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Aux sources de la mondialisation et de la "société de l’information" : une économie nouvelle

, 23 octobre 2007

Vu 1809 fois | 1 commentaire(s) | Noté 5.0/5 par 01 votant(s)

Beaucoup d’aspects de l’économie actuelle s’expliquent par les rendements croissants qui caractérisent les nouvelles technologies ; c’est-à-dire le fait qu’une fois un produit conçu, le reproduire à l’infini ne demande plus de travail, seulement de la matière première. Ce fait simple change profondément les conditions de l’organisation sociale et de l’action politique.

Produire coûte un montant fixe quel que soit le nombre d’exemplaires produits

C’est la caractéristique du système technique contemporain (depuis le milieu des années 70) qui combine microélectronique, réseaux informatiques et automatisation.

Le rendement croissant (baisse du coût moyen de production avec le volume de celle-ci) "impliquerait pour chaque bien [produit, ou service duplicable] un monopole naturel où survivrait une seule entreprise. Les entreprises, pour écarter ce risque, différencient l’offre autant qu’elles le peuvent. Elles se construisent sur chaque variété du produit un petit monopole local, aux frontières duquel elles sont en concurrence avec les fournisseurs de variétés voisines. [C’est la] concurrence monopoliste", la concurrence entre monopoles locaux, à la façon des fiefs du Moyen-Âge… ou de ceux des réseaux régionaux d’électricité.

"L’emploi nécessaire à la production en volume est alors faible, voire négligeable". Il y a deux grands types d’emplois, consacrés à "la conception, concentrée dans des bassins géographiques limités" car sa productivité vient de la concentration de matière grise, et "la distribution, qui doit se faire au plus près des clients".

La distribution de la richesse et l’emploi ne vont pas de soi

"Rien ne garantit a priori que la somme des emplois de distribution et de conception assure le plein emploi". Si la marge, la valeur ajoutée, se concentrent sur la conception, "de nouvelles formes de [redistribution des revenus], plus proches de la rente" comme dans les pays pétroliers, "deviennent nécessaires pour assurer l’équité envers toutes les personnes composant la société."

La mondialisation est une conséquence du système technique contemporain, puisqu’il
- exige le débouché le plus large possible pour équilibrer le coût de conception,
- permet une "baisse importante du coût du transport".

Les entreprises contrent les risques par les partenariats légaux ou illégaux

Le risque pour l’entreprise est très "élevé, puisque la totalité du coût de production est dépensée avant que la première unité du bien ne soit vendue … L’investissement le mieux conçu peut [être un fiasco] si un concurrent imprévu rafle la demande … grâce à une innovation de produit ou de procédé" de fabrication.

La mondialisation contribue au risque perçu par l’entreprise, puisqu’il est difficile de surveiller un "concurrence potentiel à l’autre bout du monde".

Dans ces "situations de risque extrême", les entreprises cherchent la sécurité en répartissant les risques par des "partenariats" à la façon des alliances de jadis entre féodaux, et elles sont aussi "tentées par des manœuvres illégales visant à se garantir des marchés."

L’enjeu : sauver la justice ou accepter une société violente

"Alors que la mécanisation [qui caractérise la révolution industrielle] a fait prendre en charge par la machine l’effort physique associé à la production, l’automatisation lui a fait prendre en charge l’effort mental.

[Notre] économie [est ainsi] plus riche, plus productive que jamais ; mais en même temps nous découvrons le monde du risque extrême. Adieu la bonhomie … des démocraties parlementaires et industrielles de jadis ! Le monde du risque est aussi un monde de liberté et de responsabilité. Quel usage faire de cette liberté ? Choisirons-nous le règne de la force - [de la reconstitution, dans] la modernité la plus poussée, de structures de type féodal - ou celui de la justice ?

Lorsque la déstabilisation des assurances maladie, chômage, vieillesse, ainsi que celle de l’appareil éducatif, fragilise l’État lui-même, lorsque les grandes banques et entreprises sont contraintes à des réorganisations traumatisantes, lorsque les petites entreprises perdent leur patrimoine, le populisme offre une légitimité de rechange avec pour seul horizon la violence dans laquelle se détendent les frustrations accumulées."

Nos sociétés sont confrontées à une crise d’adaptation

"Nos institutions - crédit, distribution et redistribution, formation, assurances, etc. -, résultant d’une [longue] mise au point, [se sont bien adaptées à] l’économie industrielle mécanisée", à une économie qui "n’est plus celle d’aujourd’hui".

"La puissance même de l’e-conomie peut conduire au désastre si elle est traitée sur le mode du ’laisser-faire’. Il faut [dans la gouvernance] dépasser la dimension économique pour considérer les exigences de l’éthique et de la cohésion sociale".


Les passages entre guillemets sont extraits de la préface, du chapitre 1 et de la 4ème de couverture du livre où je présente ces résultats et beaucoup d’autres : "e-conomie", aux éditions Economica, 2000.

Noté 5.0/5 (01 votants)

La réponse de Jacques Heurtault

Posté le 25 octobre 2007, à 19h 28mn 53s
Aux sources de la mondialisation et de la "société de l’information" : une économie nouvelle

Quelles réponses un parti comme le nôtre peut-il apporter ? Pas évident !

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