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Une "démocratie délibérative" pour "s’adapter à l’âge global"

L’adresse d’Anthony Giddens, démocrate et européen

, 7 octobre 2007

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"Nous vivons ... dans une société ... composée de classes nouvelles, comme ... ces nouveaux « cols blancs » ... intéressés à la modernité, à l’amélioration du style de vie, à la démocratisation de questions de société, à la sécurité, l’urbanisme, l’immigration, l’écologie…"

Passionnant entretien avec le sociologue britannique Anthony Giddens dans Le Monde 2 (6 octobre) : « La gauche française doit s’adapter à l’âge global ».

Mais ce membre de la Chambre des Lords, dont « les essais politiques ont contribué à la création du New Labour de Tony Blair comme au recentrage de Bill Clinton et du Parti démocrate américain », écrit Frédéric Joignot, ne limite pas son adresse à la gauche au sens partisan.

« La France connaît de grands succès. Certaines entreprises françaises se montrent à la pointe de l’innovation, développant une stratégie mondiale. Je pense à Danone, le plus grand distributeur de produits laitiers et d’eau minérale au monde, à L’Oréal, aux industries automobiles, du luxe ou de l’aéronautique. L’industrie française offre un niveau de compétitivité élevé, bien supérieur à celui du Royaume-Uni. On trouve en France une bonne infrastructure de communications et de transports. Le pays possède l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, même s’il connaît de graves problèmes de financement. Il présente d’excellents programmes d’aide sociale, comme ceux concernant la petite enfance.

Pourtant, comme le montrent les Gracques [M. Giddens participait, le 26 août dernier à l’université des Gracques], la France n’arrive pas à s’adapter à l’ère de la mondialisation, tandis que la gauche la critique, s’accrochant aux vieilles recettes de l’Etat-providence. (…)

Ils [les socialistes français] n’ont pas compris qu’en nous adaptant à la mondialisation, nous sommes sortis du système de pensée bipolaire, gauche contre droite. Il nous faut maintenant penser en quatre dimensions : gauche, droite, moderne, passéiste. Il est désormais faux d’identifier mécaniquement la droite politique au conservatisme, tout comme de persister à se cramponner à certains dogmes de gauche imaginés après guerre. (…)

Nous vivons d’ores et déjà dans une société très différente d’il y a trente ans, composée de classes nouvelles, comme par exemple les « white workers », ces nouveaux « cols blancs » qui ne sont ni employés de bureau, ni travailleurs manuels, et passent leur journée à exercer un savoir-faire sur leurs ordinateurs. Ces employés se rapprochent de la classe moyenne, ils ne possèdent pas une « conscience de classe », ils changent de métier au cours de leur vie, se spécialisent, descendent et montent dans l’échelle sociale. Il ne se retrouvent pas dans les débats gauche-droite d’hier. Ils pensent selon d‘autres critères, plus individuels, plus intéressés à la modernité, à l’amélioration du style de vie, à la démocratisation de questions de société, à la sécurité, l’urbanisme, l’immigration, l’écologie par exemple. (…)

Le modèle social européen reste le noyau dur de ce qui nous distingue, en termes de respect du bien-être humain, en tant qu’Européens. En cela, je rejoins Jürgen Habermas et Jacques Derrida qui défendaient en 2003 « les garanties sociales » et « le pouvoir civilisateur » prodigués par l’Etat dans une société de marché. (…)

Une « démocratie délibérative » enrichit la démocratie représentative en favorisant à tous les niveaux de la société l’existence de sphères publiques, où se mènent d’intenses discussions, où l’on prend les décisions en se rendant au meilleur argument plutôt qu’au cours du pur exercice du pouvoir. Ce peut être dans un conseil municipal ou régional, pendant les primaires d’un parti politique, avant la définition d’une nouvelle loi concernant notre façon de vivre. La nature même du contrat entre l’État, la société et le citoyen doit changer. »

Plus en lisant Le Monde 2. Et beaucoup plus à la lecture du dernier ouvrage paru d’Anthony Giddens, « Le Nouveau Modèle européen » (Hachette Littératures, 22 € - amazon, alapage).

L’intervention de M. Giddens à « l’université » des Gracques (à laquelle participaient également Walter Veltroni, Peter Mandelson, Michel Rocard, François Chérèque…) sur lesgracques.fr

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