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Le sans-papier et la valeur travail

Une question contemporaine qui pose la brûlante question de l’identité et des droits fondamentaux

, 3 juillet 2008

Vu 1425 fois | 1 commentaire(s) | Noté 4.8/5 par 06 votant(s)

Entre besoins des entreprises françaises et politique étatique de l’immigration, la tension monte. En France, patrie de la Déclaration des Droits de l’Homme, l’arbitrage et le consensus républicain ne pourront pourtant se faire au mépris de la dignité humaine. Reste que les faits font injure à cette tradition historique française, entre immigrés en situation irrégulière déclarés par leurs employeurs comme « réguliers » et politique publique ambiguë. Qui dit illégal dit malheureusement, dans la plupart des cas, exploitation, précarité et abus.

« Ça se durcit » me dit Redouane, jeune tunisien arrivé il y a quelques années pour travailler dans le 10ème arrondissement. Il a créé sa boite de plomberie et, depuis la Loi Hortefeux de 2007, il doit envoyer les justificatifs d’identité et de séjour à la Préfecture avant d’embaucher. Deux options s’offrent à lui : puisqu’il ne trouvera pas de main-d’œuvre en règle - deux ans que l’ANPE ne lui envoie personne - il peut ralentir son activité ou embaucher au noir. L’INSEE parle de 200 à 400 000 individus dans la situation du travail clandestin mais, dans les faits, il y a des centaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière, qui travaillent avec de faux papiers. C’est chose courante. Ceci permet par exemple aux sociétés d’intérim d’assurer aux grandes sociétés du bâtiment des « sans-papiers en règle » sur de prestigieux chantiers comme le Louvre ou les ministères.

Quant à Gabriel, jeune travailleur d’origine camerounaise, en situation régulière mais solidaire de ses compatriotes : « On veut exister, sortir de l’ombre », « nous ne sommes pas des mendiants », dit-il. Depuis plusieurs semaines, son collectif pour la dignité des travailleurs sans-papiers squatte les locaux de la Bourse du Travail, près de la Place de la République. Sur place, je découvre des femmes et des enfants installés comme ils peuvent, dans les couloirs. La CGT laisse faire, par solidarité, mais ne s’occupera pas de leurs dossiers, car ils ne sont pas syndiqués. Du coup, face à la préfecture, ce sont des « isolés ». Sans la pression syndicale, le bras de fer est plus rude.

Côté Bruxelles, l’Union européenne s’apprête à adopter un texte, que beaucoup qualifient déjà de « directive de la honte » prévoyant notamment un enfermement des étrangers pouvant atteindre 18 mois, la détention des personnes vulnérables et des mineurs, qu’ils soient ou non accompagnés. Assen, jeune épicier du quartier Saint-Louis, nationalisé français, est clair, « tant que la France ne traitera pas avec respect ces populations, la jeunesse, leurs enfants, ne pourrons pas se sentir intégrés complètement et ils nous demanderons des comptes sur ce que nous avons fait de leurs vieux. »

Samuel Beckett, Jacques Brel, Maria Callas, Marc Chagall, Marlène Dietrich, Juan Miro et Pablo Picasso… récemment encore, la France s’est glorifiée d’avoir accueilli et intégré des artistes venus du monde entier, qui ont contribué à l’enrichissement de son patrimoine culturel et à son rayonnement.

Nous, citoyens démocrates, porteurs de l’idée d’une politique recentrée sur l’humain, défenseurs d’une prospérité économique respectueuse des conditions de vie de tous les travailleurs, promoteurs d’une Europe de la paix et de la prospérité, souhaitons une régularisation des sans-papiers au cas par cas, un effort républicain d’intégration et surtout une politique européenne ambitieuse d’aide aux pays du sud.

Noté 4.8/5 (06 votants)

La réponse de Olivier BERARDI

Posté le 9 juillet 2008, à 11h 03mn 12s
Le sans-papier et la valeur travail

Merci, Alexandre pour porter de l’attention à ce sujet : un des plus importants de notre société aujourd’hui. Comment l’on traite l’autre, l’étranger, et comment une population se mobilise et construit un discours pour s’opposer et pour empêcher qu’un modèle inhumain s’applique à ce segment de population que les dernières lois sur l’immigration ont désigné ont relégué comme “sans papier“ puis maintenant comme bouc émissaire., délinquant, criminel. Le degré de notre civilisation est jugé ici, ni plus ni moins . Acceptons nous accepterons nous encore longtemps qu’une mère de famille , qui lave les pieds d’une personne âgée dans une maison de retraite soit arrêtée et enfermé sur le champ, laissant son enfant, Gloire de Dieu 11ans, seul à la maison pendant 15 jours (20/02/2008). Acceptons nous accepterons nous encore longtemps qu’un enfant de 11 ans joris dont la mère s’est suicidé il y a deux ans, élevé par son père qui vient d’être expulsé(Fin juin 2008), est traumatisé et laissé seul sans parents. Acceptons nous accepterons nous encore longtemps que des enfants mineurs ou non soit mesuré, ausculté,des poils aux os jusqu’aux vagins et ’aux pénis pour certifier de leurs âges et cela par des médecins français ! Acceptons nous accepterons nous encore longtemps , que dans la négociation et l’élaboration de la directive de la honte, le Gouvernement français a fait remarquer à ses partenaires européennes, que la directive avait oublié le cas des enfants scolarisé et des mineurs, grave oubli qui qui a bien sur été rectifié.

La France a un lourd passé en ma matière.

Acceptons nous de renouer avec ce passé et d’être silencieux fasse a ce tsunami vichyste qui parcours de nouveau la société

Depuis plus de 10 ans les lois sur l’immigration, les initiatives de Sarkozy, ministre de l’intérieur et président, ne règlent en rien le problème de cette politique publique, elle ne sert qu’à :
- capter les voix du Front National et des électeurs de de Villiers et cela fonctionne ; à la dernière présidentielle de 1,6 millions voix pris à l’extrême droite.
- répandre la peur dans la société et de lui livrer un point de fixation comme seule réponse à l’ensemble des questions, des appréhensions, des angoisses et des souffrances des populations face aux crises que nous traversons. Le "sans papiers“ “le clandestin“ “l’étranger non blanc non chrétien“ “l’autre“ .

Avant la mise en débat ou place de politiques publiques sur la question : il doit y avoir comme seule réponse la défense de la personne humaine quand celle ci est bafoué et violé sans aucune autre condition. Le coeur , ici n’y est pour rien. C’est le sort de notre humanité qui en dépend.

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