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Les municipales et l’avenir du MoDem

Panorama et perspectives données par les 10 plus grandes villes

lundi 17 décembre 2007, par Jérôme Charré

15 jours ! Cela fait à peine quinze jours que le Mouvement démocrate est officiellement créé. Ces quinze jours, si court laps de temps pour la vie d’une formation politique, ressemblent, pour beaucoup, à près de trente ans.

Sur de nombreux blogs, on peut lire déconvenues, déceptions, désillusions. Pour un mouvement qui vient à peine de naître et qui ambitionne, à juste titre, d’être le mouvement du XXIe siècle, il y a de quoi s’interroger.

Déjà le déroulement du Congrès fondateur a fait grincer pas mal de dents dans la blogosphère démocrate (ou MoDemosphère), dont les miennes. Les municipales seront sans nul doute un test pour notre toute jeune formation politique.

D’abord, le MoDem aura selon les cas de figure trois options : présenter une liste autonome, s’allier avec l’UMP, ou s’allier avec le PS. C’est le seul mouvement politique qui pourra faire le choix de son alliance au premier comme au second tour. Aucun autre parti n’aura cette chance. Néanmoins, ce choix doit reposer sur le programme et le projet municipal, ainsi que sur la personnalité avec qui nous nous allierons ou non.

Il y a 36 000 communes en France, mais comme toujours, nous nous focaliserons sur les 50 plus grandes villes, sinon à peine les 10 principales : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Rouen, Nantes, Lille, Nice.

Or, pour ces dix grandes villes, les choses ne sont pas simples, loin de là. Et il semble que deux intérêts divergent. A Paris, Strasbourg, Nantes, Lille et Nice, le MoDem présente des listes autonomes, la question se posera donc au second tour.

A Lyon, il y a deux points de vue : le premier défendu par Michel Mercier, qui me semble en partance, est de s’allier avec Dominique Perben dès le 1er tour pour conserver la présidence du Conseil général, alors que les nouveaux adhérents comme le groupe Génération démocrate sont partisans d’une liste autonome, et éventuellement de pencher vers Gérard Collomb au second tour. Le retrait d’Azouz Begag de la primaire laissait penser que la première option l’emportait, mais François Bayrou a confirmé la présence d’une liste autonome.

A Marseille, c’est l’ancien Vert Jean-Luc Bennahmias qui a été désigné pour mener la liste MoDem, au détriment de Jacques de Rocca-Serra. Il s’agit là d’un signe d’ouverture à ceux, très nombreux, du MoDem qui ne viennent pas de l’UDF.

A Bordeaux, c’est le choix tactique du donnant-donnant qui on l’espère sera gagnant-gagnant. Ainsi, le MoDem s’allie avec Alain Juppé en échange d’un coup de main contre la manoeuvre d’Yves Urieta et de Nicolas Sarkozy à Pau.

A Rouen, c’est la tentative, à mon avis morte-née, de récupérer Pierre Albertini et les intérêts personnels de la sénatrice Catherine Morin-Desailly qui ont fait pencher la balance en faveur d’une alliance dès le 1er tour.

A Strasbourg, la hache de guerre entre trois tendances du MoDem semble pour l’instant enterré par l’intervention de François Bayrou.

Et enfin, à Toulouse, c’est le flou qui l’emporte.

Dès lors, les municipales nous forcent à nous interroger sur le vivre-ensemble au MoDem et sur l’intérêt général du mouvement. Nous devons avoir le plus d’élus possible, mais le faut-il au prix d’une énième rechute dans l’alliance systématique ? Pourquoi négligeons-nous à ce point les élections cantonales ? Le MoDem va-t-il résister aux municipales ?


Voir en ligne : Discuté sur jerome-charre.fr



Analyse publiée le 16 décembre sur jerome-charre.fr

Messages

  • « à Toulouse, c’est le flou qui l’emporte »

    C’est un peu court comme résumé de la situation toulousaine.
    Il y a un candidat investi (Jean-Luc Forget) pour conduire une liste modem autonome. On peut regretter, pour son manque de clarté, la méthode qui a conduit à la situation actuelle mais on ne peut pas parler de flou.

    Voir en ligne : http://barrejadis.azeau.com/

  • L’article de Jérôme me paraît traduire un moment d’émotion et d’interrogations que l’on rencontre effectivement sur les blogs. Il est cependant pessimiste.

    Je rappelle ce que j’ai écrit sur mon blog : listes autonomes : Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Rennes, Strasbourg, Boulogne-Billancourt au moins, soit la plupart des plus grandes villes, plus une grande quantité de villes plus moyennes, ce n’est pas négligeable.

    Reste que si nous avons envie que nos listes soient en position de négocier convenablement des accords de deuxième tour (quelle qu’y soit leur position), nous avons plutôt intérêt maintenant à les pousser qu’à les basculer.

    Sur le fait que ça penche un peu trop à droite, j’ai la même impression, mais je crois que nos candidats sont démocrates et qu’ils sauront écouter les électeurs.

    À Rouen, la situation est tendue et Bayrou doit se saisir de l’affaire.

    Voir en ligne : jour-pour-jour

  • A Laval, le fief du sénateur Jean Arthuis, toujours un flou , pas vraiment artistique, qui commence à nous peser. Le sénateur UDF François Zocchetto a fait allégeance au maire sortant UMP, donné perdant ! Et ce, sans investiture. Nous sommes quelques uns à avoir réagi ! Bruno Bertier (Cap 21) a accepté, F. Zocchetto l’ayant refusé, d’être à la tête d’une liste indépendante à Laval : il a rencontré des responsables à l’occasion du congrès, a envoyé le CV qu’on lui a demandé... et toujours pas de réponse de Paris ! Va-ton nous annoncer que dans ce département, où François Bayrou fait de très bons scores, il est possible de faire exister le Mouvement Démocrate, ou nous imposera-t-on une alliance contre nature pour ménager la susceptibilité d’un sénateur qui n’a pas prouvé son attachement aux idées de François Bayrou et à son projet d’espoir ? Nous attendons des décisions rapides et cohérentes ! Qu’enfin les décisions soient conformes au discours de François Bayrou qui disait, il y a peu de temps, "des listes indépendantes partout où c’est possible", à Laval, par exemple !

    Cordialement
    Marie