés à François Bayrou. Sur le fond, certains médias, pourtant connus pour leur plume acerbe à son égard, en étaient arrivés à lui trouver des qualités d’homme d’Etat qu’ils lui réfutaient encore naguère. Néanmoins, les médias semblaient encore chercher leur "chef de l’opposition" : il y a quelques semaines, c’était Olivier Besancenot ; durant les trois jours au Cap Estérel, c’était François Bayrou. Cette image collée par les médias avait bien de quoi faire enrager les socialistes les plus fervents. Mais l’avis des médias est toujours volatil : François Bayrou sera-t-il encore demain honoré du titre de leader de l’opposition ? Pour cela, il lui faudra trouver de nouveaux sujets qui mériteront un argumentaire suffisamment bien ciblé pour faire mouche là encore auprès des électorats de gauche et de droite. La voix de l’indépendance et de l’humanisme passera encore et toujours par le canal des médias. Mais dans la guerre de la communication politique, le président du MoDem a gagné sa bataille, à l’occasion de son université de rentrée.

Reste aujourd’hui et en conclusion à répondre si François Bayrou sait où il va. La réponse pour l’instant serait oui, en attendant toujours que les conditions propices à sa conquête du pouvoir se confirment. Doivent-elles forcément passer par le délitement supposé du Parti socialiste ? Le président du Mouvement Démocrate ne doit pas sous-estimer l’attachement parfois irrationnel que peuvent avoir les électeurs de gauche pour leur parti, quitte à avaler des couleuvres avec des candidats et/ou des leaders qui ne leur conviennent pas. Dès lors vient aussi cette question : Quo vadis le Parti socialiste ?

Concernant la majorité présidentielle, elle semble soudée autour de son président de la République. Là aussi, cette solidarité semblerait parfois étonnante au regard des mauvaises nouvelles qui s’accumulent sur l’état de la France. Quelques maigres liens subsistent encore indirectement entre des élus du Nouveau Centre et le président du Mouvement Démocrate ; mais toute tentative de désaccord au sein de la majorité reste sévèrement proscrite. Et au sein de l’UMP, que reste-t-il des gaullistes, auxquels François Bayrou fait encore allusion dans son projet de rassemblement ? Le gaullisme semble également s’éteindre doucement au sein de l’UMP pour transmettre le flambeau au leader centriste. Mais les électeurs de l’UMP le suivront-ils pour autant ?

François Bayrou a suffisamment parcouru de déserts pour connaître les pistes qui le mènent aujourd’hui vers les destinations propices à sa survie politique. À lui désormais de trouver de nouvelles pistes qui le feront sortir de ces déserts ; pour cela, il lui faudra non plus convaincre quelques Bédouins, mais tout un peuple.

Photo : France démocrate

Noté 4.3/5 (014 votants)

La réponse de Février alain

Posté le 14 septembre 2008, à 23h 55mn 06s
Quo vadis François Bayrou ?

A propos des élections du mouvement démocrate du 27 septembre 2008 en 49

C’est un copier coller de ma réponse qui figure dans mon blog zen-fiatlux.blogspot.com

Samedi, j’ai eu connaissance des listes électorales par courriel en provenance du Modem-UDF départemental 49.(il y a belle lurette que je n’avais pas reçu de leurs nouvelles !).

1ère surprise : absence de 2 listes électorales sur 3 " Retrouvons le message du Modem " et par le fait de nos 41 candidats Modem postulants pour le Conseil départemental 49 ; idem pour nos 41 candidats postulants pour la liste conférence nationale.

Seule la liste de 5 personnes pour la présidence collégiale du 49 a été retenue ?.

2ème surprise : Mes amis avait insisté pour me placer en 5ème position sur nos 2 listes ; ce que j’avais accepté. Peine perdue, j’ai été exclu, tout comme mes 40 camarades, sans autre explication ?.

Comme je ne suis pas du genre à accepter ces méthodes "staliniennes" de la part d’un parti démocratique, ma réponse aux instances départementales et nationales ne se feront pas attendre. Dès demain, j’adresserais ma requête.

J’ose encore croire que François Bayrou interviendra avant le 27 septembre, date du scrutin.

Alain Février zen 49

» Existe-t-il une démocratie représentative au MoDem 49 ?

La réponse de Frédéric Lefebvre-Naré

Posté le 12 septembre 2008, à 10h 55mn 10s
Suppression d’un commentaire de zen49

Je supprime un commentaire de zen49, partiellement hors sujet (reproduction intégrale d’un texte distinct, sans doute un billet de blog).

La réponse de Courrier Danemark

Posté le 10 septembre 2008, à 20h 32mn 35s
Quo vadis François Bayrou ?

La stratégie suivie jusqu’ici est la bonne. Certains courants au sein du PS sont susceptibles de faire alliance avec le MoDem, tandis que les nombreux décus du gouvernement actuel ne manqueront pas de nous rejoindre le moment venu. Sarkozy a du souci à se faire...

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