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Certains pays ont la proportionnelle intégrale, comme Israël.
Mais beaucoup n’ont la proportionnelle que pour 16 à 50% des sièges de leur Assemblée.
Wikipedia compte 20 pays dans lesquels des sièges à la proportionnelle s’ajoutent à ceux répartis par circonscriptions :
au Japon depuis 1994, 180 des 480 sièges soit 37,5%
en Russie jusqu’en 2005 : 50% des sièges, avec un seuil à 5% (désormais, la proportionnelle intégrale a été instaurée mais avec un seuil à 7%)
en Corée du Sud : 16,8% des sièges, avec un seuil : avoir 5 députés élus dans les circonscriptions ;
en Lituanie pour la moitié des sièges moins un ; avec un seuil à 5%
en Italie dans le mode de scrutin instauré en 1993, pour 25% des sièges [1]
à Taïwan, pour 22% des sièges si j’ai bien compris, mais ça bouge sans arrêt.
François Bayrou a proposé pour la France, lors de la campagne présidentielle, un scrutin de ce type, la proportionnelle pouvant porter sur la moitié des sièges : "ainsi, la réalité territoriale de la nation et sa réalité politique, sont-elles représentées à égalité".
Dans cette variante, l’attribution des sièges complémentaires se fait de façon à "rattraper" la répartition entre partis des députés élus dans les circonscriptions :
en Allemagne, cette seconde partie porte sur 50% des sièges ; ils sont attribués de sorte que la composition de l’Assemblée corresponde à la proportionnelle intégrale. Chaque électeur vote avec deux bulletins : sa "première voix" va à un candidat de sa circonscription, sa "deuxième voix" à un parti.
la Nouvelle-Zélande a depuis 1993 un système de double vote, similaire à l’allemand ; 51 sièges sur 120 (42,5%) sont attribués de cette façon.
plusieurs pays sud-américains utilisent ce système, dont le Vénézuela et la Bolivie pour 50% des sièges (la compensation se fait par régions), le Mexique pour 40% des sièges.
enfin, le "scrutin mixte avec compensation" a été introduit pour les Assemblées écossaise (43% des sièges sont à la proportionnelle) et galloise (33,3% des sièges) - la compensation s’y fait par districts.
Malgré l’exemple gallois et écossais, le Royaume-Uni, aussi bien que les Etats-Unis et le Canada (PDF), restent attachés au scrutin uninominal à un tour par circonscriptions. Machine à broyer les troisièmes partis… qui n’empêche pas les Libéraux-démocrates britanniques de dépasser régulièrement 20% des suffrages, et l’Action Démocratique du Québec d’être l’Opposition officielle d’une Assemblée sans majorité absolue.
Quant à la France, elle persévère dans le splendide isolement du scrutin uninominal à deux tours. Pour conserver des circonscriptions auxquelles elle serait très attachée ? François Bayrou propose de leur ajouter 10% de proportionnelle ; cela suffirait, remarque-t-il, pour que chaque courant politique ait moitié autant de sièges, que son score en voix.
De quoi discerner nettement les bonnes volontés et les blocages !
[1] L’Italie a, depuis la dernière réforme, la proportionnelle intégrale mais avec une prime à la "coalition" arrivée en tête - cette astuce, imaginée pour Silvio Berlusconi pour contrer le centre-gauche, a profité à Romano Prodi.
, 7 mai 2010,
par FrédéricLN