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Développement économique à taille humaine : le respect d’un entrepreneur pour le bassin local

dimanche 31 août 2008, par Yannick Poirier

La tendance économique actuelle s’oriente vers la multiplicité d’entreprises en faveur du développement économique local, entraînant également une certaine résistance au développement d’une seule entreprise. Cette dernière est obligée, en quelque sorte, à rester à une taille humaine ; c’est alors le bassin économique qui voit se développer l’ensemble des entreprises, limitant de fait la délocalisation sauvage. C’est en cela que je parle de possible « maîtrise ».

Dans mon dernier article de perspective récemment publié sur France démocrate « Pour un développement économique à taille humaine » dans lequel, j’ai voulu démontrer l’exact effet inverse de ce type de développement novateur, ce n’est pas tant l’arrivée d’un repreneur d’entreprise que je fustigeais, mais une méthode qui n’avait plus lieu d’être. Cette méthode était basée sur la création d’une seule et grosse structure, destinée à une commune, une ville, bref un territoire, à une époque où l’entrepreneur (M. Hervieu) respectait « l’homme » qui travaillait, consommait et participait à la vie locale, la population rurale étant riche des deux tiers de la population française. Or, aujourd’hui, tout est devenu la proie des spéculateurs, tel des charognards venant sur ce que laisse derrière lui un pionnier après son décès brutal et donc à la surprise générale de tous. Ce n’est pas ça, la véritable économie.

Aujourd’hui, les Français vivant pour les deux tiers en milieu urbain, ce repreneur (Charles Doux pour ne pas le nommer) venu « s’enrichir » de la notoriété du "Père Dodu", n’a pas compris qu’il s’agissait de l’investissement de tout un terroir qui soutenait le bassin local, et non le simple aspect financier (autrement dit « spéculateur »). Le repreneur a ainsi provoqué une levée de boucliers dans tout le Morbihan. Pis, ce qu’avait créé son prédécesseur Jacques Hervieu, le pionnier de la préparation des plats cuisinés en France, il ne l’a pas compris. C’est par ses origines de « financier » connu des milieux bancaires, qu’il n’a pas su voir ce que j’appelais, dans mon premier article – sur la maîtrise de l’économie à taille humaine – le « savoir-être » local de cette personne habitant Malansac (je le répète, lieu du siège historique de la marque) et des habitants du département du Morbihan.

Cela dit, c’est sa notion même d’économie, qu’il a résumée à son aspect financier, que je remets purement et simplement en cause : la véritable économie échange, partage, ce qui enrichit le bassin de par son potentiel humain (reconnu par un titre européen, à l’image de cette petite commune de 1400 habitants – Pleucadeuc – créant 700 emplois dans 4 entreprises !).

A travers son manque de « savoir-être », c’est au niveau de la mondialisation, aujourd’hui en plein essor, qu’il risque de payer chèrement, et derrière lui tous ceux qui ont contribué à sa place de premier producteur européen de volaille : sous-traitants, producteurs, commerçants locaux, représentants et élus locaux – dépendant de la taxe professionnelle qu’il verse pour leur budget – ainsi que les habitants. Voilà le principal reproche que je lui fais.

La véritable richesse économique est humaine, c’est la base de l’économie de marché. La vie économique doit se développer à taille humaine ; elle devra respecter ou détruire l’humain.