« retour à l'accueil France Démocrate, Le journal de la démocratie en mouvement
»«
»«

Contribuer au site Syndiquer le site Impression Contact Plan du site

Jean-Michel Cadiot

Je suis journaliste et secrétaire général du Cercle du Sillon. Je suis candidat MoDem dans la 8ème circonscription du Val d’Oise : Sarcelles-est et nord, Villiers-le-Bel, Garges-lès-Gonesse, Arnouville, Bonneuil-en-France (législatives de juin 2007 et décembre 2007), et à Sarcelles pour la cantonale des 12-19 octobre 2007.

jeanmichelcadiot.com

Nos communes meurtries doivent retrouver l’espoir

Après le drame de Villiers-le-Bel

, 30 novembre 2007

Vu 2229 fois | 1 commentaire(s) | Noté 3.7/5 par 03 votant(s)

La campagne électorale à laquelle je participe, pour la législative du 9 décembre, ne peut plus être la même. La fermeté, pour le retour au calme, ne peut aller sans la prise en compte des aspirations d’une jeunesse qui se sent abandonnée, méprisée.

La gravité de la situation nous impose, à nous les candidats d’aider à recréer un lien social, à être plus encore à l’écoute des populations parfois désespérées. C’est notre rôle, c’est le rôle des hommes et des femmes politiques au sens le plus noble du terme. La politique politicienne n’a plus cours. Elle serait dérisoire en cette semaine. Mais le débat d’idées, de projets, prend justement plus d’ampleur, trouve sa vraie dimension.

Dès dimanche soir, aux premières minutes des premiers incidents, nous avons, dans un communiqué depuis Villiers le Bel exprimé notre solidarité avec les familles endeuillées, - la mort de deux enfants est un drame terrible - et appelé à ce que "toute la lumière soit faite" sur le terrible drame de la ZAC.

Nous lancions aussi le tout premier appel au calme - comme le soulignait mardi Le Parisien - et à l’établissement d’un "vrai dialogue", notamment entre les autorités et les jeunes en colère, notamment parce qu’ils estiment que l’enquête policière serait incomplète, voire partiale. Il reste beaucoup de zones d’ombre, et les habitants pensent que leurs témoignages ne sont pas toujours pris en considération.

Ce furent des scènes de violence terrible dimanche soir et lundi soir. Ali Menzel, qui est mon suppléant, et qui vit dans la ZAC agit sans relâche pour que les esprits s’apaisent, mais aussi pour que des solutions soient apportées au désarroi des jeunes.

Des incidents, parfois des graves dégâts ont touché aussi Garges-lès-Gonesse, Sarcelles, Arnouville, Gonesse. 130 policiers ont été blessés, dont cinq sérieusement, et parmi eux le commissaire de police de Sarcelles. Nous leur exprimons nos pensées amicales et leur souhaitons un prompt rétablissement, car ils travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Présents aux deux marches silencieuses avec les familles, deux rassemblement très dignes, nous avons aussi rendu visite à beaucoup de commerçants victimes de dégradations et dont certains ont perdu des mois de travail. La violence est condamnable et ne résoud rien.

Mercredi matin, un calme très précaire s’est établi. Pourvu que ce calme se poursuive. Les medias y voient généralement le résultat d’un déploiement policier exceptionnel et dissuasif. Peut-être... Mais il y a aussi le rôle des citoyens de cette banlieue qui ont tout fait pour qu’il n’y ait pas de débordements, et pour que la police ne pénètre pas dans le quartier. Pourtant, rien n’est réglé. En octobre et novembre 2005, les banlieues s’étaient enflammées. Depuis, peu a été fait pour améliorer le dialogue entre policiers et jeunes gens ; et c’est là un des noeuds du problème. L’abandon de la police de proximité a sans doute été une grave faute. La plupart des jeunes, malgré toutes leurs démarches, ne trouvent pas de débouché, pas d’emploi, de peuvent faire d’études. Sur la circonscription, le chômage atteint les 25%, les jeunes en souffrent à 40%. Le problème du logement est crucial, et, dans les centaines, les milliers de discussions que nous avons eues au cours de cette campagne, ce sont toujours le pouvoir d’achat, le logement, le travail, la sécurité qui reviennent.

Nous nous sommes rendus chez une famille de Sarcelles où le logement a un taux d’humidité de 80% ! C’est inhumain ; et c’est aussi dangereux. Plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre François Fillon et la Ministre du Logement Christine Boutin avaient décliné l’invitation, en octobre, de venir voir sur place les premiers travaux de rénovation du quartier des Sablons à Sarcelles. C’eut été une bonne occasion de prendre la mesure des problèmes.

Dans notre projet, ces questions sont les premières à prendre en compte. Les projets présidentiels de François Bayrou évoquait l’impérieuse nécessité de préserver les services publics dans les zones les plus excentrées, une vraie politique de logement social. Il est plus que jamais d’actualité.

Lundi soir, à Sarcelles, nous avons eu un échange très approfondi, où nous avons pu aller au fond des choses, comme cela arrive rarement dans une vie. En présence de Quitterie Delmas, qui a eu des mots si justes, si forts pour montrer comment une vraie solidarité peut se forger, et aussi d’Anicette Sangnier, présidente du Cercle du Sillon, nous étions au coeur du problème qui attaquait nos villes, avec des acteurs qui voulaient y apporter des réponses humaines, mais aussi efficaces.

Chaque jour, nos adhérents dans les cinq villes, vont à la rencontre de la population. Les gens sont à fleur de peau. Les opinions sont tranchées au départ. Ils prennent vite parti soit "pour les jeunes", soit "pour les policiers". Mais lorsque l’échange prend plus de 10 minutes, chacun comprend que ces attitudes ne mènent à rien. La fermeté pour le retour au calme ne peut aller sans la prise en compte des aspirations d’une jeunesse qui se sent abandonnée, méprisée. Une jeunesse qui ne veut plus de ghettos, de cités-dortoirs, mais de vraies villes humanisée. Il faut du respect et pour les jeunes et pour les policiers. Le Mouvement démocrate, dont le Congrès fondateur se fera cette fin de semaine, mettra toutes ses forces pour réaliser ce projet de société où le droit à l’éducation, à l’emploi stable, à la réussite, au respect, à un salaire digne primera sur tout.

Pourquoi notre circonscription, qui est du point de vue du pouvoir d’achat, la plus déshéritée de France, et qui a le plus fort taux d’abstention - ceci explique largement cela - a-t-elle si peu d’animations sociales et culturelles ? Pas un seul cinéma - vous lisez bien - pas un seul cinéma pour 100.000 habitants de la circonscription, celui de Garges étant actuellement fermé…


Communiqué de presse, 27 novembre :

Jean-Michel CADIOT s’incline devant la douleur des familles et leur exprime ses condoléances attristées et sa solidarité.

Toute la lumière doit être faite sur ce drame et notamment sur les conditions dans lesquelles un véhicule de police a percuté les deux jeunes en moto. Des incidents très graves se sont déroulés. Des voitures ont été incendiées.

Le calme et un vrai dialogue doivent se rétablir à Villiers le Bel, dans le respect de la population.

Comme nous le pressentions dès le drame, la situation, la nuit dernière a été extrêmement tendue à Villiers le Bel, mais aussi à Gonesse. Huit policiers, dont un commissaire ont été blessés dans des incidents qui ont fait de nombreux dégâts matériels. Nos pensées émues vont aux gardiens de l’ordre, travaillant dans des conditions difficiles, et nous leur souhaitons un prompt rétablissement. Toute violence est condamnable. Nous lançons un nouvel appel au calme et au retour à l’ordre, et souhaitons que, l’apaisement retrouvé, les jeunes gens de Villiers le Bel trouvent l’espoir d’une vie meilleure.

Lors de la marche silencieuse de ce jour à Villiers le Bel, Jean-Michel CADIOT et Ali MENZEL (proche voisin des 2 jeunes victimes) se sont joints au cortège auprès des familles endeuillées.

Noté 3.7/5 (03 votants)

La réponse de Frédéric Lefebvre-Naré

Posté le 2 décembre 2007, à 16h 12mn 35s
un commentaire supprimé

Note de l’éditeur : je supprime un commentaire signé Jean-Charles Duboc, qui me semble contenir des attaques personnelles (contre un homme politique). Son commentaire très riche reste le bienvenu une fois mis en conformité avec la néthique.

À la Une

Brèves - Voir toutes les brèves S'abonner aux brèves

Le dessin du jour