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François Bayrou sur Facebook, le vrai

vendredi 26 octobre 2007, par FrédéricLN

Un "François Bayrou" s’était inscrit sur le nouveau réseau-social-qui-déchire-sa-race, Facebook, il y a environ une semaine. Il a disparu au profit d’un autre "François Bayrou" le 23 ou le 24 octobre. Celui-là a l’air du vrai. Et vous savez quoi ? La blogosphère l’ignore encore.

Au départ, c’était juste une photo. Après tout, Facebook, c’est un trombinoscope. Des "profils", des CV, et un peu de messagerie autour.

Certains des premières personnes à prendre contact avec ce "profil" de face ont eu des doutes, comme Luc Mandret "Désolé pour mon insolence si c’est le cas, mais : est-ce le profil officiel ?"

Une réponse a été apportée dans l’après-midi du 24 : "Pour répondre à une question récurrente, oui, c’est bien le Face Book ’officiel’ de François Bayrou".

Une phrase à la troisième personne, donc l’auteur n’est pas François Bayrou ; et s’affirmer "Face Book ’officiel’ " n’est pas très probant. En même temps, le profil s’étoffe avec des extraits du site bayrou.fr : pas probant non plus.

Une responsable jeune UDF parisienne, Margaux Gandelon (si c’est bien elle !), remarque que "L’e-mail donné en début de profil [une adresse yahoo] me paraît particulierement sujet à caution … quelqu’un que l’on ne connait pas … risque de se faire passer pour FB auprès de démocrates crédules."

Ce à quoi "François Bayrou" répond, et c’est en tout cas son style : "Chère Margaux, rassurezvous, les démocrates sont peu sujets à la crédulité..."

Indice : le profil est lié au compte dailymotion "mouvementdemocrate", créé pour la campagne des législatives… donc sans doute bien officiel. Personnel ou non ?

Après tout, quelle importance ? L’intérêt même d’un "François Bayrou sur Facebook", c’est de constituer un point de rencontre pour ses partisans. Et c’est le cas : parmi les 184 "friends" qui ont rejoint François Bayrou en trois jours, il y a aussi bien Arnaud Bonduelle ("They traveled together") que Jean-Marie Cavada, Xavier Le Quéré, secrétaire général des Jeunes UDF, un de ses premiers "friends", ou votre serviteur ("They worked together").

"Add to friends !"

Ça sert à quoi ?
On va bien voir

Pourquoi être sur Facebook, à part faire comme l’UMP ? et à part éliminer les faux profils ?

Parce que, comme l’écrit Bix, "non seulement Facebook est en train d’agréger des réseaux gigantesques mais il permet une multitude d’activités, depuis la plus inutile (chasser les vampires, s’envoyer des boissons virtuels) aux plus utiles (lever des fonds pour une association, recruter et coordonner des militants)."

Et pourquoi Facebook, bien qu’il soit anglophone, plutôt que d’autres francophones comme viadeo ? Parce qu’en plus des "profils", des CV, et de la messagerie autour, Facebook sert de plate-forme à des applications développées par d’autres. Tout ce qu’on peut faire à plusieurs dans le monde de l’information, on pourra le faire sur Facebook.

Plus facilement qu’en se téléportant dans Second Life.

Un monde virtuel parfait ? Certainement pas. Mais un monde virtuel perfectible, ce qui est mieux.

On reproche à Facebook d’avoir prévu un seul niveau de contact entre les personnes : "friends". C’est clairement inadapté à une personnalité publique, qui a des amis, mais aussi des sympathisants, un public, des concitoyens… Et alors ? d’ici quelques semaines, une application (et il y en a déjà) permettra de faire le distinguo.

Dans l’économie nouvelle, la valeur de quelque chose et le coût de sa fabrication dépendent d’un facteur essentiel : la qualité de sa conception, explique Michel Volle.

Et la qualité de conception de Facebook doit être fabuleuse, à en juger par le comportement de Microsoft. Microsoft investit 240 millions de $ pour prendre 1,5% du capital de Facebook (estimant sa valeur à 15 milliards de $), après que son PDG Steve Ballmer ait à peu près chiffré son coût de conception autour de 1 million de $ [1]

Le genre de multiplication à intéresser François Bayrou.




[1"La technologie investie [dans Facebook] équivaut à ce qu’une dizaine de personnes ont pu faire en deux ans." - rappelé par Libération.

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