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Contre la monarchie française, je continue le combat dans le MoDem

mardi 25 mars 2008, par Etoile66

Les départs du Mouvement Démocrate, comme celui de Laure Leforestier (qui reste tout de même à Cap21) expriment un grand doute sur la capacité du nouveau parti de François Bayrou à atteindre ses objectifs - et parfois sur le chemin qu’il prend. Pour moi, le MoDem reste le parti du Tiers-État de Sieyès, le parti d’un peuple qui compte pour rien dans la monarchie française, mais aspire à devenir quelque chose.

Je rejoins tous ceux qui veulent continuer la lutte en interne pour faire définitivement muter ce qui reste d’ancienne UDF dans les têtes. Ce système terrible a noyauté les "élections" au Conseil National, je l’ai vécu en direct : ceux qui étaient partants pour constituer une liste autre que celle verrouillée par l’UDF en Moselle, ont tous été "appelés" par celle qui s’est présentée à Metz comme candidate à la mairie et a fait alliance avec l’UMP en flouant les adhérents locaux - et on leur a demandé de ne pas figurer sur une liste alternative...

Mais je rejoins aussi les propos de François Duran, quand il analyse la situation et de l’avenir de notre engagement :

Pour espérer la victoire, il faut, dans l’ordre,
- 1) une Cause attrayante ;
- 2) une structure de commandement efficace (c’est-à-dire réactive, inventive et absorbante pour intégrer sans difficulté de nouveaux arrivants talentueux) ;
- 3) des troupes à la fois suffisamment disciplinés pour suivre les ordres et suffisamment indépendantes pour proposer d’elles-mêmes des lignes d’opération nouvelles ;
- 4) l’ascendant moral sur l’adversaire, enfin…
- 5) … grâce à une volonté sans cesse fortifiée par la bonne marche des autres éléments.

Tout cela s’interpénètre et provoque un mouvement vertueux qui permettra, éventuellement, d’atteindre la victoire.

François cible parfaitement les objectifs et les nécessités.

Pour moi, la "Cause" n’est pas la possible victoire de François Bayrou aux présidentielles, mais l’émergence, ENFIN en France, d’une force politique qui soit une alternative crédible à ces deux forces qui verrouillent la France depuis des décennies, à vrai dire depuis 1789. Car si la France a décapité un roi, elle est restée profondément monarchique dans ses comportements. Aura-t-on besoin d’une VRAIE révolution pour arriver à casser ces deux blocs qui se passent le pouvoir comme des joueurs d’une même équipe ?

Dans "Au nom du Tiers-État", François Bayrou écrit, je le trouve excellent :

C’est un peuple qu’ils croient sans importance. Presque un peuple en trop. Un peuple gênant...

Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’Ancien Régime.

Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers-état de 1789.

Jamais la phrase de Sieyès n’a paru plus juste :

"Qu’est ce que le tiers état ? Tout.
Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien.
Que demande-t-il ? A devenir quelque chose."

C’est surtout cela que la France a entendu dans son discours, et qui a soulevé un immense espoir. Et je ne suis pas prête à "jeter mon fusil dans le champ de blé" pour reprendre un proverbe imagé...

Je veux me battre avec tous ceux qui ont ressenti ce besoin d’une force nouvelle, originale.

Il faudra se battre contre plein de conservatisme et de carriérisme.

Mais je n’ai pas l’habitude de commencer quelque chose et de l’abandonner en chemin.

Alors pour moi et tous ceux qui se sont exprimés en ce sens, le combat continue, non pas hors du MoDem, mais bien à l’intérieur.



rédigé le 20 mars 2008

Messages

  • partage la même analyse que vous et la même motivation à poursuivre mon engagement au sein du mouvement democrate.

  • Etre démocrate aujourd’hui tout en gouvernant efficacement et justement : c’est possible avec le collectif Ensemble maintenant !

    A très bientôt pour la présentation d’un nouveau projet politique et
    organisationnel pour la Fédération de Paris !

    Ensemble, Maintenant !
    Pour un renouveau démocrate.

    "Au sein de cet environnement instable et turbulent, un seul élément reste constant : le changement." Dalaï-Lama

  • je suis totalement d’accord avec vos réflexions. Il n’est pas question non plus pour moi "d’aller voir ailleurs". Ceux qui freinent l’avancée du MoDem, par frilosité ou par crainte de perdre un peu de "leur pouvoir" au sein de ce jeune mouvement , seraient surement ravis de voir déserter ceux qui ont été séduits par le message de François Bayrou en 2007. 2012 n’est pas si loin et nous avons encore du travail à faire pour aboutir. J’avoue être tout à fait d’accord avec ce rappel du Tiers-Etat : le MoDem est le seul mouvement, actuellement, à donner à celui-ci l’espoir d’être entendu.

  • Complètement d’accord avec toi Danièle. Et je suis d’autant plus admirative de ton engagement soutenu que je sais ce que tu as vécu pour les élections du CN et qui aurait fait jeter l’éponge à plus d’un d’entre nous ! Au lieu de ça, tu te bats pour faire avancer avec pragmatisme notre jeune Mouvement. Tu proposes, tu agis, tu fédères, sans relâche. Avec toi et tant d’autres, je compte bien agir, même dans l’ombre et à petite échelle pour que la politique soit enfin autrement. J’apprends tous les jours combien il est difficile d’avancer même si l’on a des idées, des convictions et de la volonté. Les obstacles ne manquent pas , tant en interne qu’en externe, mais peu importe, seul notre but commun compte ! (PS : j’avais pas vu ton billet, alors que je postais le mien sur e-soutiens :http://e-soutiens.bayrou.fr/remobilisons_nous
    ce qui montre que l’on est sur la même ligne !). Amitiés, Chantal

    Voir en ligne : http://http://modemvarois.over-blog.com/

  • Vous parlez beaucoup de Sieyès qui certes a dit de belle choses. Mais il ne faut pas oublier que, comme beaucoup d’autres, il est aussi allé à la "soupe" : Il est nommé comte d’Empire en mai 1808.
    Je ne crois plus aux gens qui prétendent se dévouer gratuitement pour la bonne cause.

    • Dommage que vous restiez anonyme pour exprimer votre opinion :-(

      Pourtant, dans la société, il y a des MILLIONS de gens qui s’engagent de maniére anonyme.

      Je travaille dans le recrutement international et mon expérience humaine n’est pas faite de coupures de journaux. Car les "journaleux" qui sont la majorité, ne connaissent de l’être humain que ce qui rémunère leurs papiers. Les vrais journalistes, avec une éthique professionnelle et quelque chose à dire, on peut les compter sur les doigts des deux mains.

      Je cite juste un extrait, mais Sieyes n’est nullement mon idole !
      Je n’ai aucune idole, autre que ma conscience...

      On verra combien de personnes écouteront leur conscience dans ce payss détruit moralement qui n’a plus que l’argent comme valeur... et qui se laisse manipuler par la presse sans grande critique...

    • Je corrige :

      Pourtant, dans la société, il y a des MILLIONS de gens qui s’engagent de maniére bénévole.

  • Trés joli article lyrique et historique. N’oublions pas quand même que Seyes (qui répondait à ceux qui lui disait :"qu’a tu fais pendant la révolution ?" "eh bien j’ai vecu ce n’est déjà pas si mal !!" ), dés Brumaire 1799, se mit à jouer un rôle de piètre nanti dans la belle réorganisation du consulat de Bonaparte.

    Le tiers état me fait bien sûr penser au petit peuple des sympathisants et adhérents modem qui doivent exiger au plus vite une représentation qui ait la primauté
    indiscutable sur les "Nobles" de l’ex UDF, lesquels devront se soumettre
    comme tout citoyen à la loi commune.

    Hardis citoyens du Modem, nous avons survécu !! que vienne le temps des conquêtes
    (Pacifiques et démocratiques) !!

  • Chère amie,
    Je suis entièrement d’accord avec votre vision des choses, qui met les points sur les i. La fébrilité électorale passée, c’est sur le contenu, l’éthique, la sincérité et le sérieux qu’un mouvement démocrate soucieux de la vie quotidienne des gens finira par s’implanter durablement et provoquer autre chose que des sourires narquois... Bon courage à vous et à très bientôt, quand j’aurai un peu plus de temps pour intervenir de nouveau plus fréquemment...

  • Avant de combattre la dérive monarchique au sommet de l’état, que faites vous au modem et particulièrement vous, pour ou au moins faire entendre la voix des militants ?

    Voir en ligne : Construire en Mouvement

    • Cher ami, Farid ou Eric, je participe par exemple au niveau local, par exemple cet après-midi à Metz, à une réunion organisée par N. Griesbeck et je compte bien faire entendre la voix des adhérents de ma circonscription qui m’ont dit ne pas pouvoir venir. Car Metz est à plus de 4 h aller-retour du fond de ma circonscription, Thionville où notre dernière réunion départementale a eu lieu est à plus de 4h aller-retour (!)
      Voici d’ailleurs l’ordre du jour de cette réunion :

      Chers Amis,
      Suite aux élections municipales et cantonales, je vous invite à une réunion départementale avec l’ensemble des adhérents et sympathisants du Mouvement Démocrate pour faire le point sur la situation politique locale et préparer notre futur.
      Je vous propose donc de nous retrouver pour cela le :
      SAMEDI 29 MARS à 17H
      2, place Raymond Mondon
      à METZ

      Ordre du jour :
      - Situation politique locale
      - Stratégie du Mouvement
      - Préparation des élections au sein de notre instance départementale
      - Questions diverses

      Comptant sur votre présence.
      Bien cordialement
      Nathalie GRIESBECK
      Député Européen Grand Est
      Conseiller Général de la Moselle

      C’est au niveau local, auprès de gens que l’on connaît, dans les cantons, dans les territoires et non pas juste dans les villes, que l’action se passe... Sur le net, c’est un échange plus large...

      Il y a pour moi plusieur niveaux d’actions :
      - L’action locale par le débat en face à face lors de réunions bien physiques et
      - l’action de réflexion sur le projet de société au niveau national.

      A côté de mon entreprise, je ne vois pas comment je pourrais m’engager davantage. Mon engagement m’a déjà fait subir une baisse de mon chiffre d’affaires d’environ 35.000 € rien que pour l’année 2007...

      Alors, chacun à son niveau et le mouvement grandira petit à petit... si nos idées sont CLAIRES et si notre but n’est pas de faire des "courants" au sein du MoDem, mais d’entraîner la réflexion au niveau national et y contribuant chacun à son niveau et dans la mesure de ses possibilités.

      Voir en ligne : http://www.projetdemocrate.eu

    • Après réflexion sur votre message, je pense que vous m’avez pas tout à fait comprise...
      Ce n’est pas qu’au sommet de l’Etat français que la France est monarchique, c’est dans toutes ses relations avec le "pouvoir", que ce soit un mini-pouvoir local, à l’Ecole, dans l’entreprise, etc...

      Je vais vous donner une exemple qui semble très anodin mais qui est très révélateur :

      Lorsque je suis allée m’inscrire en Préfecture pour déposer ma candidature aux législatives à la préfecture de Metz, je suis arrivée à l’heure d’ouverture, il y avait la queue de personnes qui souhaitaient faire une démarche administrative. Je m’adresse à l’hôtesse d’accueil pour demander où se trouve le bureau des inscriptions pour les candidats. Elle me montre une porte qu’elle ouvre grâce à un système électrique.

      Mes démarches terminées, je redescends et - avant de refaire plus d’une heure de route - je reviens vers l’hôtesse d’accueil pour lui demander où se trouvet les toilettes. Et elle me répond :

      "Là ce sont les toilettes pour tout le monde, pour vous, je vais vous ouvrir la porte, celle par où j’étais passée précédemment, vous en trouverez dans le couloir."

      Voilà, je n’étais même pas élue, j’étais juste candidate et j’étais déjà traitée mieux que "tout le monde". J’ai trouvé cette simple réaction LAMENTABLE et caractéristique de cet esprit servile et docile, habitué à la monarchie, à se courber sans rien dire devant toute personne ayant l’aura la plus faible d’un semblant de pouvoir.

      C’est cela que je voulais dire dans mon article. Ce n’est pas l’Etat qui en est responsable, c’est toute la société. Pour avoir vécu dans le Nord de l’Europe, Allemagne et Danemark, je peux vous assurer que c’est tout à fait différent dans de vraies démocraties.

    • J’ai trouvé une autre illustrations des blocages "aristocratiques" de la société française, sur le blog de Michel Volle (qui a déjà contribué à France-Démocrate), à propos d’un ouvrage ("Qui a ruiné France Telecom") :

      « L’affaire se déroule sur une toile de fond sociologique particulière : on est entre dirigeants, au plus haut niveau : « Le patron de France Telecom tutoie les ministres, vouvoie leurs conseillers et contourne le plus souvent le représentant du Trésor » (p. 169). Dans ce milieu où l’on fait si volontiers l’important les échelles de valeur sont un peu puériles : la légitimité résulte d’un classement qui, la vie durant, tient lieu de titre de noblesse. « J’étais mieux placé que toi à l’ENA, il n’y a aucune raison que je travaille sous tes ordres ! » avait déclaré Michel Bon à Jean-Paul Huchon lorsque celui-ci fut nommé à la tête du Crédit Agricole (p. 170). Des leçons de politesse sont à l’occasion dispensées, avec un doigté dédaigneux, à ceux qui révèlent leur roture en s’écartant de ces bonnes manières. »

      Voir en ligne : Michel Volle, Commentaire sur "Qui a ruiné France Telecom ?"