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Enrhumé

, 8 novembre 2007

Vu 2124 fois | 2 commentaire(s) | Noté 3.8/5 par 029 votant(s)

Un coup de rhume, un vent de vague à l’âme et, dans le spectacle à flux tendu de l’actualité, ne plus parvenir à distinguer des paillettes de sens.

Superman s’en est allé chercher Tintin au Congo. Les barbares venus des Balkans dévastent la Rome impériale. Le Pakiristan s’enfonce.

Essayer pourtant.

« Je me prenais pour Prédator, je ne faisais que jouer à la Playstation, j’étais coupé du monde » : Romain Dupuy, meurtrier de deux femmes, se raconte. Quelques pages plus loin –c’est dans Libération d’aujourd’hui, ouvert à l’écriture des philosophes- Bernard Stiegler commente la création d’une chaîne de télévision à destination des enfants de six mois à trois ans. Où il est dit que « les enfants dont la croissance se produit dans des environnements dominés par les médias ont des cerveaux câblés et développés différemment. » Où il est question de « cerveau précocement privé de conscience », qui n’atteint pas la maturité, et de générations « structurellement irresponsables. » Hier en Finlande, pays dont le système d’éducation est cité en exemple, un jeune garçon a tué au hasard, "à l’américaine", après avoir fait état dans une vidéo diffusée sur Internet, des références de son acte : films ultraviolents, nazis, Staline…

Ou bien.

Terrifiant récit de la révolution bolchevique par Jan Krauze dans Le Monde, à faire lire à ceux qui continuent à professer qu’une belle idée fut pervertie par Staline. Torrents de sang. Ce commissaire à la justice faisait valoir qu’on ferait mieux d’appeler son ministère "commissariat à l’extermination" : « Il voit le visage de Lénine s’illuminer, et entend le chef bolchevik lui répondre : C’est exactement ça, mais nous ne pouvons pas le dire »… Dans le supplément "Livres" de Libération, Monique Canto-Sperber analyse le livre de l’écrivain hongrois Sandor Marai, Libération. « Dans les Confessions d’un bourgeois, Sandor Marai décrit son engagement d’écrivain : Tant qu’on me laissera écrire, je montrerai qu’il fut une époque où on croyait en une victoire de la morale sur les instincts, en la force de l’esprit et en sa capacité de maîtriser les pulsions meurtrières de la horde. Cette époque, celle de la culture de la Mitteleuropa, fut achevée par le fascisme, puis par le communisme, mais elle a laissé à certains les ressources intellectuelles et morales d’une forme de libération. » Et hier soir, dans le remarquable documentaire sur les Juifs de France diffusé par France 3, les mots de Robert Badinter, avec deux marguerites cueillies dans l’interstices entre deux dalles de béton de Treblinka, « dire que la vie l’emporte toujours sur la mort. »

Bon.

Essayer avec une information positive.

Les pêcheurs reprennent la mer.

Il y a de moins en moins de pétrole. Il y a de moins en moins de poissons. Les pêcheurs reprennent la mer : brûler du pétrole pour pêcher des poissons. Ça ne va pas mieux. Je m’embrouille.

Et je ne pense toujours rien de l’Arche de Zoé et de l’indépendance de la justice tchadienne. Dans un très beau texte, sur son blog Démocratie sans Frontière, Frédéric Lefebvre-Naré dit sa perplexité sensible et réfléchie. Elle ne fait que redoubler la mienne.

J’ai une propension à me défier de la fabrication de bonne conscience à bon compte. Du manichéisme et des simplifications. Aussi une posture qui confine parfois à la sale manie : s’essayer à penser contre. Parfois, cela ne mène tout simplement à rien.

Outre le nez pris et l’âme inquiète, je vais vous dire ce qui me tarabuste aujourd’hui. Mon incapacité à dialoguer autrement que par l’escarmouche ou la dérobade avec Isabelle. Isabelle pense qu’à bien des signes se met en branle aujourd’hui dans le beau pays de France ce qu’elle nomme « guerre aux pauvres » et « chasse à l’étranger ».

Là-dedans je biaise et m’emmêle car je ne veux pas qu’elle dise vrai.

Ce serait trop grave, n’est-ce pas ?

Il est vrai que je pense que notre société courrait de grands risques à voir affluer toujours plus d’étrangers venus des pays du malheur au moment même où la machine à fabriquer des Français est enrayée. Il est vrai que je refuse que soit nié le fait qu’une part de ces mouvements de populations sont manipulés, maffieux, criminogènes. Il est vrai que je pense que l’absolue libre circulation des hommes est l’idéal du capitalisme le plus extrême, le plus barbare –rêve d’hommes sans racines, mobiles, totalement corvéables.

Mais les images projetées, les formes d’action, les symboles agités, non, cela n’a rien à voir. Les quotas à remplir et les interventions de plus en plus musclées, c’est indigne et absurde.

Isabelle a raison.

Noté 3.8/5 (029 votants)

La réponse de khusner

Posté le 15 novembre 2007, à 17h 34mn 02s
Enrhumé

Cette Isabelle, déclamant dans son appartement de bourgeoise devrait sans doute mettre ses mains là où il faut, cad se trouver ds des camps de réfugiés Kosovars ds le nord de la France , là où la police intervient avec violence, sans que personne, vraiment personne n’en parle. Ces gens qui clament haut et fort en manteau de cashmire que nous sommes au temps de la "guerre aux pauvres" ou "chasse à l’étranger" lorsqu’il fait 22° dans leur appartement me font vomir. J’ai le dégout de ces personnes et de ce bala bla faussement intello par ces commentaires de revue de presse écrites dans un transat !

La réponse de Jacques Bugier

Posté le 12 décembre 2007, à 03h 26mn 46s
Enrhumé

Allez vômir ailleurs, mon cher.

Au ton de votre commentaire, ne sachant rien de qui vous parlez ni de ce que fait Isabelle -ou qui que ce soit d’autre que vous insulteriez de la même manière en victime de vos fantasmes et des médias -que vous croyez dénoncer dans votre petite diatribe, alors que vous en êtes vous même l’objet passif (de quelque type de média qu’il s’agisse, le mode d’aveuglement est le même).

Je vous invite à donner votre sentiment sur un autre ton : sur les "camps" du nord de la France, ceux des Palestiniens à Beyrouth, les bidonvilles de la périphérie de Papeete, les alentours d’Alger la blanche, le rio Merda de Cayenne, les charmants faubourgs de Dakar ou d’Abidjan ou les terrains de jeu de la barre de La Caravelle à Villeneuve-la-Garenne -endroits où, entre autres, je me suis promené. En manteau de "cashmire", bien sûr.

Je ne suis, par ailleurs, guère adepte de la censure.

En l’espèce, je regrette que mon camarade Frédéric LN n’ai pas empoigné ses ciseaux informatiques.

Bien à vous.

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