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Du Centre à un projet démocrate… et écologique

Lecture de l’article de François Bayrou dans "Commentaire"

, 17 janvier 2008

Vu 1897 fois | 0 commentaire(s) | Noté 4.5/5 par 02 votant(s)

François Bayrou a publié dans la revue Commentaire "Du ’Centre’ au projet démocrate". Pour avoir suivi ses discours, je pense que ce texte majeur rassemble et ordonne toute une année de campagne électorale.

Face à Nicolas Sarkozy qui nous "balance" un projet de civilisation non écrit par lui, et emprunté pour ce qui est du titre à Edgar Morin, ce qui me semble une imposture, François Bayrou a au moins le mérite de la cohérence et de la suite dans les idées.

J’exposerai de manière la plus objective les quatre axes constituant son texte puis évoquerai quelques pistes de réflexion. Par cette démarche je voudrais que l’on puisse se réapproprier ce texte comme une proposition de charte des valeurs, y revenir souvent pour éclairer les décisions quotidiennes.

Avant d’exposer ses quatre axes, François Bayrou constate l’impasse politique du centre coincé dans un rapport géométrique stérile entre la droite et la gauche, sommé de choisir son camp. Il faut sortir de cette référence euclidienne en affirmant un projet de société voire de civilisation autonome, qui ne doit rien à ces deux camps. C’est la condition pour tout compromis possible.

François Bayrou reconnaît une dette historique envers Marc Sangnier, créateur du Sillon, en reprenant sa phrase : « La démocratie est l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun ». Cette citation est la référence ou le paradigme des quatre constituants de sa pensée.

1) Le politique face au citoyen : avec l’avènement de la démocratie télévisuelle le citoyen ne veut plus être berné mais exige la confiance pour donner son consentement. Grâce à Internet notamment, il exigera plus d’informations sur la cohérence du projet politique. Il faut le protéger contre les excès et concentration du pouvoir. En France, la séparation des pouvoirs est la moins protégée : scrutin majoritaire, justice influencée par le jeu des nominations, intimité de l’Etat et du monde économique, dénonciation du capitalisme national. La triple séparation de Montesquieu (législatif, exécutif, judiciaire) doit s’élargir à l’économique et au médiatique. Inscription dans la Constitution du principe du pluralisme, notamment médiatique, condition de toute réussite.

2) Le rapport de l’Etat et de la société : sortir de l’obsession centralisatrice, la France au moindre problème attend tout de l’Etat au détriment du réseau des entreprises, des coopératives, des mutuelles, des associations, des universités. Leur rendre la capacité de décider.

3) Le rapport d’une société à une hiérarchie des valeurs : ce qui domine ce n’est pas tant le libéralisme, mais le principe d’inégalité croissante, qui a été accepté et choisi ; cela heurte les valeurs de notre civilisation. Si l’argent ne va qu’à l’argent ou au vedettariat il ne peut plus avoir de vocation pour l’intérêt général : culture, éducation. Dans la hiérarchie des valeurs comme projet de société il y a d’abord les valeurs matérielles nécessaires, mais les valeurs naturelles, intellectuelles, culturelles, morales sont supérieures. Mais aussi en première ligne, la défense de la vie humaine et de ses compagnes la vie animale et végétale. L’économique est indissociable de l’écologique et du social où doit régner le principe de responsabilité.

4) Le rapport au monde de ce projet d’exigence civique : construire des instruments politiques capables d’imposer l’ordre du monde non de le subir. Au niveau financier sortir du dumping fiscal, de la pratique des états off shore. Pour l’Europe et aussi pour d’autres parties du monde, une politique profonde et sérieuse de fédération de nations moyennes.

Ce projet se situe en contraste avec le projet néo-conservateur et néo-bonapartiste qui vise à séduire l’électeur, et avec le projet socialiste qui propose toujours plus le recours à l’Etat. C’est un projet de société économique basé sur la création, non la demande mais l’offre.

Quelques trop brèves pistes de réflexion :
- le démocrate ne peut se satisfaire d’avoir ou de s’en tenir aux opinions en visant la conscience… quelle rigueur qui en cela correspond bien à l’idée dérangeante d’affirmer une hiérarchie des valeurs … que les mots deviennent des actes pour éviter toute tartufferie…
- Je constate par ailleurs une conscience aigue de l’importance d’internet et de la démocratie télévisuelle… L’importance d’un réel pluralisme... Dommage qu’il n’ait pas dénoncé le monopole de l’Éducation dite nationale…
- La bio diversité bien comprise va dans son sens et ne peut se limiter à la préservation des espèces… La question doit encore aller plus loin en se réappropriant une philosophie de la nature qui manque à notre paysage intellectuel français, nous nous engagerions alors là dans une rénovation de l’écologie politique chère à Corinne Lepage qui ne pourra faire l’économie de ce projet…
- 2008 est une année électorale aux USA : la victoire démocrate est capitale pour le monde, et la naissance d’une réelle Internationale Démocrate s’impose pour travailler en profondeur.


Voir aussi sur France démocrate les réflexions, sur le même texte de François Bayrou et le projet démocrate, de Sébastien Dugauguez, Marie-Anne Kraft et Jean-Marc Chaffringeon, et le projet lancé par Danièle Douet.

Noté 4.5/5 (02 votants)

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