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Les LibDems, l’autre vainqueur des élections locales et l’autre grand parti britannique

vendredi 2 mai 2008, par FrédéricLN

Aux élections locales qui viennent de se dérouler, les deux premiers partis britanniques sont, selon les projections de la BBC, les Conservateurs et les Libéraux-Démocrates. Les LibDems ont aussi, en nombre de sièges et en nombre de conseils locaux, la 2ème plus forte progression après les Conservateurs. Les Travaillistes, au pouvoir à l’échelle nationale, n’arrivent que troisièmes. Un comble dans le seul pays européen auxquels puissent se référer les partisans UMPS du bipartisme !

La politique britannique vue de France se résume parfois à un duel droite-gauche - bien que nos journalistes accordent quelque attention aux nationalistes écossais, à l’extrême-droite anti-européenne, sans parler de l’Irlande du Nord et de ses partis communautaires.

Les électrices et électeurs britanniques ne semblent pas de cet avis ! Aux élections locales, ils viennent de nouveau de placer en 2ème position les libéraux-démocrates ; c’était avec 27% des voix en 2006 selon les projections nationales de la BBC (chaque élection ne concerne qu’une partie des Conseils, comme pour les cantons en France), c’est avec 25% en 2008. Les LibDems voient leur nombre d’élus progresser. Parmi les sièges soumis à renouvellement en 2008, ils en obtiennent 21%.

Jean-Pierre Raffarin semble juger indispensable à la gouvernance locale qu’un parti ait la majorité absolue - comme le scrutin municipal le permet en France - et veut que soit réformé en ce sens le scrutin régional avant que des élus MoDem ne rendent nos régions ingouvernables ? Qu’il prenne exemple sur la démocratie britannique ! Dans 40% des conseils locaux, il n’y a pas de majorité absolue (NOC = no overall control) et la prise de décision demandera aux conseillers de discuter entre eux.

Est-ce un résultat localo-local, les LibDems sont-ils absents des autres élections ? Voire : 22% des voix aux élections nationales de 2005 (+4 points par rapport aux précédentes), 15% aux européennes de 2004 (+2 points).

À propos d’européennes, c’est une échéance plus difficile pour ce parti… pro-européen ? Eh bien, ils la prennent au sérieux : les adhérents ont voté et désigné depuis 6 mois leurs candidats pour 2009.

Toujours à propos d’élection européennes : elles sont un moyen simple de tester si le Royaume-Uni, avec cette montée du tripartisme, est une exception. De tester si la tendance lourde à la progression du bipartisme, dont on nous rebat les oreilles, est en Europe continentale une réalité ou … une construction de le pensée unique rivegauche.

La plus large période de comparaison accessible sur le site du Parlement européen est celle entre 1994 (sur la page 1999) et 2004, en prenant les résultats en sièges par partis nationaux, sur les 14 pays continentaux de l’Union à 15.

J’ai totalisé, dans chaque pays, les sièges des deux partis nationaux arrivés en tête.

Résultat ?

- Le % de sièges recueilli par les 2 premiers partis passe, globalement, de 66% en 1994 à 63% en 2004 ;

- L’évolution n’a rien d’homogène : le bipartisme progresse dans 6 États, recule dans 6 États, est stable dans les 2 derniers.

Le détail ici.

Moralité, M. Raffarin a bien raison… sur un point : pour "favoriser encore le bipartisme", pour s’assurer qu’il progresse, il ne faut pas compter sur les électeurs ; mieux vaut modifier encore et encore le mode de scrutin.


Voir en ligne : Analyse détaillée du scrutin sur Quindi…

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