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François Bayrou : "Limiter la proportionnelle à 20 sièges sur 577, c’est presque insultant !"

, 2 novembre 2007

Vu 1879 fois | 1 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 03 votant(s)

Interviewé dans Le Figaro vendredi 2 novembre, François Bayrou dit sa déception devant les réformes institutionnelles. Et sa conviction que la fondation du Mouvement Démocrate va marquer la vie politique française.

Dérives du comité Balladur

François Bayrou dit avoir "placé beaucoup d’espoir" dans le projet de réforme institutionnelle, "parce que beaucoup de ses membres sont éminemment respectables et compétents", et que "les orientations données lors de l’installation du comité Balladur [lui] paraissaient aller dans le bon sens, celui d’une clarification des rapports président-gouvernement et d’un rééquilibrage entre exécutif et législatif".

Malgré des "idées positives, touchant notamment aux procédures parlementaires", François Bayrou juge que "le rééquilibrage n’est pas atteint. Au contraire. Les principales orientations du rapport nourrissent la confusion des rôles entre exécutif et législatif. …
- Coupler le premier tour des législatives avec le deuxième tour de la présidentielle accentue … [la] dépendance [du] Parlement … à l’égard de l’exécutif, [renforce] évidemment la bipolarisation …
- Limiter la proportionnelle à 20 sièges sur 577 … n’a pas de sens. … On fait la charité de quelques sièges à ceux qui ont refusé de se soumettre à la bipolarisation".
- L’idée d’une présélection des candidats à la présidentielle par un collège de 100 000 élus, "c’est moins démocratique que le système de 500 parrainages actuel dont l’objet est seulement de garantir la légitimité des candidats. Je prends le pari que les Français n’accepteront pas cette oligarchie."
- Déception encore sur le contrôle des nominations aux corps de contrôle : "j’avais proposé que ces nominations (Conseil constitutionnel, Conseil supérieur de la magistrature, CSA) soient validées par le Parlement à la majorité qualifiée, ce qui oblige à trouver un consensus entre les grandes forces démocratiques du pays. … Mais … le comité Balladur … s’en tient à une simple audition devant une commission parlementaire qui est, évidemment, dominée par la majorité … Donc, cela ne change rien".

"Ce projet … accentue un certain nombre de dérives de nos institutions et de leur pratique. Je me battrai pour en changer l’orientation", conclut François Bayrou.

Désossage du projet de Constitution européenne

"On nous avait annoncé un traité simplifié. C’est en fait un traité compliqué, qui a été éclaté en des centaines d’amendements pour que les objections disparaissent. S’agissant de la mécanique institutionnelle qu’il met en place, le traité convient à peu près et c’est la raison pour laquelle je voterai la ratification. Mais pour l’âme, c’est le désert. On a enlevé tout ce qui donnait chair et espoir à l’idéal européen.

Ma crainte est que le fossé se creuse un peu plus entre l’Europe et les citoyens", répond François Bayrou quand on lui demande s’il faut soumettre le traité au référendum.

Le double congrès UDF-MoDem :
naissance et/ou transformation

"Nous allons faire naître une nouvelle famille politique", annonce François Bayrou, autour d’un "projet de société, celui d’une société de justice croissante face au modèle d’inégalité croissante qui domine aujourd’hui la mondialisation".

Une partie de l’ancienne UDF pose des difficultés ? C’est, selon François Bayrou, parce qu’elle "s’était installée dans la dépendance à droite", alors que "l’inspiration" fondatrice de l’UDF était de "faire naître un grand parti central dans la vie politique française". Ainsi, autant qu’une nouvelle naissance, la fondation du MoDem serait une "nouvelle étape de la vie" de "cette grande famille, celle de l’émancipation".

Noté 5.0/5 (03 votants)

La réponse de Etoile66

Posté le 3 novembre 2007, à 08h 13mn 39s
François Bayrou : "Limiter la proportionnelle à 20 siège sur 577, c’est presque insultant !"

Et surtout, une ligne politique, un projet de société, celui d’ une société de justice croissante face au modèle d’inégalité croissante qui domine aujourd’hui la mondialisation. De si grands changements ne se font pas sans difficultés pour une formation politique qui, dans le passé, s’était installée dans la dépendance à droite. C’est cette dépendance que j’ai voulu rompre.

Je suis convaincu que tout organisme vivant, s’il ne se renouvelle pas, s’affaiblit et disparaît. Au contraire, cette transformation préserve et accomplit l’inspiration qui voulait faire naître un grand parti central dans la vie politique française. C’est une nouvelle étape de la vie politique de cette grande famille, celle de l’émancipation .

Voilà exactement de quoi il en retourne. Merci d’avoir repris cet article du Figaro.

Quant à la "dose" homéopathique de proportionnelle, elle fait rire nos voisins européens. La France n’est pas une démocratie, elle a encore un long chemin à faire...

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