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Les informations boursières : des petits mensonges innocents ?

, 12 juillet 2008

Vu 1845 fois | 3 commentaire(s) | Noté 2.5/5 par 02 votant(s)

Ceux d’entre vous qui, comme moi, ont la malchance d’avoir fait de l’économie leur champ d’activité principal, auront reconnu dans le titre de l’article un petit clin d’œil à J.K. Galbraith, économiste iconoclaste et ancien conseiller de Kennedy, récemment décédé.

La "fraude innocente" sur la quelle je veut attirer votre attention concerne la façon dont l’information boursière est traitée en cette période de crise.

Aujourd’hui, le CAC 40, indice boursier de référence pour la France, a clôturé à 4.100 points, ce qui représente une baisse considérable par rapport aux mieux de l’année dernière (-33% environ) et ramène les valeurs boursières au niveau du 25 mai 2005.

Ces deux lignes derrière leur exactitude, sont beaucoup moins anodines de ce qu’il ne parait.

Par le choix de l’horizon temporel, en écrivant de la sorte on peut donner le sentiment que les travers de la bourse française se cantonnent à une courte période difficile ; malheureusement, c’est illusoire.

Quand on regarde à la réalité des faits, on s’aperçoit que le niveau de 4100 points a déjà été atteint plusieurs fois : en 2008 et en 2005 mais également en 2002, en 2001 et même aux cours du XXème siècle.

La vérité est que l’indice de la bourse de Paris avait déjà atteint ce niveau ... le 25 mai 1998, il y a désormais plus de dix ans.

Cela veut dire, concrètement, que si un Français avait investi il y a dix ans, par exemple via une assurance vie, avec la conviction que la Bourse "dans le long terme, ça gagne", eh bien il aurait rien gagné, voire perdu les frais d’entrée, de gestion, sans compter l’érosion de sa "richesse" via l’inflation.

D’ailleurs, un investisseur ayant acheté un tracker du CAC, c’est à dire un titre qui en reproduise exactement la performance, pendant le mois de septembre 2000, il y a huit ans, n’aura été jamais gagnant depuis.

Pourquoi je crois que la responsabilité de la presse est grave ? Pour la simple et bonne raison que les investisseurs un peu aisés peuvent être bien conseillés par des professionnels qu’ils payent. Mais le ménage ordinaire, qui souscrit une assurance vie sur 20 ans et à qui on offre "un-taux-garanti-exceptionnel-sur-6-mois", fonde ses décisions sur ce dont il est informé.

Et aujourd’hui, il est victime d’un mensonge pas tout à fait innocent.

Noté 2.5/5 (02 votants)

La réponse de FrédéricLN

Posté le 12 juillet 2008, à 12h 50mn 10s
Le titre de cet article : pas innocent, mais un peu mensonger

L’assertion fréquente "la Bourse, ça gagne sur le long terme" ne veut rien dire d’autre que "la Bourse est un placement risqué" ; autrement dit, que les cours fluctuent fortement, et qu’on peut observer sur le passé ce qu’observe l’auteur de cet article. Comme le placement est risqué, il est plus difficile d’y attirer des fonds, donc, en moyenne, il faut pour les obtenir leur payer une prime plus forte (à travers les dividendes) que pour les placements moins risqués. Donc, sur le long terme, ça gagne - en moyenne, et avec des risques…

La réponse de KaG

Posté le 12 juillet 2008, à 13h 24mn 59s
Le titre de cet article : pas innocent, mais un peu mensonger

Sauf que, la plupart du temps, le ménage n’investit que rarement un capital. C’est plutôt une épargne périodique qui fait qu’il achète parfois trop haut, parfois assez bas. Ainsi, il lisse le risque à la baisse mais aussi à la hausse.

La réponse de Claudio Pirrone

Posté le 12 juillet 2008, à 21h 24mn 15s
Le titre de cet article : pas innocent, mais un peu mensonger

D’abord merci à Frederic et a Kag de leurs commentaires.

Quand on dit que la Bourse "ça gagne sur long terme", on se réfère à une statistique établissant que, en moyenne, les indices boursiers ont gagné environ 7% par an depuis la création de la Bourse. Le problème est que ces augmentations n’existent plus depuis la "démocratisation" des marchés financiers. L’aridité des chiffres est la pour le démontrer. Et en effet, peu importe que le ménage investit un capital ou qu’il lisse : qui a investi disons 100 euros par mois depuis 1998 (oui, il y avait pas l’euro...) aujourd’hui est largement perdant, et pourtant le marché a été stable. La démonstration mathématique serait ennuyeuse mais il suffira de penser que les cours ont été beaucoup plus souvent en dessus des niveaux actuels que en dessous, ce qui veut dire que la quantité "perdante" excède la quantité gagnante.

Le problème ne serait aussi grave à mes yeux si cette information incomplète et orientée ne minait pas, à titre d’exemple, le système de complémentaire retraite ou le mécanisme des prêts "in fine", vrais "subprimes à la française"

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