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Angélisme et barbarie menacent la politique

, 3 novembre 2007

Vu 1923 fois | 0 commentaire(s) | Noté 4.0/5 par 01 votant(s)

Le capitalisme est-il moral ? se demande le philosophe André Comte-Sponville. Il propose, en réponse, une séparation des ordres dans notre société. Elle conduit à former à l’éthique les décideurs, mais aussi à tenir séparés les pouvoirs. Les annonces de François Bayrou au Zénith, puis à Seignosse, engagent le Mouvement Démocrate dans cette voie.

Reprenant des considérations de Pascal, André Comte-Sponville articule le fonctionnement de la société autour de quatre ordres ayant des interactions entre eux :
- 1) l’ordre technico-économique qui détermine le vrai et le faux
- 2) l’ordre juridico-politique qui détermine le légal et l’illégal
- 3) l’ordre moral qui détermine le bon et le mauvais
- 4) l’ordre de l’éthique qui détermine l’amour propre et l’amour du prochain.

Aux interfaces entre ces quatre ordres, il situe l’expertise, le droit des sciences et des techniques, l’équité, la déontologie, la solidarité, la générosité.

D’après Pascal, « le ridicule naît de la confusion des ordres, et la tyrannie c’est le ridicule au pouvoir ». Deux sortes de tyrannie existent alors :
- La barbarie ou tyrannie de l’inférieur, autrement dit l’intervention d’un ordre dans un ordre supérieur
- L’angélisme ou tyrannie du supérieur, autrement dit intervention d’un ordre dans un ordre inférieur

André Comte-Sponville en déduit alors clairement les tyrannies courantes dans lesquelles il ne faut pas sombrer :

Barbaries à proscrire :
- Modéliser la justice ou la politique qui ne sauraient se réduire à des équations ou à des comportements rationnels,
- Modéliser la morale car chaque conscience a son propre mode de fonctionnement,
- Judiciariser la morale où la liberté doit rester essentielle,
- Moraliser l’éthique.

Angélismes à proscrire :
- Moraliser la politique,
- Moraliser la justice,
- Moraliser l’économie et c’est pourquoi le capitalisme n’est ni moral ni immoral mais "amoral", au nom du principe de la différenciation des ordres,
- Moraliser la science qui ne repose pas en premier sur des valeurs,
- Politiser l’économie (la notion de politique économique est donc un abus de langage incompatible avec le principe de différenciation des ordres),
- Confondre générosité et solidarité.

De ce principe de différenciation des ordres découlent les exigences suivantes :
- Les responsables politiques ne peuvent pas incarner les pouvoirs économiques et techniques,
- Une formation éthique doit être donnée aux individus et aux décideurs.

Appliqués à l’organisation d’un parti politique, ces deux principes se traduisent par les nécessités de :
- Différencier à l’intérieur du parti les élus, les instances, les responsables des finances, et les experts travaillant sur les projets et programmes,
- Créer un comité éthique pour former à l’éthique politique les élus et les militants, et contrôler en permanence le respect du principe de différenciation des ordres.

Aucun parti à ce jour ne remplit pleinement ces conditions.

Seul le MODEM, dans la volonté affichée par son leader François Bayrou d’introduire de l’éthique en politique, de renforcer le rôle des militants et de s’attacher au respect du principe de différenciation, semble s’engager dans cette voie. C’est pourquoi il convient d’examiner avec attention et respect la mise au point de l’organisation du nouveau parti démocrate.

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