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Un conte de Noël

, 28 décembre 2007

Vu 1822 fois | 2 commentaire(s) | Noté 3.4/5 par 05 votant(s)

C’est dans les anecdotes, dans les détails du quotidien que l’on devine ce que pourrait être cette "société décente" qu’à la suite d’Orwell, qu’à l’unisson avec Jean-Claude Michéa, j’appelle de mes voeux.

On recherche toute sa vie le paradis perdu – qui est souvent celui de l’enfance, même quand celle-ci n’a pas été très heureuse.

L’insouciance, le sans-façon, l’absence de surmoi : toutes ces choses que – à moins d’être un grand artiste, sinon on est ridicule pensons-nous – nous devons laisser chez nous quand nous quittons le foyer, toutes ces choses nous les regrettons toute notre vie. Du moins, je les regrette. Car je me rends compte que les civilités sont une spécificité proprement bourgeoise. Chez les ouvriers – j’en viens –, on ne fait pas de manière, on ne joue pas les « Monsieur de… », comme on dit. L’absence de surmoi, la simplicité, le sans-façon qui tourne parfois au sans-gêne sont des spécificités proprement populaires. Je me rends compte que grimpant l’échelle sociale d’année en année, j’ai intégré petit à petit toutes les civilités « bourgeoises » au point – ce qui est souvent le cas chez les convertis – de devenir un intégriste des bonnes manières, ou presque, n’exagérons pas – et d’en oublier ce qu’il y a de bon dans le dit « manque de manière » de la classe populaire.

C’est un Belge qui vient indirectement de me le rappeler, par son message qu’il m’a laissé pour dire tout le bien qu’il pensait de mon site. Moi, l’athée, moi le fils d’ouvriers communistes qui bouffaient du curé, mécréant moi-même, non seulement, j’ai toute ma vie été très proche et influencé par des croyants, mais au Mouvement Démocrate, ceux qui m’approchent, ceux avec qui je m’entends le mieux le plus souvent sont des chrétiens démocrates. Certes, j’ai été un grand lecteur de Bernanos, et j’ai lu quelque part que l’on ne pouvait éviter d’être un peu chrétien au sortir de la lecture de cette auteur. Mais, je crois surtout que c’est mon éducation populaire et influencée par la Belgique proche (je suis né sur la frontière) qui est la cause principale de cet apparentement. Oui, je l’avoue, je regrette cette simplicité, la bonne franquette, comme on dit. Je crois fondamentalement que le nomadisme multiple de notre époque, et surtout celui des générations jeunes et branchées, entraîne notre monde vers de moins en moins de simplicité. Ce n’est pas un hasard si l’on a parlé de village global pour désigner le nouvel espace créé par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Car on sait que les vrais rapports humains, la vraie chaleur humaine ne se trouvent que difficilement dans les mégalopoles froides et anonymes. Certes, le village surveille et connaît tous vos faits et gestes mais il protège et accueille. Il est vrai que les différences et les déviances y sont très mal acceptées et sont souvent synonymes d’exclusion. Mais, la ville écrase et noie l’individu. L’adversité n’est pas la même au village et à la ville, mais il y a toujours et partout un combat à mener pour se faire accepter, la vie est un combat. Et, au final, si l’on perd le combat de la vie, la ville n’aura qu’un seul avantage par rapport au village, qui est celui de nous permettre de nous faire oublier et de mourir dans la solitude et l’indifférence. Belle compensation !

J’arrive à l’anecdote. La veille de Noël, un ami, accompagné de sa famille, a sonné à ma porte sans s’être annoncé. Il faut dire que cet ami est... Libanais et chrétien et démocrate ! Cela m’a frappé car cela ne m’était pas arrivé depuis des années que l’on sonne ainsi à ma porte sans s’annoncer, que l’on fasse comme l’on fait dans ma petite ville des Ardennes d’origine, comme j’avais appris à le faire, comme je l’ai oublié. Je crois que nous Français, et surtout les Parisiens ou les provinciaux convertis qui sont les pires Parisiens (je parle encore de moi), nous aurions tout à gagner à regarder avec moins d’arrogance tous ces peuples francophones qui ont su garder un savoir-vivre que nous avons perdu dans notre prétention à promouvoir l’universel dont nous serions porteurs, un universel théorique fait de droits un peu froids comme le marbre dans lequel on les a gravés. L’universel, il est peut-être plus là, dans cette simplicité avec l’autre, cette absence de calcul dans la rencontre, cette envie d’être avec lui et d’échanger sans arrière-pensées. Mais, c’est peut-être utopique en politique, ça l’est, et c’est peut-être cela que nous voulons au Mouvement démocrate, nous débarrasser de la politique dans nos rapports avec l’autre.

Merci à cet ami d’être venu sonner à ma porte en cette veille de Noël, et de m’avoir offert ce bonheur simple.

Noté 3.4/5 (05 votants)

La réponse de Marie-Anne Kraft

Posté le 28 décembre 2007, à 14h 59mn 33s
Les blogs : nouveaux villages dans la ville anonyme

Moi aussi j’aime les visites impromptues entre amis.

On remarquera qu’avec internet, l’espace géographique tombe et chacun est seul devant son poste ; pourtant on voyage dans le monde entier et on fait de multiples rencontres, sans qu’elles soient trop intrusives car l’anonymat des pseudos et le filtrage des messages via les blogs protègent la vie privée. Les blogs sont de nouveaux villages dans ce monde anonyme, où se dévoilent justement des personnalités inconnues, des artistes, des professionnels, des talents multiples que la vie ordinaire "en ville" n’aurait pas dévoilés au grand jour. Les timides découvrent soudain que par mail ils arrivent à s’exprimer, à parler d’amour, à tempêter et se révolter sur des sujets qu’ils n’osaient pas aborder "dans la vie". Mes deux fils qui se disputaient beaucoup dans la vie se sont mis à jouer et communiquer ensemble, chacun dans leur chambre, par internet ! Du coup ils se mettent à s’entendre et se parler ...

Nous sommes passés d’un monde de proximité physique (les villages, le voisinage) à un monde anonyme, individuel, où l’excès de communication a tué la communication, puis nous revenons à de nouvelles formes de communication et de proximité, moins physiques mais peut-être plus spirituelles, sur des convergences d’affinités, des communautés d’esprit ...

La réponse de Etoile66

Posté le 29 décembre 2007, à 14h 58mn 29s
Les blogs : nouveaux villages dans la ville anonyme

Sauf que... Marie-Anne, j’ai apprécié de t’embrasser et te tenir dans mes bras lorsque j’ai fait ta connaissance "en vrai" la première fois à la sortie du Palais de la Mutualité après la "naissance" du Mouvement Démocrate le 10 mai 2007, la deuxième fois au Congrès de Villepinte...

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