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Dépenses de santé : "responsabiliser" plutôt les décideurs

, 25 septembre 2007

Vu 1365 fois | 1 commentaire(s) | Noté 4.7/5 par 03 votant(s)

Pour l’UFC Que Choisir, il y a "erreur de diagnostic". "Les labos et les médecins creusent le trou", ce dont "les autorités de santé ne s’inquiètent guère". "Arrêtons de faire des Français les éternels coupables d’un système à la dérive".

Les usagers ne sont qu’en petite partie les décideurs des dépenses de santé. L’automédication ne représente que 6% des achats en pharmacie. Et les "prescriptions de ville", celles des médecins consultés en cabinet, sont principalement décidées par… les médecins.

L’enquête de l’UFC-Que choisir porte sur un septième de l’ensemble des prescriptions : les antiulcéreux, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, et deux types de médicaments contre l’hypertension artérielle.

La conclusion : des médicaments plus coûteux que d’autres, sans être plus utiles, sont massivement prescrits. "C’est au bas mot un surcoût de 650 millions d’euros qu’a supporté la collectivité entre 2002 et 2006 du fait d’une politique du médicament incohérente. Faut-il s’étonner que les prescriptions de nouveaux produits, toujours plus chers sans être forcément plus efficaces, explosent, dès lors que la formation des médecins est assurée à 90 % par l’industrie pharmaceutique ?"

L’UFC rappelle les conclusions de la Cour des comptes : les médecins français "prescrivent davantage de médicaments trop peu efficaces pour être remboursés que leurs confrères européens ... 90 % des consultations des généralistes se soldent, en France, par une prescription, contre 72 % en Allemagne et 43 % aux Pays-Bas." Les effets négatifs de la trop forte consommation de médicaments entraînent, selon la Cour, quelque "130 000 hospitalisations" par an, "dont au moins 40% seraient évitables".

Est-ce la pression du patient qui pousse le médecin à prescrire ? La Cour cite une étude Ipsos : "58% des médecins français déclarent ressentir une attente de prescription pour des rhumes par exemple, alors que seuls 24% des patients disent l’estimer nécessaire". Et évoque des études ponctuelles, sur certains types de médicaments : la majorité des prescriptions s’avère non conforme aux recommandations scientifiques. Selon la Cour, "cette situation pourrait représenter entre 15% et 20% du total des prescriptions" - ce qui ferait, en euros, environ 4 milliards par an.

Cinq fois ce que les "franchises" feront payer aux patients à la place de la Sécu.


Sur le site de l’association : le détail de l’analyse, et les informations de référence.

Sur le site de Libération, les interviews audio de Julien Dourgnon, directeur des études de l’association, et Christophe Le Guehennec, économiste.

Sur le site de la Cour des Comptes, son rapport 2007 sur la Sécurité sociale, dont la partie consacrée aux dépenses de médicament (PDF).

Noté 4.7/5 (03 votants)

La réponse de Christophe LACOMBA

Posté le 6 juin 2008, à 08h 34mn 23s
Dépenses de santé : "responsabiliser" plutôt les décideurs

Cet article n’a pas eu le succès qu’il mérite Il ne serait pas très populaire chez les médecins. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur ce sujet, et j’essaierai de le faire à l’avenir.

Je connais bien ce système des soins de l’intérieur (ayant été médecin libéral pendant 10 ans), et m’en suis un peu éloigné (puisque je suis maintenant salarié et non prescripteur de soins). Ce type de messages les médecins ne veulent pas l’entendre. Ils ont voté à 75 % pour Sarkozy et ont été bien récompensés puisque les franchises médicales si impopulaires dans la population est une mesure qui les épargne, pour la première fois. Ce qui ne les empêche pas de "grogner" par la voix de leurs syndicats et de réclamer sans cesse (en l’obtenant souvent, et plus souvent que par le passé) des revalorisations d’honoraires. Mais quand on connaît le problème de l’intérieur (semaines de 60 heures, stress, pression des patients, solitude du médecin...) on sait très bien que le problème n’est pas une question d’argent. Mais comme les médecins sont des professions libérales (c’est à dire censés organiser eux-même leur profession) ils ne peuvent rien attendre des pouvoirs publics que des sous ! Sous qu’on leur accorde en général avec des contreparties (ou en tout cas des engagements), contreparties qui en général entraînent encore plus de contraintes et restreignent encore plus leur liberté d’action, le caractère soi-disant libéral de leur métier.

Toujours est-il qu’alors que les syndicats médicaux s’entretuent, font de la surenchère, voire du chantage envers les pouvoirs publics, l’organisation de la formation continue est en stand by depuis 10 ans, et les médecins préfèrent toujours prendre des sponsors pharmaceutiques (qui prennent en charge la quasi-totalité des congrès, des séminaires...), et minimisent l’importance de leur perte d’indépendance de pensée et de leur honnêteté intellectuelle.

Je reviendrai plus tard sur l’impact que tout ça peut avoir en terme d’augmentation des dépenses de santé, qui va bien plus loin encore que la dépense de médicaments.

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