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Mots d’émotion, d’UDF vers MoDem

Au Congrès du 30 novembre 2007

samedi 1er décembre 2007, par FrédéricLN

"J’aime l’UDF, mais j’aime surtout le mouvement", dit le sénateur Nogrix. Sa voix et d’autres.

François Bayrou : "Aux États-Unis, la totalité des richesses nouvelles depuis 10 ans a été captée par les 10% les plus riches, et le prix du travail manuel n’a cessé de baisser, sous la pression d’une immigration très importante. Ça ne peut pas être la société pour laquelle, dans cette famille, nous nous battons depuis 20 ans. Nous devons nous battre pour un projet de justice croissante, ou alors ça ne sert à rien, l’engagement social qui est le nôtre depuis des décennies. (applaudissements +++).

Pour mener ce combat avec une chance, il faut briser le mur de verre qui sépare depuis des décennies ce qu’on appelle la droite de ce qu’on appelle la gauche."

Jean-Pierre Vidaud, Gironde : "Adhérent libre de l’UDF libre, je vous demande de ne pas décider pour moi de mon adhésion au Mouvement démocrate."

François Bayrou : "Il vous sera loisible de décider pour vous que vous n’êtes pas adhérent à cette famille".

Mustapha Thiam, membre fondateur du CRAN et candidat à la tête de liste à Toulouse : "Ce qu’on peut faire tout de suite, pourquoi attendre trois ans pour le faire ? J’aurais aimé qu’une motion pose la question de dissoudre l’UDF et de la remplacer par le MoDem".

Philippe Nogrix, sénateur : "J’aime l’UDF tout comme j’ai aimé le CDS, mais j’aime surtout le mouvement, l’adaptation ! Nous devons changer dans le respect des traditions qui ont fait ce que nous sommes. …

Cette société a besoin d’une parole forte, de quelqu’un qui reste debout, ce quelqu’un nous l’avons trouvé, il a été plébisicité, il nous a porté vers une écoute de l’électorat français. Nous étions fiers de tout cela. Pourquoi tout d’un coup baisserions-nous les bras ?"

François Bayrou : "Les interventions amicales : on va voter la motion parce qu’on va te suivre, en quelque sorte rapportent à celui qui en est le responsable la décision que nous allons prendre. J’ai toujours détesté le culte de la personnalité, ça fait 30 ans que ça dure !

Nous sommes là chacun comme citoyens. Ce n’est pas pour moi que vous devez faire ce choix, mais en réfléchissant profondément à ce qu’est la situation de notre pays, l’inquiétude des Français. Nous allons faire ce choix parce que nous sommes convaincus qu’il faut un projet différent de ceux qui existent à notre droite et à notre gauche."

Thierry Cornillet : "Citoyennes, citoyens ! c’est ainsi que nous nous interpellions au Parti radical que j’ai eu l’honneur de présider. …

L’attachement viscéral que j’ai [à l’UDF] n’exclut pas la lucidité, j’ai la lucidité de voir que le Modem existe, que ce flux existe et qu’il faut que nous nous organisions pour l’accueillir ; nous, ce stock d’élus, ces militants qui sont là depuis 30 ans, sans lesquels tu n’aurais pas fait 18%, nous n’aurions pas fait 12% en 2004."

Bertrand Bernardi : "Après les forums [comme Seignosse], il ne se passe pas grand chose. Sommes-nous présents pour quelques personnes ou pour construire une famille ? Faisons voter obligatoirement de nouveaux Bureaux dans chaque fédération (applaudissements et mouvements divers).

La démocratie que nous avons voulue a l’air de s’éteindre."

Nous avons avec Nicolas Sarkozy
une différence de valeurs

Philippe Permayeux, Indre-et-Loire : "J’ai été à vos côtés [François Bayrou] avec toutes mes convictions, il y avait enfin un Centre qui se battait pour gagner, une volonté presque gaullienne. Je me considère un peu comme trahi par l’entre-deux tours : la seule décision que nos électeurs souhaitaient était la stricte neutralité, être prêt à travailler avec chaque Président ou Présidente, si on pouvait suffisamment amender son projet. Comment réussir ensuite si on commence à diviser ? Je pense que vous avez fait un calcul politique personnel (huées) en jouant sur l’agonie du PS. J’ai été très déçu. J’étais persuadé que vous aviez des convictions profondes. Quand on suscite une telle confiance, un tel engouement, beaucoup de vos électeurs ont perdu confiance en vous. Pour quelques phrases qui n’avaient rien à faire dans le débat. Comment peut-on se satisfaire de 8% [aux législatives] quand on a fait 19 ? "

François Bayrou : "Je vous entends très bien, mais faut que je vous dise quelque chose, qui renvoie à notre responsabilité de citoyens.

Si j’ai fait de la politique dans ma vie, ce n’est pas pour me taire quand l’essentiel de l’avenir de mon pays est en jeu. Ma conviction profonde était, dès ce jour-là, et on aura beaucoup d’occasions de vérifier si c’était fondé ou pas, que nous avions avec Nicolas Sarkozy une différence non pas politique, mais de valeurs (applaudissements ++).

Les différences politiques, on s’en arrange, on négocie, on trouve des accommodements. Les différences de valeurs, quand l’endroit où on veut amener le pays n’est pas le même, quand les choix de comportement ne sont pas les mêmes, on a, non pas le droit (je suis aussi citoyen que vous, j’ai le droit de parler autant que vous), on a le devoir de le dire. Si j’avais eu des doutes sur ce choix, la nuit du Fouquet’s où se sont réunies toutes les puissances financières de la France pour fêter la victoire de celui qui les représentait en politique, aurait suffi à m’éclairer.

Je pense que la République est abîmée lorsqu’on la place si ouvertement entre les mains des puissances d’argent. Je pense que le seul lieu qui devrait être à l’abri des puissances d’argent, c’est la Présidence de la République Française. (applaudissements ++++)… et je n’ai rien regretté de ce choix."

Arthuis : "apprendre à vivre ensemble"

Jean Arthuis : "Cette régénescence militante, nous en avions certainement besoin, c’est assez stimulant, ça nous change… il faudra apprendre à vivre ensemble. Aucun d’entre nous n’a démérité en militant à l’UDF et en restant fidèle à l’UDF. Nous devrons un jour nous interroger : pourquoi, à certains moments, notre mouvement a fonctionné par centrifugation".

Ceux qui sont partis, était-ce pour des "plats de lentilles ? Ce n’est peut-être pas vrai pour chacun de ceux qui nous ont quittés. Il faudra faire notre examen de conscience, même si nous ne sommes pas portés à l’autocritique ! J’espère qu’un jour le Centre se rassembelra sur ses valeurs, sa vision et son projet."

Danièle Douet, candidate en juin 2007 Moselle : "Je n’ai jamais été membre du PS ni des Verts, une grande partie des nouveaux adhérents ne viennent de ’nulle part’. J’ai vu souvent des craintes de membres de l’UDF qui ont peur, vu le mur qui était entre gauche et droite, qu’une grande partie des nouveaux adhérents viennent de la gauche. Ce n’est pas le cas."

Elisabeth Kergoat : "Je ne vois pas où est le problème entre les valeurs de l’UDF et les valeurs du Mouvement démocrate. Je ne sais pas ce qu’est un centriste ; on doit accepter les gens qui ont les mêmes valeurs que nous, de droite et de gauche. C’est ce qui nous permettra en mars d’être dans les Conseils municipaux !"

Michel Mercier, président du groupe du Centre au Sénat : "cette soirée est aussi celle de l’émotion". En 1965, venu avec un ami proposer mes services pour la présidentielle : "on nous a dit vous êtes nouveaux, on n’a pas besoin de vous. Je voudrais qu’on dise aux nouveaux : on a besoin de vous !.

À Lyon on a une grande campagne interne. Un candidat a dit : "Mercier est un UDF historique", pour lui c’était drôlement grave, pour moi c’est le plus beau des compliments, parce que la fidélité a aussi quelque valeur !

Un parti n’a pas seulement une fonction tribunicienne, c’est l’action. Je me suis fait une règle d’un vers d’Aragon : quand les blés sont sous la grêle, fou qui fuit le commun combat. C’est ce commun combat que nous devons mener avec nos valeurs."

Encore dans l’ancien système ?

Jean-Thomas Nordmann, radical et ancien député européen : "Je crois bon qu’il y ait cette transmutation de l’UDF en parti démocrate, qui sera de centre-gauche, nous en entrevoyons le positionnement (mouvements "non", "non" dans la salle), c’est une manière de prendre acte des transformations que la présidentielle, les législatives ont entraîné dans le paysage politique de la France et dans ce que nous sommes.

Les sondages sur les hypothèse de 2ème tour montraient que celui qui pouvait battre le candidat UMP, c’était notre candidat. Ce processus n’a pas abouti, mais a modifié en profondeur les données de la politique française.

La distinction droite, gauche, centre, est plastique, mais on voit bien ce qui est majorité présidentielle et ce qui ne l’est pas. Ce que nous construisons, c’est un parti démocrate et démocratique, qui n’est pas membre de la majorité présidentielle (applaudissements). Et le vote que nous avons à faire est en connaissance de cause."

Philippe Arnaud, sénateur : "D’accord sur un mouvement "démocrate", moins d’accord pour dire "de centre-gauche" … Quel centre ? Le Nouveau Centre, le plus éloigné de nous puisqu’il a son siège aux île Caïman, je ne sais pas trop …"

Le soir, au Café démocrate organisé au Pavillon Baltard, l’une des intervenantes de l’après-midi : "Il a fallu que je prenne la parole, que j’attire l’intérêt de toute la salle, pour qu’il me dise à la fin : je peux te nommer déléguée régionale. Ça veut dire qu’on est encore dans l’ancien système, ça ne m’a pas fait tellement plaisir."

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