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"Ça ne suffit pas d’arriver drapé dans son armure de chevalier du Bien"

La revue de presse de Jacques Bugier - 28 octobre

lundi 29 octobre 2007, par Jacques Bugier

"Frédéric Tissot, notre consul au Kurdistan" : portrait et entretien signés Antoine Audouard pour Le Monde 2 (27 octobre) : de ces quatre pages, je voulais absolument vous parler. Pardon d’avoir tardé : si vous ne l’avez déjà lu, il vous faudra maintenant le commander, le pirater, le consulter dans une bibliothèque –que sais-je. Antoine Audouard est écrivain. Tissot est son ami. Les deux se sentent.

Tissot, "french doctor", compagnon de route de Kouchner, qu’un accident lors d’une mission en Haïti a assis dans un fauteuil roulant, se livre et détaille son parcours. Enonce de fortes et simples leçons de vie, dit la complexité des situations dans lesquels il intervint, la prise en compte de modifications imprévues dans les vie des gens. Et comment les meilleures intentions du monde ont parfois des conséquences qui les contredisent.

Il y a longtemps que je n’avais lu un "papier" d’une telle intensité, d’une telle richesse.

« En les prenant en charge jusqu’à l’assistanat, nous les dépossédions d’eux-mêmes », dit-il de réfugiés kurdes accueillis en France. Il convainc Danielle Mitterrand d’interrompre l’opération. « C’est ce jour-là que j’ai compris que la générosité peut devenir un enfermement, qu’elle peut tuer, que ça ne suffit pas d’arriver drapé dans son armure de chevalier du Bien. »

Ou bien, quelques jours avant l’accident qui le privera de ses jambes, ce moment de pur bonheur, de danse au milieu d’un no man’s land cerné de barbelés et de misère : « C’était la vie elle-même, dit-il, sans paroles et sans discours, une ivresse de complicité et d’échange qui n’avait besoin de rien d’autre que d’elle-même, un moment suspendu, éternel, volé à tous les interdits. »

A lire, si vous m’en croyez.


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