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Neuf mois de MoDem, le dilemme démocrate

mardi 5 février 2008, par Olivier Berardi

Pendant la campagne des municipales, entre forces centripètes et forces centrifuges, entre des attentes démocratiques instantanées, et les intérêts et conflits des personnes, donnons-nous du temps, de la raison, du respect, de l’imagination et nous saurons construire ce mouvement politique.

Cette volonté d’un Mouvement Démocrate crédible va demander aux adhérents, aux soutiens actifs, et aux sympathisants du mouvement une dynamique de raison où chaque sensibilité est d’une part respectée mais aussi articulée au projet de société que nous souhaitons pouvoir mettre en œuvre au local comme demain au national.

Elle nécessitera que nous acceptions un horizon à l’ensemble de nos attentes.

À cette condition nous saurons faire ce mouvement.

Rome ne s’est pas fait en un jour.

Lors d’élection au scrutin majoritaire à deux tours, nous avons à résoudre une petite difficulté qui est de faire un mouvement cohérent, visible, développant une ligne politique claire et compréhensible pour la population, avec quatre tendances politiques majeures
( % sont des ordres de grandeur) en notre sein :

- Un « centre droit » avec son réflexe pavlovien fusionnel avec le RPR/UMP (40%). Force centrifuge.

- Un centre qui a toujours maintenu une distance réglementaire et plus irrépressible que ce que l’on croit avec le parti de droite hégémonique (10%). Force centripète

- Un « centre gauche » qui est un rassemblement des déçus du parti socialiste ou d’autres composantes de la gauche (verts, radicaux) voir de l’extrême gauche pour une petite minorité.
( 40%). Développe aussi réflexe idéologique avec le PS. Force centrifuge.

- Un pôle d’adhérents abstentionnistes constitué de “déçus des politiques“ dont le vote a été le plus souvent converti dans l’abstention, blanc ou nul. (10%). Force centripète

Aucun autre mouvement politique en France n’est confronté à un tel dilemme ni à un tel défi.

À ces données, se rajoute une vraie rencontre sociétale, entre un homme et des aspirations et des attentes hors du commun.

En effet, les expressions des …
- Ras-le-bol de l’impuissance et des mensonges des politiques
- Frustrations de reconnaissance professionnelle (société bloquée) tout autant que démocratique,
- Classes moyennes (colère de la précarité et de la paupérisation)
- Écoeurements contre les puissances d’argent et médiatique…

… se sont retrouvés et reconnus dans la rhétorique, les propositions programmatiques et la personne même de François Bayrou qui a incarné cet espoir à un moment donné.

Cette cristallisation est porteuse d’exigence démocratique forte et irrésistible qui se traduit par la volonté de réalisation hic et nunc, d’une :
- Circulation et transparence de l’information totale
- Démocratie directe, à tous les étages, et pour toutes décisions
- Prise en compte des compétences et des potentialités de chaque individu.

Elle se traduit aussi par
- une suspicion généralisée des personnes et des expériences passées ou à venir,
- l’assimilation et la confusion entre un apprentissage des pratiques politiques complexes inhérents à la politique, et les usages actuels du jeu politicien,
- un désir d’homogénéité qui peut aller jusqu’à une volonté de trier les personnes.

La question posée à tout adhérent :

Comment articulons-nous cette bouffée de changement et de renouvellement avec la réalité du paysage politique, au local comme au national, dans notre pays ?

Aucun autre mouvement politique en France n’est confronté à une telle exigence vis-à-vis de ses représentants et de ses élus.

Aucune organisation n’est capable de répondre à une telle demande générale, soudaine, et "pure" sans tomber dans une pratique inhumaine.

A ces deux phénomènes vient ce rajouter l’invariant des personnes ; c’est-à-dire, les aspirations, les ambitions, les intérêts, des personnes et leurs corollaires : l’attrait ou le rejet source de rivalités et de conflits entre eux.

Les motivations essentielles qui poussent, sur un territoire, des personnes à se présenter en politique, sont :
- Idéologique (affiliation partisane, mise en œuvre des idées, intérêt général, “servir sa ville“)
- Financière (indemnités, et retour de notabilité)
- Notabilité (surface politique doublée aujourd’hui d’une surface médiatique).

Ainsi la diversité de familles politiques, les aspirations instantanées des adhérents et la personnalisation, voilà le triptyque explosif qui sous-tend l’ensemble des situations que nous rencontrons tous.

Alors les élections municipales avec leurs lots de déception, pour certains, compte tenu des têtes de liste, des alliances passées, ne devraient pas suffirent à déliter le lien entre cet espoir suscité et l’engagement sincère de chacun autour d’un projet.

Comment résister au sentiment de suspicion et de défiance qui se généralise dans notre société, si nous ne commençons pas à le combattre au sein de notre mouvement.

Et que dire de l’ambition de notre projet de société, s’il n’est pas capable de dépasser des dissensions dû à des projets locaux (alors que l’on sait pertinemment que 80% des décisions des conseils municipaux sont votés par l’ensemble de ces assemblées) ou de ne pas être capable de dépasser les conflits de personnes.

Si cela était le cas le questionnement d’une maturité citoyenne devrait être posé sans fard, face à de tel comportement.

Cela est un indicateur fiable du degré de notre civilité.

Dans beaucoup de communes, la sensibilité du mouvement des démocrates sera quelquefois représentée sur trois listes.

Et alors ! ce n’est pas que le Modem soit opportuniste, ou machiavélique. Croire que cette situation est le simple signe de l’état de notre incohérence ou notre indiscipline serait un appauvrissement de la pensée.

Nous sommes plus, qu’aucun autre parti le lieu et le reflet d’une recomposition du paysage politique français.

Cette ligne de renouvellement des positions et des forces politiques nous traverse de plein fouet, et nous en sentons bien les effets.

Si nous sommes les premiers à sentir les vibrations de ce grand tremblement de terre, nous n’avons pas à rougir de nos sensations, ni de la diversité de nos opinions, nous avons, en éclaireur, à organiser et à prévenir le demain de nos territoires.

L’avenir de nos villes, de notre pays, de l’espace européen, gagnera en consistance quand nous cesserons définitivement d’avoir le regard figé sur les codes barres et les étiquettes.

Ce n’est pas le Modem qui ne trouve pas le bon débit, c’est la situation de notre société qui s’est complexifiée.

C’est le corps électoral français qui est divisé en au moins 6 ou 7 pôles, et dont le vote est de plus en plus volatile.

Cette réalité impose, à tous les citoyens soucieux d’appréhender leur environnement, une réflexion et une adaptation à cette évolution, sans vouloir chercher un bouc émissaire.

Cette réalité impose aux deux partis traditionnels, une recomposition générale des forces politiques, qu’elles refusent d’admettre et de comprendre (avec la complicité des médias).

La sauvegarde de notre démocratie est au prix de cette conversion, de cette convergence aboutie et de ce changement de paradigme politique.


Voir aussi sur le même sujet l’article de yann 35.

Messages

  • On ne gagne aucune élection sans élus locaux et sans relais sur le terrain, nous avons besoin d’équipes connues et proches de la vie locale pour diffuser nos idées et nos valeurs. C’est pourquoi, pas seulement les têtes de liste mais ausi tous les colistiers et les militants actifs doivent allez à la rencontre des habitants, des associations et des commerçants pour porter le projet global du MoDem ainsi que les projets locaux. Nous sommes des milliers de porte parole pour toute la France. Il ne faut pas rater cette occasion unique !

    Alexandre BROCA
    Candidat colistier Modem Paris 10ème