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De la démocratie à l’efficacité

L’adoption express des Chartes version Bayrou au Congrès de Villepinte

, 4 décembre 2007

Vu 1708 fois | 2 commentaire(s) | Noté 3.5/5 par 02 votant(s)

L’extraordinaire travail de François Bayrou lors du congrès du MoDem, qui a mouillé sa chemise toute la journée de samedi et dimanche matin, lui a permis d’aboutir à des statuts cohérents et des chartes lui ressemblant. Il a clairement choisi l’efficacité au détriment de processus plus démocratiques.

Dimanche matin, le congrès reprend en apportant quelques modifications aux chartes. Comme la veille, François Bayrou dirige de main de fer les interventions. Gare aux militants qui prennent la parole pour dire quelque chose hors sujet. Ils sont mouchés.

La salle est sollicitée pour valider les modifications proposées par le président, qui rédige à la volée les reformulations et les soumet au vote dans la foulée. Ce fonctionnement directif est évidement le plus efficace, mais pas forcément le plus respectueux, certaines mauvaises langues diront pas forcément le plus démocratique.

François Bayrou a poussé ce mode de fonctionnement à son maximum en faisant adopter une charte des valeurs qu’il a lu à la tribune, différente de celle distribuée aux membres du congrès. À la question de savoir pourquoi, il a répondu que le document de synthèse des travaux sur cette charte, à force de réécriture, était du marshmallow grammatical. La salle a bien sûr voté le texte, à une écrasante majorité, mais avec pour une fois une minorité réelle de contre. Je n’ai pas pris part au vote étant à la table de presse pour rédiger ce billet, mais je l’aurais voté. En fait j’aurais voté pour l’idée que François Bayrou a de cette charte, qui me convient, mais la méthode est limite. Doit-on, parce que le chrono tourne, parce que le président dispose d’un soutien indéfectible des militants, parce qu’il faut nécessairement être efficace pour avancer, doit-on naviguer à la limite des principes démocratiques ?

J’aime à penser que ce fonctionnement directif ne sera pas le fonctionnement par défaut. Je le tolère, je le défends même, parce que je vais dans le même sens que François Bayrou, à la recherche d’efficacité pour ce Mouvement Démocrate qui a déjà trop attendu pour se mettre en ordre de bataille, mais une fois notre mouvement organisé, je voudrais qu’il ne soit plus nécessaire d’avoir recours à ces fonctionnements.

CedricA (Version initiale de ce billet)

Noté 3.5/5 (02 votants)

La réponse de Phil1968

Posté le 4 décembre 2007, à 14h 04mn 33s
De la démocratie à l’efficacité

Je crois que François Bayrou n’était pas enthousiasmé par cette discussion sans fin sur les statuts. C’est une grave erreur d’avoir mis l’accent sur les statuts pour la création de notre mouvement. Alors que les Français attendent des réponses à leur interrogation sur le pouvoir d’achat, on a offert le spectacle d’enc... de mouche qui se chamaillent pour une histoire de virgule à la deuxième ligne de l’article 6 ! On a loupé une belle occasion de montrer que nous étions proches des gens. On a fait une réunion de notaires quand il s’agissait de mettre du nerf et du sang dans notre mouvement. On est en train de tomber dans l’un des travers de notre modernité : l’asservissement au droit, le droit qui régit nos rapports avec les uns et les autres et c’est sous l’auspice du droit que nous avons créé le Mouvement Démocrate. Mauvais présage. Pour illustrer mon propos, je ne résiste pas à l’envie de vous faire lire une note qui se trouve dans l’ouvrage de Jean-Claude Michéa L’Enseignement de l’ignorance. C’est moi qui souligne. « Une fois n’est pas coutume », dit la sagesse des peuples. C’est cette plasticité constitutive qui différencie ce que veut la coutume (par exemple fêter un anniversaire) et ce qu’exige le droit (par exemple respecter le code de la route). Naturellement, cette plasticité de la coutume risque toujours de conduire à des « arrangements » avec le droit qui peuvent ouvrir la voie à la corruption. Mais si, pour ces raisons, les exigences variées de la coutume doivent en principe être subordonnées aux impératifs égalitaires du droit, celui ci doit être seulement conçu comme, d’une part, le cadre général des relations humaines concrètes et, d’autre part, comme l’ultime instance à laquelle on doit se référer lorsque les différends et les conflits ne peuvent plus être réglés aux niveaux primaires de l’existence sociale. Quand, par conséquent, le droit en vient à fonctionner d’emblée comme un recours normal, voire préalable quand, en d’autres termes, la menace de procès réciproques devient une forme ordinaire de la civilité on entre alors dans le règne des individus procéduriers et dans la tyrannie du droit. C’est précisément ce qui a lieu chaque fois que progresse la modernisation marchande de la vie. En détruisant systématiquement les traditions et les coutumes qui étaient l’horizon historiquement donné des transactions quotidiennes le système capitaliste tend progressivement à ne laisser aux individus, pour régler leurs différents litiges, que deux modalités majeures : la violence et le recours systématique au Tribunal. Telle est la manière moderne de vivre que les États Unis expérimentent depuis déjà longtemps, et à laquelle, par conséquent, nous allons devoir bientôt apprendre aussi à nous plier ; si, du moins, nous ne faisons rien pour conserver la maîtrise de notre propres destin.

La réponse de Cédric Augustin

Posté le 5 décembre 2007, à 14h 29mn 53s
De la démocratie à l’efficacité

On dit souvent "le diable se cache dans les détails". Il ne faut pas oublier que les statuts définissent les rapports de force au sein du parti et ce n’est pas rien. Donc empapaouter les mouches peut être légitime si on n’abuse pas trop. L’illustration était la discussion autour des articles 8, 9 et 10 de la version 2 des statuts qui ne donnaient aucun pouvoir de contrôle aux adhérents. Je suis personnellement adepte du contra de mariage que l’on range au fond du tiroir, mais dans lequel on a déjà envisagé le divorce. C’est chiant à écrire, mais le sujet peut être tranquillement oublié ensuite. Même si Bayrou n’était pas enthousiaste, le résultat est positif.

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