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Aux municipales, ouvrir des possibles

, 20 décembre 2007

Vu 2213 fois | 2 commentaire(s) | Noté 4.1/5 par 09 votant(s)

Notre alliance avec la liste de Xavier Dullin (UMP) sur Chambéry, et dans bien d’autre endroits en France, ne reflète pas tout à fait nos sensibilités. Mais dans notre soif de justice et de vérité, ne confondons pas l’éthique et la politique. Nous avons à nous inscrire dans un temps qui est plus long que nos désirs, à bâtir des compromis, pour avancer et réaliser. Et dans cette marche, nous avons besoin les uns des autres.

La politique n’assure pas le bonheur des gens, elle ne donne pas le sens des choses, elle interdit ou elle permet, elle rend possible ou impossible. Elle ouvre des possibles.

- Michel de Certeau (philosophe, sociologue, psychanalyste, jésuite, ami de Foucault, de Lacan, chambérien de naissance)

Beaucoup d’adhérents démocrates sont tristes, déçus, voire en colère, de la tournure que prennent les événements politiques en Savoie suite à notre alliance avec la liste de Xavier Dullin sur Chambéry, et dans bien d’autre endroits en France : elle ne reflète pas tout à fait nos sensibilités, dans le fond comme sur la forme.

Certains d’entre nous, ont été attentifs à la ligne d’indépendance de l’UDF voté au Congrès de Lyon en janvier 2006, et ont approuvé les motions de censure du gouvernement Villepin.

Beaucoup d’entre nous avons été conquis par les discours de François Bayrou aux élections présidentielles, et par l’élan et l’espoir que cela a suscité auprès des millions de citoyens compte tenu de l’urgence des réponses, et des solutions apportées aux fractures que nous vivons au quotidien.

Quelques-uns ont décidé d’adhérer à ce nouveau mouvement, d’autres de s’engager plus activement pour donner de la consistance aux projets politiques locaux.

À tous, la mort dans l’âme, je me permets de vous dire :

François Bayrou a perdu l’élection présidentielle.

Nous avons bel et bien perdu cette première bataille, pour beaucoup, au fond de nos cœurs et dans nos intelligences, nous avons du mal à l’admettre.

Nous devons prendre pleinement conscience de cette dure réalité, comme dans le conte des « mille et une nuits », où le sultan Shâriyâr, au petit matin interrompt le récit de sa jeune femme, par sa mise à mort.

Le couperet de la Vème république est passé, les dégâts sont là, considérables, et ce n’est pas fini. Notre système politique est fait de telle façon, que ce temps présidentiel, commande tous les autres temps. Cette clé permet ou interdit les conditions des possibilités.

Pour nous simples citoyens, que pouvons-nous y faire ? Pour ma part je n’ai pas d’autre réponse à faire que de rester groupés et de résister à la tempête.

Cette situation nous impose une nouvelle réalité institutionnelle pour 5 ans, que nous ne voulons pas voir mais que nous ne pouvons pas empêcher, car si elle n’est nullement représentative (75% n’ont pas voté pour ce président), elle est démocratiquement légitime (53% des suffrages exprimés).

Ce n’est jamais un blanc-seing donné aux pouvoirs en place. Les contre-pouvoirs existent aussi bien sous forme politique que dans les mouvements sociaux.

Pourtant pour tous ceux nous soutiennent ou qui ont franchit la porte de l’adhésion, ainsi que celle de la rue des écoles, un nouveau chemin commence.

Nous nous sommes côtoyés depuis des mois dans des groupes thématiques divers et avons appris à nous connaître, à nous respecter et surtout à bâtir ensemble un projet politique local.

Ensemble nous avons participé nombreux, de près ou de loin avec enthousiasme à la naissance de ce nouveau parti politique au congrès des 1 et 2 décembre 2007 :

Le Mouvement Démocrate.

Ceci est aussi une réalité, elle est nouvelle, portons-la tous ensemble. Ne nous retournons pas les uns contre les autres, en nous auto-accusant, en nous auto-mutilant. Les deux partis adverses, qui manipulent et monopolisent la scène politique en France, n’attendent que cela.

Les Français nous regardent, et attendent. Ils nous observent et ils nous suivront, si nous sommes en mesure de surmonter les difficultés qui sont devant nous. Bâtissons un mouvement qui soit « pour » et « avec » et non contre.

Quelle prétention aurions-nous, demain, de gouverner la France, en se voulant la force du rassemblement si au sein même de notre organisation nous ne sommes pas capables non de taire nos dissensions, mais de regarder ensemble dans la même direction, de s’accrocher et de croire à notre projet de société.

Nous sommes bien là, sur cette route, pour la constitution d’une force politique locale, nationale, pour les décennies à venir. Nous ne sommes nullement homogènes, mais riches de nos diversités et nos gènes ne sont pas à contrôler. La nature de nos collaborations, la constitution de notre association, ne sont pas prédéterminées, mais sa culture est à construire, avec tous ceux qui authentiquement veulent que, coûte que coûte, cet Ensemble existe.

Ce ne sont pas que des mots. Si du surgissement de l’internet est sorti un nouvel espace de parole, il n’est pas encore, par la simple volonté de notre désir un espace public, un espace humain à part entière.

La vie se déroule encore dans des espaces où les corps et les âmes se rencontrent, en chair et en os, où les odeurs se mêlent, où les voix tonnent, où le visage de l’autre nous imprime son humanité.

C’est dans ce lieu, où les corps se confrontent aux autres, aux objets et au milieu et s’y engagent continuellement, que se bricole et se fabrique une parole, une dynamique politique.

La volonté de créer une liste indépendante à Chambéry a été énoncée, voulue par certains, j’étais l’un des plus ardents (cette position ne nous épargnait pas, d’ailleurs, la question de l’alliance au second tour). Mais elle n’a pas été portée d’une façon assez forte pour qu’elle dépasse la figure de la belle idée.

Cette énergie n’a pas existé. Cette volonté n’a pas été incarnée.

Les choses n’adviennent pas simplement parce que nous les souhaitons.

Il faut avoir parcouru les territoires en Savoie pour prendre la mesure de la différence entre l’incantation, et la réalité de vie des citoyens et de nos adhérents.

Nombreux sont ceux qui nous soutiennent et peu, pourtant, sont partants pour prendre des responsabilités qui les engagent et les exposent à la vie publique. Il faut du courage, de la conviction, compte tenu de la cote des élus politiques auprès de la population, pour s’afficher et porter une liste municipale.

Nous ne pouvons improviser ce moment essentiel de la vie démocratique de notre pays.

Les électeurs demandent de la crédibilité. À Chambéry, en 2007, cette crédibilité n’a pas existé.

C’est une réalité. La faute n’est ni à "pas de chance", ni celle de nos élus. Cette réalité était inscrite dans la situation, dans le contexte, et dans les conditions de l’émergence nouvelle de notre mouvement.

Ménageons les individus et nous-mêmes, d’ailleurs cela ne nous sera guère difficile, puisque nous avons le mot d’humanisme constamment à la bouche.

Ne doutons pas que cette opportunité sur Chambéry puisse émerger plus concrètement, plus sérieusement dans 6 ans.

J’en suis conscient comme vous tous : des difficultés, des faiblesses, des forces au sein même de notre mouvement nous freinent, nous écartèlent, tentent de nous dévier de notre trajectoire.

Dans notre pays, la réponse ne se trouve pas dans une alliance avec la droite ou avec la gauche. La solution n’est ni le ralliement, individuel ou groupé, de quelques-uns à gauche, parce qu’une direction locale a convenu un accord avec la droite ou vice-versa, ni dans la tentation de faire le tri, ou de couper les têtes.

Ce serait, selon moi, le degré zéro de l’organisation et de l’intolérance.

Nous sommes le vent, nous n’avons pas la vocation de la girouette.

La réponse se trouve dans notre projet de société, que nous devons mettre en œuvre sans attendre, par capillarité et dans une stratégie de conquête de zone d’influence.

Nous devons desserrer l’étau des deux grands partis, et au local qui n’est pas le national, mettre en pratique une partie de nos idées, pour apporter des solutions à nos concitoyens.

Nous devons prendre conscience que le projet que nous portons est une ambition plus grande que nos prétentions individuelles ou nos goûts personnels.

Les groupes locaux, maintenant constitués, serviront d’appui pour nos élus et d’aiguillon demain quand cela sera nécessaire.

Nous sommes un mouvement jeune et impatient, ce qui est positif. Acceptons cependant d’avancer en apprenant comment faire de la politique autrement.

Refusons les querelles de personnes et les mesquineries contingentes Acceptons cet apprentissage des savoir-faire, des pratiques politiques. Refusons que les rapports humains ne soient que des rapports de pouvoirs. Apprenons la maturité d’un comportement politique qui est complexe, multi et pluri-factoriel.

Dans cette soif de justice et de vérité ne confondons pas l’éthique et la politique. Le débat en sera plus clair, les positions plus tenables, les hommes et femmes plus respectées.

Nous avons à nous inscrire dans un temps qui est plus long que nos désirs. Nous avons à agir avec virtù et saisir des occasions, pour que nous sourie la fortune.

Nous avons à bâtir des compromis, pour avancer et réaliser…..puis faire des compromis pour réaliser et avancer….puis faire des compr…au final cela ne devrait pas être trop difficile, puisque c’est la définition même de la vie. La politique est dans la vie, pas au-dessus.

Nous avons besoin les uns des autres, car nous avons tant de choses à faire ensemble.

Olivier Bérardi, responsable MoDem des territoires de Chambéry

Noté 4.1/5 (09 votants)

La réponse de michel haudry

Posté le 21 décembre 2007, à 00h 30mn 54s
Aux municipales, ouvrir des possibles

Cher Olivier, tu commences par Certeau, et finis par une allusion à Machiavel...Laissant vaguement entendre au fil de ton propos que Machiavel lu par Sade est plus malin que Machiavel lu par Rousseau. La virtù, le caractère des hommes résolus, n’indique des actes différents de ceux de la vertu que parmi les pervers. Le Prince, disait notre concitoyen peut être le manuel des Républicains, en effet, comme on le montrera. Il peut être aussi le manuel de ceux dont Sartre disait qu’ils sont animés par la mauvaise foi, et qu’il appelait, comme on sait des s...

Utiliser une pensée honnête pour défendre des pratiques qui ne le sont pas, cela se faisait déjà du temps de Tite Live, comme en ses Discorsi le Florentin le montre. Ceux que tu crois tes alliés ne le sont pas, ils ne sont mus que par les passions communes de l’argent, du pouvoir et des honneurs, ils méprisent la philosophie. C’est parce qu’ils sont cependant puissants qu’il faut apprendre à ne pas toujours vouloir le bien d’autrui... afin de ne pas périr.

La réponse de Manu

Posté le 26 décembre 2007, à 09h 45mn 54s
Aux municipales, ouvrir des possibles

Bonjour, Electeur de Bayrou au premier tour, je suis extrêment déçu de l’alliance sans concession du MoDem à l’UMP à Chambéry et Aix-les-Bains. Ce n’est plus des alliances, mais de la soumission ! Je suis atterré d’avoir vu le MoDem se ridiculiser dans le Dauphiné (suite au courrier de Bernadette Laclais sur les rendez-vous manqués par les représentants chambériens) et de voir un parti qui se veut démocrate soutenir un conseiller régional autrefois soutien de la majorité FN - RPR, toujours sans remords, toujours sans changement.

CQFD je voterai aux deux tours Bernadette Laclais, candidate du PS et du rsete de la Gauche, contre le candidat de droite.

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