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"La politique du tournis est le contraire d’une vraie politique de réforme"

Voeux de François Bayrou ce 9 janvier

, 9 janvier 2008

Vu 2380 fois | 0 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 04 votant(s)

François Bayrou forme des "vœux d’enthousiasme pour l’avenir, de fermeté dans nos choix", aux journalistes et à plusieurs catégories de personnes dont les "élus, ces temps-ci j’y tiens encore plus que d’habitude…"

Voici mes notes de son intervention :

Pour notre pays, [je fais] le vœu qu’il trouve son chemin en étant rassemblé.

"Confusion"

Nous avons refusé d’appartenir à la majorité nouvelle. Je l’ai fait pour des raisons qui tiennent à l’essentiel.

Tous les jours qui passent, je vérifie ce que cette intuition avait de fondé. les craintes qui étaient les miennes se vérifient les unes après les autres.

Quand on regarde ces premiers mois, le mot qui vient à l’esprit c’est : confusion.

Pouvoir d’achat : on avait dit "pour gagner plus, vous pourrez travailler plus", on a présenté cela comme la résolution des principaux problèmes du pays.

Mais les heures supplémentaires ne se décrètent pas sur décision du salarié.

On a découvert hier que le but était la disparition du repère des 35 heures dès cette année. J’imagine que c’est pour allonger la durée du travail, remplacer des heures supplémentaires payées plus, non chargées et non imposées, par des heures normales payées 25% de moins, chargées et imposées ! C’est travailler plus pour gagner moins ! Un changement complet de politique du travail.

On a dit aux salariés en 6 mois deux choses contradictoires dont la seconde annule la première … improvisations, influences contradictoires, foucades, où est la cohérence ?

Tout cela pose le problème de la méthode choisie pour "réformer".

Tout changer en même temps ? Il n’y a pas un pays où on puisse annoncer vouloir tout changer en même temps.

Les changements qui compte sont peu nombreux mais demandent de grands et durables efforts de pédagogie.

La politique du tournis est le contraire d’une vraie politique de réforme.

Entre "tout est possible", un leurre, et "Les caisses sont vides", c’est la vengeance de la réalité, il ne s’est pas écoulé 8 mois.

"Tout changer" alors que la précédente réforme n’est pas en application, il y a un côté puéril, enfantin dans cette idée … l’idée fausse que dans notre pays, on peut tout décider au sommet. Que le pouvoir d’un seul - ce qui s’appelle "monarchie", il y a des monarchies électives - peut être assez informé.

C’est puéril et régressif pour la société. Les institutions, au lieu de les déshabiller, il faut au contraire les responsabiliser.

Le sens de tout cela :
défaire le programme du CNR de 1944

Au-delà de la méthode, il y a la question du sens, s’il y en a un.

Denis Kessler, ancien n°2 du MEDEF, a publié dans le journal "Challenges" une analyse brève que j’ai trouvée percutante : le patchwork des réformes, personne n’en voit la logique, mais elle existe : c’est défaire méthodiquement ce qui a été fait en France, après la guerre, sur le programme du Conseil National de la Résistance.

Est-ce que ce projet qui fait de la France un môle de résistance dans la mondialisation, est un modèle d’avenir ou un modèle du passé ?

Ces idéaux que, comme famille de pensée et pilier du CNR, nous avons contribué à définir, sont des idéaux d’avenir.

Résister à une société des rapports de force, exiger d’y voir clair, d’être informé, exiger la responsabilité du citoyen, résister par l’éducation, par la culture, par la coopération et le mutualisme, c’est un projet de société et un projet de civilisation.

Il y a une alternative qui va recomposer la vie politique française, et c’est une question de civilisation, une question de valeurs. C’est précisément sur les valeurs que nous sommes en désaccord avec Nicolas Sarkozy.

La France aurait eu besoin d’une politique de vérité, notamment sur la dette.

La France veut la laïcité dans tous les domaines, aussi bien la distinction entre religion et État, qu’entre vie publique et vie privée, c’est le même genre de distinction qui fonde l’idée que nous avons de la République et de la démocratie.

Le Président ne doit pas être l’obligé
de puissances financières

La France veut des règles simples qui protègent le faible contre l’abus de position dominante du fort.

Elle veut que le monde des affaires et le monde de l’action publique soit clairement distingués. Le Président de la République ne doit pas être l’obligé, pour son confort, de l’une ou l’autre des puissances financières ou étrangères qui peuvent y avoir intérêt.

La France veut une diplomatie de résistance et non de complaisance. Je vois plus d’indépendance aujourd’hui, nationale et européenne, chez Angela Merkel que chez Nicolas Sarkozy.

La question de notre démocratie se posera toujours plus.

On ajoute des commissions aux commissions pour que rien de décisif ne change. Sans aucun contre-pouvoir effectif. La Vème République était écrite pour des présidents sages, et c’est aujourd’hui la sagesse qui manque le plus. Les mots sont utilisés pour dire le contraire de la réalité, comme George Orwell l’avait annoncé dans 1984. On dit "politique de civilisation" alors qu’il s’agit d’un abandon de civilisation au profit de la force et de la peopolisation.

Les annonces précèdent la réflexion, le lendemain perd de vue ce qui a été dit la veille, c’est une politique, non du durable, mais de l’éphémère.

Rassembler pour une alternative

Les Français en sont les premières victimes. Le jour vient où les citoyens exigeront des institutions démocratiques, c’est-à-dire les équilibres nécessaires pour imposer la sagesse même à ceux qui en manquent le plus.

Cela suppose des rassemblements nouveaux. Des républicains, démocrates, citoyens de toutes opinions s’interrogent, cela prélude à une demande, à l’attente d’une proposition politique pour que la France retrouve ses valeurs. Je forme le vœu qu’après les échéances électorales locales, dans l’année qui vient, cette proposition politique se forme et s’affine. En tout cas, nous serons au rendez-vous.

Très bonne année à tous !


Notes personnelles, seuls le prononcé et le site officiel peuvent faire foi.

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