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Démocrates face à la poudre aux yeux

Au débat de politique générale de Seignosse, 14 septembre 2007

mardi 18 septembre 2007, par FrédéricLN

Le débat se concentre sur des enjeux moraux, sur une demande de vérité. Une exigence partagée par le millier de militants présents, comme par les personnalités à la tribune.

Les débats bon enfant avec la salle, au micro baladeur, sont une vieille habitude à l’UDF. Le public allait-il devenir plus remuant au MoDem, à Seignosse ? Ce vendredi 14 au soir, c’est l’inverse. La vivacité est à la tribune, le micro peu demandé, sinon par des "originaux".

Gilles, "inventeur par vocation, pas par métier", annonce une mauvaise et une bonne nouvelles sur le sarkozysme : "Une fois que la poudre aux yeux va être dissipée, nous allons nous rendre compte que nous allons droit vers une dictature. La bonne nouvelle, c’est qu’on le sait !"

"C’est de la poudre aux yeux", avait dit auparavant le sénateur Philippe Nogrix, au sujet du "service minimum dans les transports, tel que proposé par le gouvernement : c’est un leurre ! ça se résume au ferroviaire en Ile-de-France, il n’est pas question du reste …"

Autre "leurre", "monstrueux" selon un militant de Neuilly-sur-Seine : "l’abandon de la carte scolaire".

En termes policés, le sénateur Michel Mercier sonne l’alarme : "La réalité de la politique gouvernementale fait l’objet de bien moins de débats que les apparences. L’état des comptes, on en a parlé jusqu’à l’élection, et depuis, plus du tout ! La France est le pays qui décroche le plus en termes de croissance… Le commerce extérieur n’a jamais été aussi catastrophique. La réalité va finir par apparaître. Il faudra un plan de rigueur, et pour ça, il faudra des gens de caractère au gouvernement …"

Marielle de Sarnez rappelle le défi des retraites : "Les régimes spéciaux concernent 7% des salariés, ce n’est pas en réglant cette question qu’on résoudra le problème !"

Jean-Luc Bennahmias déplore le comportement de Paris en Europe : "Faire croire que le traité simplifié est une initiative française est une grosse erreur par rapport à nos partenaires". Mais au moins, "si on arrivait, au Grenelle de l’environnement, à ce qu’il sorte des choses concrètes, on aurait un objet bien identifié et positif".

Corinne Lepage voit aussi du "positif : des sujets tabous ont été abordés, les régimes spéciaux, le projet euro-méditerranéen. Mais nous vivons dans un état anesthésié. Il n’y a plus de critique, de débat possible". Alors que les orientations sont aberrantes : "Un régime présidentiel ? je suis plutôt pour, mais ça veut dire un pouvoir législatif, un pouvoir judiciaire, un pouvoir médiatique indépendant, et on n’a rien de tout ça ! On a le paquet fiscal et en même temps la franchise sur la Sécurité sociale ! En matière de Justice, une n-ième loi répressive, et on parle de dépénalisation du droit des affaires ! Alors que la France est mal classée par Transparency International … ce n’est pas possible !"

Vifs applaudissements dans la salle : elle semble à l’unisson des personnalités sur une exigence morale qui va avec une exigence de vérité.

Une militante de Lourdes demande "que pense le MoDem" alors que "Brice Hortefeux va être obligé de reconduire 25000 immigrés aux frontières". François Bayrou répond :

"Quand il s’agit d’êtres humains, on ne parle pas de quotas. Je suis pour la rigueur, j’ai moi-même évoqué la suspension du droit du sol à Mayotte et en Guyane. Mais on parle de quotas pour les choses, pas pour les hommes. Deuxièmement, qu’est-ce qu’il y a de vrai dans tout ça ? Sur une année, il y avait 11000 "expulsés" en Guyane : on traverse le fleuve en bateau, on leur dit au revoir… ! Quelle est la réalité des expulsions ?"

Jean-Marie Cavada rebondit : "comment peut-on constituer des fichiers d’ADN pour les demandes de regroupement familial ?! Qui détiendra ces fichiers dans 20 ans, quels colonels ?". Et François Bayrou : "Ça peut être un général, et même un particulier".

Gilles, l’inventeur anti-dictateurs, n’était pas si loin de la préoccupation générale.