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La flamme et le papillon

Durer pour faire triompher ses idées

, 31 octobre 2007

Vu 1485 fois | 1 commentaire(s) | Noté 4.5/5 par 02 votant(s)

Devenir un personnage public, quelqu’un qui est écouté, auquel l’on fait référence, avoir sa tête qui dépasse un tout petit peu de la foule, exister un petit peu plus. C’est un des moteurs, pas le seul heureusement, de certains militants, de certains candidats, de certains élus.

Qu’il est amusant de jeter un œil distrait au ballet des personnalités lors de manifestations publiques - les places réservées, les passe-droits, les primeurs, l’ordre de passage au micro, la place sur l’estrade, la tenue de circonstance, la présence sur la photo, les remerciements imposés...

Bougie

Qu’il est amusant d’observer à la dérobade ces messieurs et mesdames tout le monde dans un groupe qui soudain ont un auditoire, des regards posés sur eux, leur idée qui est écoutée, la sensation de peser sur le débat. La griserie d’exister un peu plus. Un instant. Le temps d’une poignée de main, d’un flash ou d’une phrase au micro. L’affirmation de sa propre importance, comme si elle avait besoin d’être confirmée, comme si elle n’existait pas de retour à la maison, de retour au boulot.

Qu’il est amusant de parcourir ces blogs égocentriques, remplis de je et de nous qui étalent des opinions en attendant d’hypothétiques lecteurs supposés leur donner de l’importance, quelques miettes de notoriété dans le monde virtuel à défaut de monde réel.

En fait non ce n’est pas amusant, c’est juste humain. La politique et ses réunions, ses débats participatifs, ses forums ou ses blogs sur internet, ses élections précédées par la cohortes d’oreilles soudain attentives, sont autant de flammes dans la grisaille qui attirent tous ces papillons qui veulent croire que l’on va les respecter, les entendre. Ces gens qui espèrent et ont la foi dans ces valeurs de la chose publique.

Hélas combien se sont roussis les ailes et ne veulent plus y revenir ? Combien ont été écoutés mais pas entendus, considérés mais pas respectés ?

Les militants, ceux qui durent, sont de drôles de papillons, qui volent juste à la limite, pour ressentir la chaleur sans se faire happer dans les turbulences de la flamme, qui veulent changer les choses, mais par petites touches, persévérantes, avec le temps. Ils ont compris que la politique brûle et qu’il n’est pas donné à tout le monde de voler au dessus de la flamme, dans les ascendances, sans dommages, surtout sur le long terme.

Une nouvelle belle flamme approche, il va falloir la négocier, trouver le point d’équilibre pour ne pas trop se brûler les ailes...


La flamme et le papillon, article original sur "Citoyens prenez le pouvoir"

Noté 4.5/5 (02 votants)

La réponse de Etoile66

Posté le 31 octobre 2007, à 17h 50mn 28s
La flamme et le papillon

Cédric - que je salue au passage - écrit :

Qu’il est amusant de jeter un oeil distrait au ballet des personnalités lors de manifestations publiques, les places réservées, les passes droit, les primeurs, l’ordre de passage au micro, la place sur l’estrade, la tenue de circonstance, la présence sur la photo, les remerciements imposés...

J’ai ressenti "ce monde" lors de ma première "sortie" politique, je remplaçais une députée pour l’inauguration d’une maison d’arrondissement. Et moi qui ai passé 56 ans de ma vie dans la vie "normale", l’entreprise, l’enseignement, etc... je me suis trouvée entourée de personnages qui s’auto-congratulaient, se faisaient la cour et s’épiant, critiquaient les uns à voix basse, courtisaient les autres. Une HORREUR de fausseté... mis à part quelques personnes droites et franches... J’ai été candidate aux législatives dans cette circonscription et certains m’ont confié comment de leurs pairs sciaient le siège de maire sur lequel l’un était assis, voulant prendre sa place, l’autre me confiant d’autres rumeurs... Les manigances et rumeurs répandues... par ces gens qui n’ont jamais rien fait d’autre que de se faufiler dans les couloirs du "pouvoir" local, régional, etc... certains depuis leur jeunesse. Ils en maîtrisent l’art et pour certains l’horrible fourberie.

Le jour où je suis allée m’inscrire à la Préfecture comme candidate UDF-Mouvement Démocrate, je suis arrivée à l’ouverture. Une immense queue de gens qui venaient pour divers papiers attendaient dans le hall. Ayant dû attendre avant l’ouverture après plus d’une heure de route, après mon inscription, j’ai demandé à l’hôtesse qui m’avait reçue à mon arrivée où se trouvaient les toilettes. Sa réponse m’a choquée. "Non, là, ce sont les toilettes pour tout le monde. Je vais vous ouvrir cette porte, dans le couloir, vous trouverez des toilettes" sous-entendu réservées à ceux qui ne sont pas "tout le monde". Voilà en germe les "passe-droits" dont parle Cédric.

Mais ce n’est pas l’élu qui le demande. C’est la société française qui l’accepte et l’accorde. Je n’étais même pas élue, uniquement candidate et déjà, on me traitait autrement que "tout le monde". Je trouve cela révoltant et un travers terrible de la société française. Je vis en Allemagne et ne connais pas cet avilissement devant les "puissants".

En France, on a décapité un roi et est-ce la mauvaise conscience qui fait qu’on se fabrique des petits rois à longueur de journée ?

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