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Stratégie des Démocrates pour les municipales

Une nouvelle façon de conduire la politique et d’impliquer les citoyens

, 24 décembre 2007

Vu 2688 fois | 0 commentaire(s) | Noté 4.2/5 par 010 votant(s)

La stratégie du Mouvement Démocrate aux municipales est aussi claire en terme de contenu que d’alliances. Ses propositions sur la façon de conduire la politique et d’impliquer le citoyen sont discriminantes. Mais quelles sont ses chances d’aboutir ? Une participation citoyenne active passe par l’instauration de règles électorales et politiques différentes.

Les élections municipales ont pour enjeu la gestion de la ville, de la commune. C’est un autre registre que celui des élections nationales, présidentielles ou législatives, qui orientent les grands choix du pays, son projet de société, ses priorités au niveau international ainsi que les moyens d’action qu’il privilégie.

Nos préférences en termes de politique générale orientent bien sûr nos préoccupations locales, mais il nous faut choisir un maire et une équipe municipale selon des priorités concrètes pour la commune :
- infrastructures - écoles, hôpital, services et transports publics de proximité, HLM, crèches, maisons de retraites, routes, carrefours, parkings, pistes cyclables … - en coordination avec la Région et le Département,
- espaces verts, protection de l’environnement local, retraitement des ordures,
- activités culturelles : théâtre et conservatoire, activités artistiques, ateliers,
- activités sociales : réinsertion professionnelle, aide à domicile, entraide scolaire, activités associatives et bénévoles,…,
- sécurité (police municipale, vidéosurveillance,…),
- relations avec les entreprises, leur accueil dans le tissu local, les partenariats,
- gestion locale, financière et administrative (dette, impôts locaux, …).

Lorsque les citoyens réfléchissent sur chacun de ces sujets, ils oublient souvent leur couleur politique.

S’ils s’intéressent au devenir de leur ville, ils ont tendance à voter pour un homme ou une femme, en fonction de sa personnalité et de la confiance qu’il ou elle suscite, ainsi qu’en fonction du contenu programmatique local qui correspond le mieux à leurs souhaits. Souvent, le maire sortant part avec un bon nombre de points d’avance (20% environ) s’il n’a pas fait d’erreur flagrante lors de son précédent mandat. Parfois, les électeurs sont frustrés de devoir choisir globalement une liste inféodée à un parti qui s’impose sans nuances avec tous les choix de son représentant local.

Le mode de scrutin est frustrant

Le scrutin est en lui-même frustrant. Dans les villes de plus de 3500 habitants, le scrutin est par listes, à deux tours, sans panachage. La liste gagnante recueille la moitié des sièges du conseil municipal et les listes ayant réalisé plus de 5% des suffrages se répartissent l’autre moitié des sièges, selon la règle de la "proportionnelle à la plus forte moyenne". La majorité absolue - et en pratique, plus de 70% des sièges - revient donc à la seule liste arrivée en tête.

Les citoyens ont délégué pour six ans leur pouvoir aux conseillers municipaux ; et ont tout au plus le droit d’assister silencieusement aux conseils municipaux. Ils peuvent contacter des conseillers pour tenter de les faire intervenir, mais cela n’assure ni la motivation de ces derniers à le faire, ni un résultat effectif.

Le jeu de ces élections municipales est également faussé, troublé, par d’autres considérations : les futurs élus municipaux sont des grands électeurs, ils élisent au suffrage indirect les sénateurs. Les sénateurs en place ont donc souvent leur avis sur les candidatures aux listes municipales de leur parti. Lorsqu’il apparaît évident qu’un autre parti dominant l’emportera, il est peu rentable pour le sénateur de s’activer pour promouvoir la liste de son propre parti.

Il arrive aussi que des personnes qui bénéficient, grâce à la municipalité en place, d’avantages (logement social ou de fonction, emploi para-municipal rémunéré), soient incitées à s’inscrire à un parti, pour y faire pression de l’intérieur, ou pousser à la désignation d’un candidat autre que celui préféré par les vrais militants (expérience vécue !). Tous les coups sont permis dans le monde de Machiavel !

Pour ces différentes raisons, la manière dont sont aujourd’hui conduites les élections municipales est mal appropriée aux besoins de la population.

Et si nous proposions de nouvelles règles ?

- Une élection complètement proportionnelle des listes,

- Chaque liste établirait un programme d’orientation et l’électeur noterait chaque thématique, sur une échelle de 1 à 4 (par exemple 1-pas d’accord, 2- pas favorable, 3- plutôt d’accord avec réticences, 4- d’accord). Ainsi, on pourrait donner la synthèse des propositions thématiques de toutes les listes composant finalement le Conseil et faire ainsi un programme commun consenti sur des thématiques optimisant l’intérêt général. Un électeur qui ne serait pas d’accord avec tous les thèmes de sa liste favorite pourrait ainsi nuancer ses préférences. Cela compliquerait un peu le scrutin mais un traitement par lecture automatisée de grilles permet facilement de le faire.

- Le Conseil devrait systématiquement informer publiquement, par affichage ou distribution en accueil de mairie et par Internet, les habitants de la commune des dates des conseils, de l’ordre du jour, des comptes-rendus, ainsi que des projets en cours, des décisions importantes à venir, et leur donner un droit d’expression.

- Les villes devraient toutes avoir un site Internet, informer les internautes (les habitants auraient un mot de passe pour accès privilégié) et gérer un espace public de forum, permettant aux internautes résidant la commune de poser des questions et donner leur avis. Les séances du conseil, qui sont publiques, devraient être filmées et rediffuser sur internet. Cela éviterait certains comportements déplacés et certains propos parfois insultants au conseil municipal.

- Enfin, le conseil devrait respecter une charte éthique, garantir la transparence de l’information, ne pas tomber dans les combines électorales, le chantage, la compromission, l’octroi d’avantages à certains en échange de voix,…

Certaines de ces propositions nécessiteraient une modification constitutionnelle du mode électoral (ce n’est donc pas pour tout de suite), d’autres peuvent aisément s’appliquer pour le prochain mandat.

Les citoyens seront certainement très sensibles aux propositions des Démocrates sur la manière de conduire la politique et de gérer la commune, si elles leur sont bien communiquées.

Avancer ces idées
dès aujourd’hui

La transparence de l’information pour le citoyen, la prise en compte de l’avis de ce dernier sur les thématiques, même en cours de mandat, bref, une autre façon de conduire la politique municipale, doit faire partie intégrante du programme municipal des Démocrates. Il peut d’ailleurs constituer une marque discriminante de l’approche du Mouvement Démocrate, les thématiques étant quant à elles plutôt propres à chaque ville selon les circonstances, rendant donc difficile un positionnement global au niveau national sur le contenu programmatique. C’est d’ailleurs le cas aussi pour les autres partis, auxquels pourtant on ne reproche curieusement pas un manque de stratégie, alors même que l’UMP sème la confusion en présentant des listes « d’ouverture » avec des candidats socialistes dès le premier tour …

De même que la question, obligée dans ce mode de scrutin à deux tours, des alliances pour composer une liste commune de deuxième tour, relève à la fois de l’entente entre des hommes et des femmes, et du programme propre à chaque ville… mais non d’une alliance systématique avec l’un ou l’autre des clans dominants.

Il est important de présenter, autant que possible, une liste autonome démocrate au 1er tour, puis d’envisager l’alliance seulement au second tour, sans avoir anticipé cette dernière.

C’est la seule façon de garantir notre visibilité, de faire connaître notre nouvelle façon de faire de la politique, de préserver nos marges de négociation avec nos ex-concurrents qui seront nos futurs partenaires. Même si cela en embête plus d’un - car notre force électorale constitue souvent le poids qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Paris, Lyon et Marseille, villes avec arrondissements, ont les mêmes règles pour chaque arrondissement ; mais en plus, les Conseils d’arrondissement élisent une mairie centrale avec son conseil

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